| La Suède, l'autre vision de la musique (partie 1/2) |
| 26-04-2012 | |||||||
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Tsugi a eu la chance d'aller prendre la température de la scène suédoise, en amont du festival ÅÄÖ!.
Malmö, Jeudi 29 mars, 16h
Le détroit de l'Öresund, certes moins imposant que le "channel" qui nous sépare de nos voisins anglais, reste tout aussi facile à traverser. Sur le pont qui relie Copenhague à Malmö, tout peut être distingué : les champs d'éoliennes offshore, les usines de la capitale danoise qui se mêlent aux clochers du centre-ville, et la Suède, qui nous tend les bras. Dur de savoir pourquoi la Scandinavie fascine autant les latins que nous sommes. Une différence géographique, le bras de continent de la péninsule nordique séparant de fait ces pays de blondeur et de froid de la vulgarité tempérée de l'Europe de l'Ouest ? La langue, le design, la culture, Ikea, le flegme de la population ? Tout ça en même temps, forcément, mais ce n'est pas ce qui nous a fait prendre un avion pour arpenter les rues de deux villes suédoises en ce week-end de fin mars.
Inutile de faire la leçon à qui que ce soit : tout le monde sait qu'Abba vient de Suède. Exemple catastrophique, soit dit en passant. Si le groupe de pop a fait rayonner le bleu et le jaune du pays des trois couronnes, c'est avant tout par un sens inné de la pop, mais l'arbre, aussi imposant soit-il, ne reste qu'un vulgaire pinède qui tente de cacher une forêt qui a tendance à prendre une palette de couleurs aussi diverses que chatoyantes avec le temps. Deuxième cliché : la Suède, pays des musiques extrêmes. Les statistiques parlent, ce pays est le deuxième fournisseur de gros son après sa voisine directe, la Finlande. Tenter d'attaquer de cette façon le cas suédois sous l'angle musical est une fausse bonne idée, ceci dit. Il existe simplement plus de groupes de musique indépendante en Suède que nulle par ailleurs dans le monde. Les vraies questions à se poser, cependant, sont les suivantes : quid de l'indéniable qualité des albums produits par les entités musicales issues de ce pays ? Y a-t-il un "ingrédient suédois" ? Bref, comment expliquer l'incroyable santé de ce pays sur le plan des musiques actuelles, qui dure depuis des lustres, et qui a même tendance à prendre de l'ampleur ces derniers temps ? Le train, qui nous annonce l'arrivée en gare de Malmö Centralstation, nous ouvre la porte sur un tas de questions auxquelles nous avons l'intention de répondre.
20h30
Après un passage à l'hôtel et une bouffe sur le pouce, on tente d'appréhender les distances. La calme Malmö étant à l'origine un port imposant, une partie de ce dernier a été réhabilité en quartier de résidences et de bureaux. Entre deux eaux, on tombe sur STPLN, intriguant lieu de culture aux airs de "toujours en construction". Avec pour objectif de rencontrer Agent Side Grinder, premier des trois groupes dont nous allons croiser la route, ces trois formations s'apprêtant à jouer sur nos terres dans le cadre du festival ÅÄÖ!, qui se donne pour mission de faire rayonner les musiques actuelles suédoises par chez nous, du 11 au 16 mai à Paris.
Premier constat : la singularité de l'endroit, à l'esthétique minimale et à l'esprit archi-DIY. Vous voulez des bières ? Amenez les vôtres et faites-les tourner ! Cette ancienne fabrique de bateaux, reconvertie en salle de concert (mais pas que) acueille une soirée post-punk / batcave / EBM, dans laquelle se greffe "ASG", comme on semble les appeler ici. Pas spécialement le genre de nos contrées, ce genre de soirées... "C'est curieux que tu dises ça, s'étonne Peter, qui s'occupe des rythmiques du groupe, nous avons toujours eu un écho plus fort en dehors de chez nous. Notamment en France, nos concerts à Paris ou à Caen nous ont laissé d'excellents souvenirs". Pas de Suède à proprement parler dans leurs influences, qui tapent dans le punk industriel, la cold wave, Einstürzende Neubauten et on en passe. "Nous avons tous eu une éducation naturellement musicale, comme beaucoup de gosses de ce pays, ça nous semble naturel pour nous. Après, il nous semble un peu compliqué de penser à une vraie spécificité suédoise en termes de son... Tu vas voir This Is Head demain, c'est ça ? Nous jouons avec eux en France pour ce fameux festival, et pourtant, nos univers sont plutôt différents". La prise de parole du claviériste du groupe trahit cependant une complicité avec le groupe cité, qui nous laisse penser qu'en Suède, la concurrence est un concept dépassé. "En effet, la population suédoise qui s'intéresse de près à la musique indé en général n'est pas énorme, et nous devons nous serrer les coudes quoi qu'il en soit. Personne ne pense faire une carrière de musicien en Suède, l'étranger est naturellement une porte à prendre pour nous, notre pratique de l'Anglais nous sauve là dessus". Pas d'abus de courtoisie, le groupe doit monter sur scène, le set du duo Lust For Youth, noisy, glacial et jusqu'au-boutiste se termine. Leur set n'offrira pas beaucoup plus d'aspérités, mais sera habité, romantique et puissant, comme il est rarement possible d'en voir par chez nous. Premier soir, première claque : nous n'en attendions pas moins.
FESTIVAL ÅÄÖ!, MUSIQUES ACTUELLES SUÉDOISES
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| Dernière mise à jour : ( 02-05-2012 ) | |||||||