| Homeboy Sandman, Coast 2 Coast |
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| 06-07-2012 | |||||||
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Depuis qu’il a signé chez les Californiens de Stones Throw, ce MC new-yorkais tient le monde du hip-hop indé dans ses mains. Son secret : du rap old-school avec de vraies histoires dedans.
Homeboy Sandman est un bavard. Son premier maxi chez Stones Throw, le splendide Subject : Matter, était d’ailleurs engoncé dans une pochette couverte de mots. Les siens, censés le présenter au monde du mieux possible. De quoi camper un personnage… Angel Del Villar, ex-jeune “wannabe” d’Elmhurst, imposant quartier-dortoir à dominante hispano-asiatique du Queens, a déjà quatre ans de carrière et deux albums derrière lui, mais c’est grâce à sa signature sur le label de Los Angeles qu’il a pris l’épaisseur qu’il cherchait depuis le début. Sur Chimera EP, nouveau maxi pétrifiant d’honnêteté (et à la pochette toute aussi verbale que son prédécesseur), il continue de creuser son sillon.
Un New-Yorkais sur un label californien. Transgression du principe clanique mettant dos à dos les deux côtes “classiques” du hip-hop, avons-nous d’abord pensé. “J’ai grandi avec The Sugarhill Gang, Grandmaster Flash, Big Daddy Kane… surtout des New-Yorkais, mais il n’y a pas qu’un seul type de son dans cette ville, loin de là.” Homeboy Sandman devrait donc sonner comme un type de Big Apple… “On peut retrouver un paquet de manifestations sonores de l’esprit de New York dans ce que je fais. Mais je parle avant tout de ma vie et de mes expériences qui m’ont amené à écrire à Los Angeles et San Diego.” Si l’on tente de l’affubler d’une casquette de passeur entre des mondes séparés, sa réponse est aussi fournie que catégorique : “Les médias ont toujours voulu opposer les sons des deux côtes, après ils se sont focalisés sur celui du Dirty South, mais c’est un non-sens. Personne ne devrait calculer les choses comme cela, c’est la créativité qui en pâtit. J’ai déjà dû me dire qu’à l’ouest, ils utilisaient davantage de synthés que par chez nous, mais cette opposition à tout prix ne m’a jamais parlé.”
Plutôt que des querelles de côtes, Homeboy rappe son quotidien, la religion, la brutalité policière, la politique sociale. Le genre de type apaisé avec la vie mais qui parle de problèmes réels avec des mots sérieux et l’art de raconter des histoires comme peu savent encore le faire dans le rap américain. Côté musique, Chimera EP est gourmand en productions malignes, mélodiques et parfois un brin nostalgiques. Dévots d’Odd Future, passez votre chemin, les spectres (pourtant radicalement différents) de A Tribe Called Quest, Outkast et MF Doom planent sur “I Do Whatever I Want” ou le très Stones Throw “Cops Get Scared Of Me”. Pressée seulement lorsqu’il le faut (notamment sur un passage épique du single “Hold Your Head”), la scansion du MC semble s’amuser avec son environnement, de manière réconfortante. Rien d’étonnant à l’entendre clore l’entretien par un “peace and love” qui ne sonne même pas ringard. Peu importe vers quelle côte elle mène, la route de Homeboy Sandman semble toute tracée.
Par Mathias Riquier
Chimera EP (Stones Throw/Discograph)
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