2017 : nos quinze albums préférés

C’est la sai­son : voilà notre top album de l’année ! Des imman­quables, des décou­vertes, de la chan­son française, de la tech­no, de la pop ou de la house… Voilà nos quinze coups de cœur de cette belle année 2017, une sélec­tion démoc­ra­tique (ou pas), sans mau­vaise foi (ou pas), extraite de notre hors-série d’hiver atten­du pour le 29 décem­bre — promis, on vous en dit plus bien­tôt sur ce beau morceau. On croise alors :

LCD Soundsys­tem
Bicep
Char­lotte Gains­bourg
Vince Sta­ples
Folam­our
Spoek Math­am­bo
King Krule
Rød­håd
Rone
Malik Djou­di
Vital­ic
Fish­bach
Mac DeMar­co
New Jack­son
Arnaud Rebo­ti­ni

1- LCD Soundsystem — american dream [Columbia/Sony Music]

Cinq ans après que James Mur­phy eut mis fin à son pro­jet LCD Soundsys­tem sur la scène du Madi­son Square Gar­den, il signe un grand retour avec un qua­trième album mar­qué par la mort de ses héros David Bowie, Lou Reed ou Alan Vega. Si on peut tou­jours danser au rythme de ses chan­sons, on verse aus­si quelques larmes au détour des boulever­sants “oh baby”, “how do you sleep ?” ou “black screen”. La réus­site n’est pas que discographique comme on a pu le con­stater avec le suc­cès scénique de ses deux con­certs à la ren­trée à l’Olympia à Paris. On a déjà hâte de le revoir ! (Patrice Bar­dot)

Si vous êtes plutôt Spo­ti­fy : 

 

2- Bicep — Bicep [Ninja Tune/PIAS]

Frères de son, les deux nord irlandais Matt McBri­ar et Andy Fer­gu­son ont mis dix ans avant de réalis­er leur pre­mier album. Sans doute trop occupés à nour­rir leur blog musi­cal Feel My Bicep, à tourn­er inlass­able­ment en DJ-set autour de la planète et bien sûr à sor­tir toute une série de max­is qui a mis à l’honneur leur sens du gim­mick house. Mais cela valait le coup d’attendre, même si cet album homonyme peut dérouter à la pre­mière écoute par ses mul­ti­ples clins d’œil vers la drum’n’bass old school ou l’ambient tech­no à la Orbital. De notre côté, nous ne nous en plain­drons pas, bien au con­traire. (Patrice Bar­dot)

 

3- Charlotte Gainsbourg — Rest [Because Music]

En embras­sant plus ouverte­ment que jamais l’héritage musi­cal de son père, Char­lotte Gains­bourg réus­sit avec Rest un tour de force : par­ler (en français !) de mort, de deuil et de corps inan­imé sur une bande-son dis­co con­coc­tée par Sebas­t­iAn — le pro­duc­teur signé chez Ed Banger con­vo­quant en bonus les cordes chères à Gains­bourg père ou des bass­es ron­des rap­pelant Melody Nel­son. Ressort de ce con­traste un album intime, presque voyeuriste par­fois, mais pas­sion­nant. Et c’est sans compter la mélodie irré­sistible du sin­gle “Dead­ly Valen­tine”. (Clé­mence Meu­nier)

 

4- Vince Staples — Big Fish Theory [Def Jam/Universal]

Fon­cière­ment min­i­mal­iste, Vince Sta­ples évite d’une belle façon l’album atten­du, au flow destruc­teur et au beat le plus fou. La frénésie du hip-hop trou­ve ici une pause mature déli­cieuse­ment prosaïque. Comme un tableau blanc où Vince jette ses couleurs une-à-une de mille manières, Big Fish The­o­ry ne sera pas pour autant une muta­tion géné­tique com­plète. Il s’agit juste d’un essai pour retranch­er le rap dans sa rad­i­cal­ité, con­frontant le plat de la vocal­ité aux arêtes de la pro­duc­tion geek elec­tro référencée. Une juste place entre Kanye West et Tyler, The Cre­ator, dont on attend désor­mais une fresque qui nous laisse sans voix. (Corentin Kief­fer)

