Patrick Watson, la planète des sages
04-05-2012
Compositeur méticuleux, narrateur romantique, chanteur délicat et gendre idéal, le Montréalais Patrick Watson revient bercer le monde de sa pop de chambre rêveuse.

 

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En cinq ans, Patrick Watson, à la tête du groupe du même nom, a acquis le statut de songwriter incontournable, aux côtés d’Andrew Bird (le savant) ou Rufus Wainwright (le précieux). Une place sur le podium obtenue grâce au prix Polaris (récompense indé prestigieuse au Canada) remporté en 2006 pour Close To Paradise et une mise en lumière supplémentaire générée par sa participation en 2007 au Ma Fleur de The Cinematic Orchestra, auquel il a notamment offert l’inoubliable “To Build A Home”. Une période complétée par la sortie de son troisième album Wooden Arms en 2009 et décrite comme “épuisante, qui m’a appris mes limites. J’ai mis trois ou quatre mois à me régénérer chez moi”. De longs mois aussi employés par le jeune père à établir un nouveau rythme de vie : “amener le gamin à la crèche à 9 h, travailler jusqu’à son retour, le coucher à 21 h et reprendre le boulot” dans son loft/studio attenant à son lieu de vie. Un destin de papa modèle qui colle bien au personnage quelque peu propret de Patoche. Mais attention à ne pas froisser le bonhomme en lui mentionnant cette image, qu’il corrobore pourtant avec de jolies phrases en anglo-québécois du genre “ton groupe doit devenir comme une famille”, “la scène montréalaise est amicale et bienveillante, la concurrence n’existe pas” ou “être papa, c’est formidable”.

 

 

Mais quand on lui parle de l’ambiance de contes de fées que revêt souvent sa musique, et même s’il avait écrit un morceau en espérant (en vain) le voir finir sur la bande originale de l’adaptation de Max et les maximonstres par Spike Jonze, il tique. “Je ne suis pas inspiré par les contes pour enfants, plutôt par des contes modernes ou relevant de la science-fiction et de la fantasy, comme Donnie Darko ou Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. Les adultes font référence à l’imagination comme un attribut de l’enfance, pour moi ils ont juste eu tort de l’avoir un jour mise de côté.” Ainsi, son nouvel album Adventures In Your Own Backyard doit pousser les gens à “rêver éveillé à l’endroit où ils vivent, injectant une dose de grandiose et de magie surréaliste dans le quotidien”. C’est l’effet que procurent notamment les brillants et hispanisants “Noisy Sunday” et “Swimming Pools”, qui rappellent la période fanfare latino de Beirut. Rien de bien nouveau sous le soleil rose bonbon de Patrick, les compositions au piano sont délicates, richement arrangées et s’envolent quand il faut. Ailleurs, bercé par la voix sucrée du barbu canadien et par son album le plus sage (c’est dire), on se surprend parfois à fermer un œil ou à laisser s’échapper nos pensées loin de la musique elle-même. C’était un peu l’objectif affiché.

 

Par François Blanc

 

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ADVENTURES IN YOUR OWN BACKYARD (DOMINO/PIAS)
WWW.PATRICKWATSON.NET

 

 

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Dernière mise à jour : ( 04-05-2012 )