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22 juin 2016

A Rome, tous les chemins mènent à la deep-techno

par rédaction Tsugi

Depuis plusieurs années, les artistes italiens, et plus particulièrement les Romains (Donato Dozzy, Giorgio Gigli, Dino Sabatini, ou encore Claudio Prc), dressent les contours subtils et singuliers d’une musique électronique atmosphérique, organique et hypnotique. Une spécificité qui leur permet d’occuper aujourd’hui une place centrale dans la scène techno contemporaine.

Luigi Tozzi est l’une des figures montantes de ce mouvement. Après plusieurs EPs remarqués, le jeune producteur a sorti samedi dernier son premier album Deep Blue Vol.2 et a offert, en guise de célébration, un DJ set à la soirée du label Hypnus, organisée par Container au Glazart le même jour. Rencontre.

Tsugi : On parle de plus en plus de « scène romaine » dans la musique techno, souvent considérée comme l’avant-garde de la « deep techno ». Selon toi, quelles en sont les racines ?

Luigi Tozzi : Il n’y a pas de doute sur l’apport des Romains dans la scène techno contemporaine, générant un très fort sentiment d’unité, même si de toute évidence chaque artiste y ajoute sa touche personnelle. Cependant, je ne parlerais pas nécessairement des mêmes racines pour tout le monde. Pour ma part, tout est venu de l’écoute attentive de Basic Channel et de la musique dub techno en général, cela me stimulait de découvrir les aspects techniques derrière la musique électronique.

En 2010, le site Resident Advisor a publié un article explorant l’émergence de la scène contemporraine italienne dont le titre était « Italian do it darker ». Te reconnais-tu dans cette formule ?

Je ne me sens pas à l’aise de parler au nom de toute la scène italienne, mais en ce qui concerne ma musique, je ne serai absolument pas d’accord pour l’appeler « dark techno ». Peut-être qu’elle est parfois perçue comme mélancolique, mais j’essaye toujours de faufiler des éléments « lumineux » à l’intérieur de mes morceaux. Quoi qu’il en soit, ce qui est crucial à mon avis, c’est de créer du contraste, autant dans la production que dans le mixe, donc la phrase « italians do it darker » sonne un petit peu trop monochromatique pour moi. (rires)  

Nous retrouvons plusieurs références spirituelles dans ton univers, notamment avec ton EP Quetzalcóatl (référence à la divinité maya du Serpent à Plume) ou encore dans les visuels du label Hypnus (un serpent enroulé). Penses-tu que ta musique est plus « a spiritual thing » qu’une « body thing » ?

Je considère ma musique comme l’expression de ma personnalité et de mes émotions à un moment particulier, quand je deviens créatif dans le sutdio. Ensuite, l’auditeur est libre de danser dessus ou d’en faire une écoute introspective et méditative. Il y a sans aucun doute un lien entre la musique et l’effet « spirituel » ou cathartique qu’il provoque sur l’auditeur ou le danseur.

© S&E

Le mot « cinétique » est souvent utilisé pour décrire ta musique. Es-tu influencé par le cinéma ? 

Étant né d’une famille travaillant dans l’industrie cinématographique, je suis très influencé par cela, c’est certain. Parmi les films qui m’ont marqué, trois me reviennent instinctivement en tête : La Prisonnière du désert de John Ford, Blade Runner de Ridley Scott et Macadam Cowboy de John Schlesinger. Mon autre source d’inspiration principale est certainement l’apnée. C’est quelque chose de très relaxant et introspectif. On se sent connecté à la nature. 

Tu viens de finir ton premier album qui sort sur Hypnus. J’imagine que ça doit être un accomplissement pour toi ?

C’est sans aucun doute une étape très importante. Les morceaux on été produits pendant une période très intense pour moi et je pense avoir communiqué une palette assez large d’émotions tout au long de l’album, qui a une progression bien précise : presque tous les morceaux ont été composés dans le même ordre que la tracklist finale. Par ailleurs, je pense pouvoir commencer à jouer et voyager de manière plus régulière tout en continuant à faire de la musique. Pour faire cela j’ai besoin de pouvoir composer partout, ce qui m’a porté à me retourner à nouveau sur un setup digital. Par exemple tout l’album à été composé hors du studio, avec un macbook pro et des casques !

Pour finir, on retrouve dans ta musique des influences dub techno, de la musique ambient. Pourrais-tu nous suggérer quelques morceaux que tu aimes dans ces styles ?

En dub techno Basic Channel (« Phylyps Trak II/II » et « Quadrant Dub ») et I Cio D’Or (« Ur »). Et en ambient Vangelis (« Blade Runner Blues »), Aphex Twin (« Rhubarb ») et ASC (« Half The Words You Say »).

Joakim Michaux

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