Tsugi aime les festivals : Les Trans Musicales de Rennes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
26-11-2009
Pour ce nouvel épisode de Tsugi aime les Festivals, on ne s’est pas moqué de vous ! Jean-Louis Brossard, co-fondateur et directeur de la partie artistique de l’évènement, s’est prêté au jeu de l’interview.  On l'a retrouvé dans le sous-sol du Truskel, après qu'il nous ait fièrement présenté ses poulains de l’année.

Le programme de cette année, toujours aussi éclectique et avant-gardiste, nous réserve quelques grosses affiches exclusives. Se bousculeront sur les scènes rennaises notamment Fever Ray, Cass McCombs, Danton Eeprom, Major Lazer, Mr Oizo, Rodriguez, The Very Best, Popof
Retrouvez la bande annonce du festival en fin de post.

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-Présentez-nous votre festival en quelques mots.
Jean-Louis Brossard : Les Trans Musicales sont nées en 1979, d’un désir de jeunes gens de faire découvrir la scène rennaise aux rennais. L’histoire du festival est inscrite dans la ville. C’était libre participation aux frais, les gens donnaient ce qu’ils voulaient donc, on nous avait prêté la sono, on s’occupait de la sécu, de la bouffe de monter et démonter le matériel… Cette année, le groupe Marquis de Sade, présent au festival, a explosé. Les gens se sont rendu compte qu’il se passait quelque chose à Rennes alors qu’à l’époque tout était centralisé sur Paris. On a eu un bel article dans Libération et dans Ouest France, et tout a commencé. La deuxième année, les groupes sont venus de tout l’ouest de la France, les Parisiens ont commencé à affluer pour connaître l’atmosphère particulière, les maisons de disques ont aussi commencé à arriver. Puis les premiers groupes internationaux sont arrivés, avec Opposition, Stephan Eicher ou TC Matic, le groupe d’Arno. On était simplement une association de gens, de « music lovers », certains étaient étudiants ou travaillaient chez un disquaire.

-D'où vient le nom du festival que vous organisez ?
JLB : Le nom vient d’un disque, qui s’appelait Transmusique, un disque plutôt jazz et qui tournait entre nous. Mais le vrai nom du festival c’est Les Rencontres Trans Musicales de Rennes.

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Fever Ray

-Où trouve-t-on la motivation pour organiser un festival ?
JLB : On avait une association qui s’appelait Terrapin, on organisait quelques concerts blues, rock, le concert de Téléphone… Après c’est parti vers la découverte, aller vers des choses que l’on ne connait pas… On avait crée un centre créatif, les journalistes, les gens de labels et d’autres festivals se retrouvaient ici et écoutaient nos découvertes dans cette ambiance particulière.
Maintenant les gens commencent à nous envoyer leur musique, de partout, par internet souvent. Mais c’est toujours une entreprise de passionné, le public a une part très importante dans la construction du festival.
C’est pas comme les autres festivals qui cherchent leurs têtes d’affiches, travaillent entre agents…

-Quelle est la ligne musicale de votre festival ?
JLB : La musique a changé, pas la ligne musicale du festival ! Ce qui m’intéresse c’est toujours de découvrir des nouveaux sons, des nouveaux artistes, des gens hors du commun. Les 21 filles qui rigolent à capella (Gaggle, ndlr), je sais même pas si un jour elles feront un disque, pareil pour The Agitator. J’ai envie d’amener aux gens un truc qui les choque. Je suis pas là du tout pour faire quelque chose de consensuel, j’ai refusé les Strokes et Oasis, parce que ça m’ennuyait et que pour moi ça ne représentait pas grand-chose.
Je vais chercher la musique assez loin, je suis heureux d’avoir des Turques, des Guatémaltèques (Gooseflesh et Meneo), ça me touche. Chacun peut un jour m’amener un nouveau groupe en me faisant écouter quelque chose. Même les artistes, comme Ebony Bones qui m’a parlé de The Carps. Les gens me connaissent et savent que je suis preneur de choses folles.