 

5- Folamour — Umami [Moonrise Hill Material/Classic]

Le hold-up par­fait. Avec son pre­mier album Una­mi, pub­lié sur le label qu’il a fondé avec son gang de Lyon­nais, Folam­our a peut-être sor­ti le meilleur et le plus authen­tique album de house améri­caine de l’année. Ambitieux, musi­cale et soul­ful, Una­mi s’inscrit dans la droite ligne des maîtres du genre comme Theo Par­rish, sans jamais som­br­er dans la révérence ou la copie. Un album inspiré, où chaque titre s’essaie à des direc­tions dif­férentes. Un peu de hip-hop, de gui­tares, du dance­floor, des mélodies qui font mouche… Beau­coup d’inspiration et de maîtrise. (Benoît Car­reti­er)

 

Voilà pour le top 5 ! Mais aus­si, en vrac :

Spoek Mathambo — Mzansi Beat Code [Prospect/No Format]

On ne peut pas réduire le DJ, pro­duc­teur, et chanteur sud-africain à un sim­ple tag “house”. Car son for­mi­da­ble album Mzanzi Beat Code, qui lui a valu une cou­ver­ture de Tsu­gi au mois d’avril, ray­onne sur un large spec­tre allant du hip-hop à la soul africaine en pas­sant par le funk. Excité et exci­tant. (Patrice Bar­dot)

 

King Krule — The Ooz [XL Recordings/Beggars]

Le grand retour du Lon­donien Archy Mar­shall, somptueux chanteur, inven­teur d’un drôle de free jazz punk élec­tron­ique gon­flé de soul. Même si on n’a pas tout pigé à son con­cept de The Ooz, son nou­v­el album, on s’est pris en plein cœur ses savantes com­po­si­tions habitées d’un souf­fle ter­ras­sant. (Patrice Bar­dot)

 

Rødhåd — Anxious [Dystopian]

L’art du con­tre­pied total. Avec son pre­mier album, Rød­håd s’aventure dans des con­trées som­bres, lentes et pesantes, plutôt que délivr­er la tech­no dévas­ta­trice qu’il a cou­tume de jouer dans ses sets tel­luriques au long cours. Et le résul­tat est à la hau­teur de la sur­prise, sai­sis­sant. Métic­uleux dans ses nuances de noir, le Berli­nois s’empare de l’exercice de style de la bande orig­i­nale de films imag­i­naires pour une heure de plongée de l’autre côté de l’ombre maîtrisée de bout en bout. Sans oubli­er tout de même de suc­comber de temps à autres à des tem­pos plus relevés. Une réus­site. (Benoît Car­reti­er)

 

Rone — Mirapolis [InFiné/Differ-Ant]

Rone était par­ti pour sor­tir un album en soli­taire, reprenant ses pre­mières machines et s’isolant pour com­pos­er. Mais, finale­ment, un con­cert excep­tion­nel à la Phil­har­monie de Paris, où il a invité pas mal d’autres artistes sur scène, l’aura fait chang­er d’avis. Tant mieux : si Mirapo­lis est pétri de col­lab­o­ra­tions, c’est pour le meilleur, comme avec ce sin­gle “Down For The Cause” en duo avec Kazu Maki­no, charis­ma­tique chanteuse de Blonde Red­head. Tou­jours onirique, mais plus pop que d’habitude, ce qua­trième album d’Erwan Cas­tex étonne autant qu’il épate, surtout quand il prend des routes sin­ueuses et inat­ten­dues — exem­ple par­fait ? Le mag­nifique (oui, car­ré­ment) “Switch­es” avec Bax­ter Dury en amoureux écon­duit et dés­espéré. (Clé­mence Meu­nier)

 

Malik Djoudi — UN [Cinq7/Wagram]

