L'album du mois : Hollis Parker - The Last Raw Era

Album: 
The Last Raw Era

Loin des yeux, près du coeur. Exilé depuis plusieurs années à Londres, mais originaire du Queens à New York, Hollis Parker vient pourtant d’écrire une belle déclaration d’amour à sa ville natale. Le producteur l’avoue d’ailleurs volontiers : pour lui ce disque n’aurait jamais pu voir le jour s’il était resté à NY. Porté par ce sentiment mélancolique qui n’appartient au final qu’à la house, The Last Raw Era réussit le tour de force de marcher sur les traces des glorieux anciens Blaze, Masters At Work ou Dennis Ferrer, sans pour autant tomber dans le pastiche. Le secret de fabrication est à dénicher dans les racines musicales de ce trentenaire. C’est en produisant et mixant du hip-hop que Parker fit ses premiers pas, en vouant un culte à De La Soul, The Pharcyde, ou Gang Starr et en vénérant le chef-d’oeuvre de DJ Shadow Endtroducing, dont on retrouve ici la même science pour les samples affûtés et malins. Dans une récente interview à un confrère britannique, Parker expliquait avoir démarré ce premier album en se posant une simple question : "Comment aurait sonné A Tribe Called Quest si le trio avait fait de la house plutôt que du hip-hop ?" Il n’aurait pas pu mieux y répondre qu’en nous offrant ce touchant et somptueux The Last Raw Era. Des bruits de klaxons au loin, quelques notes de piano, la plainte furtive d’un sax, et une voix rocailleuse qui nous prend à partie : "In fact I really don’t know if I’m awake or I’m dreamin." "Coney Island Winters", la courte introduction qui lance le disque, crée instantanément l’atmosphère dans laquelle on va être plongée pendant quarante-deux minutes. Soit une house incroyablement habitée, truffée de samples de jazz et de soul ("What You’ve Done", "Things I Should Have Say", "Roosevelt Island"), et ponctuée par des dialogues que l’on suppose cinématographiques. Un disque d’une maturité incroyable pour un producteur auteur jusqu’alors de seulement deux EPs (The Tunnel et Looking Back) sortis également sur le jeune label anglais SoSure Music. En complément d’information, on conseillera de se précipiter sur son dernier podcast lâché il y a quelques semaines sur SoundCloud, où Parker jongle littéralement entre house, jazz et hip-hop avec un juste équilibre. A star is born.

The Last Raw Era est uniquement sorti en vinyle (achat sous ce lien). Un single ainsi que le podcast cité plus haut ont néanmoins été dévoilés sur SoundCloud :