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Gaggle

-Quelle était votre référence en matière de festival quand vous avez organisé le votre ?
JLB : On a toujours fait quelque chose de différent. Mais j’avais été très marqué par le deuxième festival punk de Mont-de-Marsan en 77 avec The Clash, Police… J’allais toujours à Londres aussi pour m’immerger dans la musique punk en 76, 77 et voir tous les groupes du moment.
Aujourd’hui, je vais dans d’autres festivals pour découvrir des groupes, mais plus des festivals de showcases, l’Eurosonic à Groningen ou Spot au Danemark.

-Quel était l'exemple à ne pas suivre ?
JLB : C’est une question vache ! Ce qui me déplait c’est le manque d’attention au public, on travaille beaucoup ça nous, la nourriture, la décoration… Un vrai lieu d’accueil où les gens se sentent bien. Et se renouveler aussi, changer de déco…

-La pire soirée que vous ayez organisée ?
JLB : Mon pire concert c’était Bootsy Collins. Il a été infect, comme son manager et le concert était mauvais. Dans le groupe il y avait Pee Wee Ellis, Maceo Parker et Fred Wesley, que des bombes atomiques et le concert a été gâché par le système de son imposé par Bootsy Collins pour sa basse, qui pénalisait les autres musiciens...

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The Politics

-La meilleure ?
JLB : Impossible à dire ! La magie c’est Anna Palm toute seule avec un violon sur scène à 3h du mat’ et tu pleures, ou Nirvana, dont le concert était éblouissant. La voix, le son de guitare… Inoubliable.

-Comment avez-vous imposé le concept de votre festival aux politiques de votre ville ? Était-ce difficile ?
JLB : La ville a mis du temps à mettre de l’argent sur le festival, tu ne peux pas mettre de l’argent sur quelque chose qui n’a pas montré qu’il était pérenne et viable. Aujourd’hui c’est devenu l’image de la ville de Rennes, contrairement à Marseille où c’est l’OM. Peut-être que la ville aurait préféré que ce soit le club de foot. Le rock a toujours un côté vénéneux et diabolique, c’est aussi ce que j’aime dans le rock.
Mais la ville puis l’Etat et la région nous ont bien aidé par la suite, le festival est relativement bien subventionné !

-Combien de visiteurs a comptabilisé la dernière édition de votre festival ?
JLB : 40.000, en englobant la tournée des Trans Musicales, je crois.

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Mr Oizo

-De quel artiste êtes-vous le plus fier dans la programmation de cette année ?
JLB : Oh my god ! Je ne sais pas si je peux être fier, mais y a des choses auxquelles je crois, que j’ai envie de partager avec les autres. The Politics, un groupe danois que j’ai vu au Spot Festival, ça m’a beaucoup touché. Ils vont faire un énorme carton. C’est un trio voix / batterie / guitare avec des samples et des loops en plus. Ils ont un côté Beastie Boys, mais en plus mélodique et ils écrivent en plus de grandes chansons. Ils ont tout pour être le groupe de demain et ils ont signé chez Atlantic Records. Après, je travaille au feeling, je défends toute ma programmation parce que je les aime, y compris ceux qui ont peu de chance de marcher commercialement parlant. Del Cielo, Rodriguez ou les Gaggle, c’est un autre univers. Je suis un très grand fan de GaBlé, des caennais qui mettent une claque énorme !

-Le ou les artistes que vous voudriez voir à la prochaine édition de votre festival ?
JLB : Un groupe de Rennes que j’ai découvert un peu tard pour cette année, La Corda. C’est un trio guitare / batterie / harmonium, sombre et doux à la fois. Ils jouent aussi avec des verres à moitié remplis pour créer des sons… Pnau aussi, que j’aurais du avoir.

-Votre coup de cœur musical du moment ?
JLB : J’écoute beaucoup The XX, qu’on m’avait confirmés pour les Trans, puis annulés parce qu’ils partent finalement en tournée américaine avec les Friendly Fires.



Retrouvez ici toutes les informations sur les Trans Musicales.

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Dernière mise à jour : ( 26-11-2009 )
 
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