| Podcast 53 : Net28 |
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| 30-04-2009 | ||||||||||||||
![]() On entend rarement parler de la scène électronique espagnole, mais Net28, structure madrilène réunissant pas moins de 6 sous-labels, donne envie de s'y pencher. Certains se souviennent peut-être des derniers albums de Damian Schwartz ou Tadeo publiés sur leur catalogue, ou de "1", compilation pointue et savoureuse sortie l'année dernière. Pour en savoir plus sur Net28, son label-manager nous donne quelques précisions. En bonus, Imek, l'un de ses fondateurs, délivre un mix mêlant entre autres techno dub et acid, à découvrir dans le 53ème podcast du site. ------------------------------ Télécharger le podcast 53 : Net28 sur Rapidshare ou Getdropbox (téléchargement direct) ------------------------------ D'où vient le nom du label ? C'est très simple : "net" parce que nous sommes tout un réseau d'artistes et de labels, et "28" est le début du code postal madrilène. Nous sommes pour la plupart installés à Madrid et cette ville y est clairement pour quelque chose dans la singularité de notre son. Quand et par qui le label a-t-il été lancé ? Net28 a commencé en 2003 lorsque Tadeo, Damian Schwartz, Imek, Jose Luis Villalobos et Alex Under (qui dirigeait déjà CMYKmusik) ont décidé qu'il était temps de faire quelque chose de plus important, dans un pays où la musique électronique était comme une oasis dans le désert. À l'époque, Alex Under tenait aussi un magasin de disque dans lequel nous avons passé des heures et des heures à faire n'importe quoi et à préparer notre avenir au milieu des cafards. ![]() Pourquoi s'être lancé dans cette aventure ? Nous voulions réunir plusieurs labels existants en une seule structure et faire les choses le plus professionnellement possible afin de gagner de la notoriété. Nous étions alors dévoués corps et âme à la musique depuis toujours et avoir notre propre label était vital pour nous. C'était le seul moyen de sortir toute cette excellente musique qui était en notre possession. Le label a-t-il des sous-divisions ? Net28 est la structure de base, étant la réunion d'Apnea, CMYKmusik, Cyclical Tracks et Mupa. Chaque sous-label a son propre son. Comment décrirais-tu le style ou le son de ton label ? Quelles en sont ses limites musicales ? Notre musique et notre passion sont la techno, bien qu'il y ait quand même la place pour la house ou d'autres genres sur notre label. Il n'y a pas de limites pour nos artistes, bien que nos influences viennent surtout de Detroit, Berlin et Cologne. CMYKmusik est centré sur l'hystérie du dancefloor, Cyclical Tracks sur la répétitivité, Apnea est plus deep, et enfin Mupa représente notre côté le plus house et dansant. ![]() Possèdes-tu une boutique ou un webshop ? Nous travaillons sur un nouveau site web qui sera lancé en mai 2009 (www.net28.net) dont la partie centrale sera le webshop. Un autre site web sera lancé en juillet (www.lamaquinadebolas.com) sur lequel Alex Under distribuera gratuitement son premier album. Dans quel pays distribues-tu tes disques ? Qui est ton distributeur ? Nous devons beaucoup à Michael Mayer et à la famille Kompakt : ils sont nos distributeurs et nous ont soutenu depuis le premier jour, étant à la fois une inspiration et un modèle pour leur passion, leur intégrité et leur professionnalisme. Grâce à eux notre musique est partout. Comment rencontrez-vous de nouveaux artistes ? Rarement par démos pour être honnête. Nous avons souvent collaboré avec des artistes qui nous ont eux-mêmes inspiré, comme Thomas Brinkmann, Tim Hecker, Paul St. Hilaire ou Brendon Moeller. Dans d'autres cas, comme Jonas Kopp ou Kasper, nous les avons rencontrés par des amis. D'après vous, mieux vaut avoir un nombre limité d'artistes sur son label, ou tout un grand panel pour attirer l'attention ? Je pense qu'il vaut mieux en avoir un nombre réduit. Le noyau de notre famille a toujours été Alex Under, Tadeo et Damian Schwartz. Grâce à leur talent, nous avons toujours réussi à renouveler l'intérêt pour notre label. Qui écoute les démos et décide d'embarquer des artistes avec vous ? Nous nous partageons les démos et nous mettons de côté celles qui nous intéressent. Après on fait des choix… Combien de disques sortez-vous par an ? Environ une vingtaine, parfois plus. Mais, en conséquence de la crise actuelle, nous allons probablement en sortir moins et être plus strict sur le contrôle qualité ! Sortir un maxi nous prend environ 5 mois, de façon à ce qu'on puisse tout faire proprement (l'artwork, le mastering, la promo, etc…). La connexion entre le label et la ville dans laquelle il est né est-elle importante ? Absolument. D'abord, Madrid a toujours été très isolée, donc nos artistes sont souvent influencés par cet état de fait, il en découle un esprit très DIY. On n'est pas à Berlin, où de nombreux artistes sont installés et peuvent échanger entre eux. Beaucoup de grands musiciens n'ont jamais joué ici, et je ne parle pas que de techno, mais de musique en général. Il y a désormais une scène clubbing et il est devenu normal de voir des djs ou artistes reconnus jouer ici, ce qui n'était pas le cas 5 ans auparavant. Ce n'est pas ici que tu vas trouver des musiciens très pointus, ce que nous essayons de changer en organisant des évènements comme La Casa Encendida dans le cadre duquel nous avons invité des artistes comme Matmos, SND, Arve Henriksen, Dopplereffekt, Machinefabriek, NSI., Thomas Fehlmann ou Kalabrese. Madrid est provincial et fermé d'esprit, et nous nous battons contre ça. ![]() Quel est le plus gros succès de votre label selon vous ? Alex Under, sans aucun doute. Il a changé la manière de produire et de jouer de la techno de nos jours, notamment à travers ses performance live. Avant lui la techno était assez linéaire, mais il a commencé à produire une techno plein de changements, d'innovations… Mes sorties préférées sont d'Alex Under, Tadeo et Damian Schwartz, ils ont chacun leur son très personnel, parce qu'ils sont très talentueux et exigeants, qu'importe la tendance de l'année. Au bout de combien de temps considère-t-on si un disque est un succès commercial ou non ? Tu peux en avoir le cœur net en 2 mois. Nous avons certains disques qui vendent toujours en permanence ("Multiplicanciones" d'Alex Under, "Cosmo" de Tadeo, "Party Lovers" de Damian Schwartz). Les choses sont-elles plus dures à cause du peer-to-peer ? Évidemment, mais c'est une période intéressante parce que l'industrie de la musique doit emprunter de nouveaux chemins. C'est pourquoi Alex Under a pris la décision de distribuer son prochain album gratuitement. Nous aimons bien que les gens puissent profiter de la musique gratuitement, c'est bon pour tout le monde et surtout ça fait une sorte de sélection naturelle qui écarte les mauvais labels. Il y a trop de musique disponible, et elle vaut rarement la peine de s'y attarder. La complicité entre tous les membres du label est-elle essentielle ? Totalement. Il s'agit de respecter, soutenir et comprendre les besoins de chacun. Nous essayons de travailler avec des artistes qui partagent les mêmes sentiments que nous, ainsi la famille grandit toujours… Même si vous passez votre temps dans le business de la musique, vous arrive-t-il de rentrer dans un magasin de disque et d'y acheter un disque ? Bien sûr. Nous achetons de la musique sans arrêt, dans des magasins à Madrid (même s'ils sont en voie d'extinction) ou via Hardwax, Deck ou Freebase.
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