La nou­velle scène française explose et voici l’un de ses nou­veaux hérauts aux côtés des Tim Dup, Eddy de Pret­to ou Fish­bach. Son pre­mier album, le juste­ment nom­mé UN où il a tout conçu de A à Z, ren­verse les codes de la chan­son française pour la frot­ter sen­suelle­ment à l’électronique. (Patrice Bar­dot)

 

Fishbach — À ta merci [Entreprise/Also/Sony Music]

Oh tiens, encore un album de chan­son en français à la sauce 80’s ?”. C’est à peu près ce qu’on s’est dit en rece­vant ce pre­mier disque de Fish­bach. Pas hyper ent­hou­si­aste donc. Mais en la décou­vrant sur scène, tout com­mence : les morceaux pren­nent forme, son charisme est indé­ni­able, les ambiances de chaque titre fasci­nent, du dra­ma­tique “Le Château”, au dadaisme presque psy­ché de “Invis­i­ble dés­in­té­gra­tion de l’univers”, en pas­sant par une des plus jolies phras­es enten­dues en chan­son cette année (“Et tu par­lais d’éternité / On a même pas fait la moitié”) sur “Eter­nité”. Une très belle claque à ab-so-lu-ment se pren­dre en con­cert, pour ensuite appréci­er l’un des meilleurs albums de 2017. (Clé­mence Meu­nier)

 

Vitalic — Voyager [Citizen/Caroline]

Voy­age dans la dis­co­space, ou les lasers et les arc-en-ciels nous guident dans une course à dou­ble sens : vers le passé, la sig­na­ture qui rend Vital­ic immé­di­ate­ment recon­naiss­able, et vers l’avenir, la machine à tubes tou­jours au rendez-vous. Sans décep­tion, Voy­ager sera le meilleur vais­seau de l’année, dis­cret dans la con­stel­la­tions des sor­ties, mais mer­veilleuse­ment bril­lant dans son live de couleur. (Corentin Kief­fer)

 

Mac DeMarco — This Old Dog [Captured Tracks/Differ-Ant]

Aah Mac DeMar­co… Ce mec qui enflamme ses pets sur Insta­gram, arrive tout bour­ré en con­cert, a l’air un peu cracra, et a ten­dance à mon­tr­er son cul tout le temps. Voilà pour les présen­ta­tions. Mais au-delà de l’image potache, ce Cana­di­en s’impose avec ce troisième album comme étant l’un des song­writ­ers les plus tal­entueux de sa généra­tion. This Old Dog évoque en effet ouverte­ment sa rela­tion dif­fi­cile avec son père et ses angoiss­es, tout en dégageant une nos­tal­gie et un effet feel-good évi­dent. Sujets forts, musique ten­dre : la recette mag­ique DeMar­co fait mouche. (Clé­mence Meu­nier)

 

New Jackson — From Night To Night [All City]

Un ancien chanteur de pop triste, un temps com­pagnon de route des neurasthéniques Tin­der­sticks, qui déboule sur le label dubli­nois All City avec un pre­mier album de house analogique et chan­tée. Un petit bijou mélan­col­ique et mélodieux, entre néo-disco nerveux à la Per­ma­nent Vaca­tion et brico­lage arti­sanal. (Benoît Car­reti­er)

 

Arnaud Rebotini — 120 Battements par minute [Because Music]

Impos­si­ble de sépar­er cette BO par Arnaud Rebo­ti­ni du film qu’elle accom­pa­gne : 120 Bat­te­ments par minute de Robin Campil­lo, retraçant avec beau­coup de force le par­cours des mil­i­tants d’Act Up-Paris dans les années 90, en pleine épidémie du Sida. Et, aus­si, en plein boom house, musique “à la fois fes­tive et inquiète” selon Campil­lo, que 120BPM évoque par petites touch­es club tout au long du film. A not­er : ce remix du hit “Small­town Boy” des Bron­s­ki Beat, incar­na­tion par­faite d’une BO aus­si réussie que son film. (Clé­mence Meu­nier)

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