10 titres de l’underground des années 80 qui pourraient être des tubes électro d’aujourd’hui.

CRASH COURSE IN SCIENCE -“It Cost’s To Be Aus­tere” (Vinyl-on-DemanD, 2009)

Conçu en 1981, mais dévoilé il y a seule­ment sept ans, ce petit bolide d’électro-punk bouil­lant force la main de n’importe quel dance oor. Trois notes de clavier, un beat et des bass­es à pleins tuyaux, de la bonne min­i­mal wave qui tache, signée par un trio de Philadel­phie redé­cou­vert par la scène élec­tro d’aujourd’hui.

MONOPOL — “Anar­chie” (Welt-RekoRD, 1982)

Côté pop syn­thé­tique régres­sive et vocaux loufo­ques, l’Allemagne non plus n’est pas en reste, comme en témoigne ce trio paumé issu de la Neue Deutsche Welle. à mi-chemin entre le can­u­lar car­toonesque et le coup d’éclat absolu, exé­cuté avec une pro­duc­tion pêchue et un sar­casme jubi­la­toire. For­mé autour d’une blague vaseuse d’espionnage est-allemand et porté par une top mod­el de sec­onde zone, le groupe dis­paraî­tra, après un album.

INTENSE MOLECULAR ACTIVITY — “Blurb” (Flexi, 1980)

Dia­bolique course- pour­suite qui emballe psy­chédélisme, synth-pop et rock prog à tiroir, “Blurb” a été plié à l’arrache par un ingé-son et un bat­teur entre deux ses­sions d’enregistrement de groupes de no wave new-yorkaise. Passé inaperçu à l’époque, il a con­nu la gloire sous un autre nom, 30 ans après, quand DJ Hell l’a inté­grale­ment recy­clé pour son tube “Keep On Wait­ing” avec Erlend Øye.

DAS KABINETTE — “The Cab­i­net” (klos­ette, 1983)

Pro­jet ama­teur d’étudiants en art à Black­pool, Das Kabi­nette n’a pour ain­si dire existé que pour con­cevoir ce titre du même nom, inspiré par Fritz Lang. Rudi­men­taire et pétaradant, c’est un objet d’électro-pop préhis­torique, dont les claviers fondent comme du chocolat.

THE GADGETS — “We Had No Way Of Know­ing” (Glass, 1983)

Groupe de jeunesse de Matt John­son avant que The The ne décolle, The Gad­gets a lais­sé quelques albums de synth-pop arty et ambitieuse, entre Wire et The Pas­sage. Aus­si fort que du XTC qui aurait viré élec­tro, “We Had No Way Of Know­ing” est le tube de leur album le plus rôdé, Blue Album, et sonne comme de nom­breux groupes d’électro-pop actuels rêveraient de sonner.

COMIX — “Touche pas mon sexe” (ViR­Gin, 1981)

Duo français que Vir­gin signa en vain dans l’espoir de surfer sur la new wave, Comix a signé un album de bub­blegum syn­thé­tique qua­si impar­donnable. On y trou­ve néan­moins ce beau numéro de comédie pop, que bien des lol­bands à la Salut C’est Cool auraient aimé pon­dre. Propul­sé par un texte déli­rant et des claviers de dessins ani­més, c’est une bombe improb­a­ble, dont Busy P sam­plera l’intro pour son “Rain­bow Man” de 2007.

CERAMIC HELLO — “Sam­pling The Blast Fur­nace” (man­nequin, 1981/1984)

Déca­dent comme un péplum, robo­t­ique à s’en cass­er les os et gran­uleux comme on aime, “Sam­pling The Blast Fur­nace” est le lost clas­sic ultime qui met à l’amende n’importe quel nou­veau groupe de disco-chic ou d’électroclash. C’est la démo d’un pro­jet avorté qui réu­nis­sait un mem­bre d’OMD, le pro­duc­teur William Orbit et deux col­lab­o­ra­teurs du célèbre graphiste Peter Saville.

IM NAMEN DES VOLKES — “Wellen­gener­a­tor” (kon­nekschen, 1980)

Com­ment ne pas enten­dre une pré­fig­u­ra­tion du gab­ber dans ce track bête, méchant et mono­phonique ? C’est le pro­jet de Matthias Schus­ter, un autre dégénéré de la scène proto-électro alle­mande qui se serait bien enten­du avec ceux de la scène actuelle qui réha­bili­tent les BPM sous haute pression.

NEON– “Lobot­o­my” (ital­ian, 1981)

La min­i­mal wave ital­i­enne ne se trompe jamais, et les Flo­rentins de Neon en sont un bon exem­ple. “Lobot­o­my” est l’une de leurs pre­mières ten­ta­tives, du dis­co goth­ique mal­sain, drôle et métallique, avec une ligne de basse à faire louch­er et des claviers sor­dides. Autrement plus exci­tant que n’importe quel nerd qui tente de refaire du John Car­pen­ter en 2016.

PATRONEN — “Wein­berg nach Würzburg” (Fun­Da­men­tal, 1990/1995)

Certes enreg­istré après les 80’s, Patro­nen pos­sède une force et un pou­voir d’éloquence qui en font une réponse farouche à tant d’électro con­tem­po­raine. On ne sait trop d’où nous vien­nent ces morceaux, puisqu’il s’agit d’un pro­jet anonyme recueil­li par un label espag­nol qui n’en sait pas plus, mais les faits sont là.

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