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| 03-07-2012 | |||||||||||||||||||||
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Jamais on n'avait vu de festival parisien aussi ambitieux dans l'univers des musiques électroniques. Il fallait bien qu'on vous raconte.
Après une mini édition en 2011, l'équipe de Mercredi Production remet le couvert sur plusieurs lieux de la capitale en invitant la crème des producteurs actuels sur un festival de cinq nuits, clôturé cette année par le rendez-vous Pitch Your Sunday au Point Ephémère et un dimanche festif placé sous le signe de la grosse pomme, pour finir sur le trio de Body and Soul le dimanche soir au Rex Club.
Essentiellement regroupées au Cabaret Sauvage, les hostilités démarrent le mercredi soir sous des auspices plutôt house (couleur prédominante de la programmation), au départ dans une ambiance soulful notamment avec Aquarius Heaven et les Pillowtalk pour finir avec les Fils du Calvaire, le nouveau projet de dOP, chaud comme un pancake qui sort du four d'Aunt Jemima, bonne mise en bouche sexy et déviante à l'image du label Circus Company.
Kate Wax
Le jeudi, changement de vibration plus aérienne, via les artistes de Border Community réunis au grand complet sous les voûtes du Cabaret Sauvage, lieu de clubbing insolite et à taille humaine dont on regrette seulement l'absence d'infra-basses plus puissantes propres à mettre en valeur les artistes programmés. Quoiqu'il en soit, on démarre avec Kate Wax, artiste inclassable d'origine suisso-tibétaine, accompagné du bassiste/musicien Niels Wehrspann. Le show reste assez envoûtant en dépit de trop de longueurs (trop de morceaux lents qui se suivent), la performance n'en demeure pas moins saisissante avec un beau light-design et surtout moins tape-dur que le set de Wesley Matsell qui lui fait suite. Fairmont enchaîne avec un second live enlevé sur fond de lasers verts, la foule d'abord éparse se regroupe autour de la scène. L'ambiance monte clairement d'un cran quand attaque Nathan Fake, porté par un live ascensionnel et convaincant, il a gagné en maitrise depuis Drowning An a Sea of Love. Le moment clef de la soirée reste néanmoins le set trippy de James Holden, dont on aimerait toujours connaître la playlist. En attendant, l'anglais met tout le monde d'accord et c'est un dancefloor effervescent qui saute encore à 5h du matin.
Point de Trianon pour la release party des Modeslektor, qui envoient comme à l'accoutumé, du poids-lourd en compagnie de guests featurant sur leur dernier projet, idem pour Laurent Garnier et son projet LBS que nous n'avons pas pu écouter. Retour au Cabaret Sauvage qui revêt ses atours "minimaux" pour une soirée consacré à Item & Things, le label fondé par Marc Houle, Magda et Troy Pierce. Une soirée qui décolle grâce à la qualité des sets proposés, avec mention spéciale pour Undercover, l'excellent dernier album de Marc Houle. Saturday night fever on the decks…
John Talabot
La fête continue le samedi soir, si on raté les master class Ableton ou le showcase Karat l'après-midi au Point Ephémère, on peut toujours se rattraper avec les sélections de Mlle Caro ou le duo Chloé / Superpitcher qui "ambiance" le début de soirée. Néanmoins, ce sont John Talabot et Rone qui créeront la surprise ce samedi soir, le live solaire du Barcelonnais réveille les esprits. À noter que l'ambiance est des plus détendues pour une soirée parisienne, ce qui change des lieux où les gens sont venus se montrer sans écouter quoi que ce soit. Beaucoup de monde sur la terrasse (il fait chaud et c'est tant mieux), et quelques degrés de plus sur le dancefloor quand le français Rone reprend les commandes. il nous régale durant 1h30 d'une véritable odyssée électronique, dotée d'un groove sensitif à suivre de près. L'égérie bimbo-house Nina Kraviz reprend ensuite les platines, dans une veine efficace qui lui est coutumière. On rate la prestation du Boss de Crosstown Rebels, Damian Lazarus, mais il faut encore tenir jusqu'au lendemain, pas l'habitude de tels marathons à Paris, plus fréquents du côté du Sonar ou des Nuits Sonores…
Soul Clap
Last but not least, le dimanche, jour du Seigneur réservé au gospel de la house avec la jeune garde new-yorkaise pour un My day in Brooklyn dans le jardin du Cabaret Sauvage. L'ambiance est bon enfant, le duo Soulclap joue aussi bien Precious Little diamonds qu'un vieux Metro Area sous le soleil dominical, certains clubbers longue-durée se cachant derrière d'exotiques lunettes de soleil. Ces derniers sont à l'image, endurante, de ceux qui se sont rendu courageusement au Rex en cette fin de festival afin d'écouter le team de Body and Soul. Le set du trio reste un peu moins magique qu'il y a deux ans aux Nuits Sonores. Danny Krivit en tant que spécialiste de vieux morceaux disco a du mal à enchaîner derrière la techno mouvante de François K et la folie coutumière de Joe Claussell. Un set avec un son plus dur qu'à l'accoutumé sans trop de tubes, ce qui est toujours agréable. Quoiqu'on en dise, l'expérience Body and Soul reste toujours à la limite de l'envoûtement couplé à une sorte d'encyclopédie de la musique de danse du XXème siècle. À noter dans l'assistance,la présence de Laurent Garnier venu saluer ses pairs, bref, ce sont les jambes coupées mais avec le l'esprit rasséréné par ces grand moments de partage musicaux qu'on rentre à la maison par une nuit chaude. La météo et le public étaient au rendez-vous, un bon coup d'envoi pour la scène électronique que cette édition estivale de ME.006.
Meilleur moment: A égalité, le set de James Holden et le Live de Rone prêts à faire décoller n'importe quel danseur de son siège.
Pire moment: Se faire prendre la tête par des racailles en allant au Cabaret Sauvage, vous ne pourriez pas nous lâcher les baskets cinq minutes quand on veut juste aller danser de l'autre côté d'un pont ?
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