Belgica : rencontre avec Soulwax et le réalisateur Felix Van Groeningen

Les frères Dewaele ne se sont pas con­tentés de pro­duire une sim­ple bande orig­i­nale du for­mi­da­ble Bel­gi­ca de Felix Van Groenin­gen. Ils ont inven­té la musique de plus d’une dizaine de groupes, pour ce qui est peut-être le meilleur film jamais réal­isé sur l’univers de la nuit. Ren­con­tre à Gand avec les intéressés.

On ne s’ennuie jamais avec Stephen et David Dewaele. Ces dernières années, on a pu s’extasier sur leur Radio Soul­wax, vingt-quatre mix­es audio et vidéo de style musi­caux dif­férents d’une heure cha­cun, sur Despa­cio, un soundsys­tem de 50 000 watts entière­ment conçu en col­lab­o­ra­tion avec James Mur­phy et exclu­sive­ment con­sacré au mix sur vinyle, et sur Die Ver­boten, un con­cept space-krautrock imag­iné avec Riton, sor­ti sur leur label Dee­wee, lancé à l’automne 2015. Au point de se dire que leurs presta­tions en tant que 2 Many DJ’s ne sem­blent aujourd’hui n’avoir plus qu’un seul objec­tif : financer leurs mul­ti­ples pro­jets par­al­lèles. C’est bien ce qui fait en par­tie le charme des fran­gins. Certes, ils touchent des mil­liers d’euros pour des sets de deux heures, mais l’argent leur brûlant vite les doigts, les deux Belges se dépêchent de le cla­quer pour con­cré­tis­er des rêves de plus en plus fous. Sans aucune logique économique.

Même s’ils n’en sont pas les grands argen­tiers, Bel­gi­ca fait bien par­tie de ces aven­tures démentes dont Stephen (l’aîné, 45 ans) et David (le cadet, 40 ans) sont cou­tu­miers. Mais ils ne sont pas seuls sur ce pro­jet. En leur com­pa­tri­ote de Gand Felix Van Groenin­gen, ils ont trou­vé au moins aus­si fou qu’eux. Décou­vert en France en 2009 avec son troisième long-métrage, le rabelaisien La Merdi­tude des choses, le réal­isa­teur rem­porte en 2014 le César du meilleur film étranger pour Alaba­ma Mon­roe, où la musique, coun­try en l’occurrence, occu­pait déjà une place impor­tante dans le scé­nario. Mais ce n’est rien à côté de Bel­gi­ca, qui sor­ti­ra sur les écrans le 2 mars prochain.

La vérité de la nuit

Bel­gi­ca, c’est le nom d’un bar de Gand détenu par deux frères et qui se trans­forme en club au début des années 2000, même si l’époque n’est pas vrai­ment iden­ti­fi­able. Une his­toire inven­tée par Van Groenin­gen, mais très proche de la réal­ité. Impliqués dans le film dès l’écriture du scé­nario, les Dewaele en ont imag­iné TOUTE la musique. Aus­si bien les groupes que l’on voit jouer que les morceaux lancés par les DJ’s et même la musique qui s’échappe d’un autora­dio au détour d’une scène. Ce tra­vail inédit conçu par les trois com­plices éclate à l’image. C’est sim­ple, nous n’avons jamais vu un film retraçant avec une telle vérité des scènes de bar ou de club. Et quand on dit “vérité”, c’est bien ce dont il s’agit. Au ciné­ma, l’univers de la nuit est sou­vent représen­té de manière très glam­our et surtout très clean. Ça sonne faux. Bel­gi­ca sonne vrai. Parce que ce que l’on voit à l’écran est trash, comme peut l’être “la nuit”, portée par l’énergie incroy­able procurée par de la musique forte sur des organ­ismes ouverts à toutes les expéri­ences. Une incon­testable réus­site qui nous a don­né envie de par­tir à la ren­con­tre de Stephen, David et Felix. On ne pou­vait imag­in­er meilleur lieu pour les inter­view­er que l’Afsnis, le café de Gand où a été en par­tie tourné le film.

Lorsque l’on y pénètre un same­di après-midi de la mi-janvier, on hal­lu­cine. On a la sen­sa­tion étrange de pass­er de l’autre côté de l’écran. Non seule­ment le décor de briques est iden­tique, mais les clients à l’allure d’habitués, instal­lés au comp­toir ou sur les petites tables, sem­blent sor­tir tout droit du film. Filles per­chées en descente d’after, vieux alcoo­los à la fig­ure bur­inée, hip­sters à barbes, étu­di­ants sec­oués, ras­tas avec dread­locks, cou­ple d’amoureux tran­sis, on sait main­tenant où Felix a déniché son incroy­able cast­ing. Pour­tant, les trois cerveaux de Bel­gi­ca qui, loin des héros déjan­tés du film, siro­tent du thé cit­ron pen­dant l’interview, ne sont pas des fam­i­liers du Afs­nis, même s’ils claque­nt la bise à une bonne par­tie de sa pop­u­la­tion…

Felix Van Groenin­gen : Au départ, je ne con­nais­sais que de nom. Avant le tour­nage, j’étais à la recherche du lieu qui serait le Bel­gi­ca, et quand je suis entré ici pour la pre­mière fois, j’ai com­pris que j’avais trou­vé. L’ambiance un peu déglin­guée du Afs­nis, qui est ouvert qua­si­ment 24 h/24 rap­pelle celle de l’ancien bar Char­la­tan qui a inspiré le film.

David Dewaele : Je ne con­nais­sais pas l’endroit, je n’y avais jamais mis les pieds avant le tour­nage.

Stephen Dewaele : Moi non plus, pour­tant j’habite à cinq min­utes d’ici.

Tsu­gi : Com­ment est venue cette idée de tra­vailler ensem­ble ?

Felix : On se con­naît depuis 20 ans !

Stephen : Gand c’est une petite ville, donc quand il y a quelqu’un de cool, tu es obligé de le con­naître. En fait, une rela­tion com­mune m’avait dit : “Tu sais Felix veut faire un pro­jet sur la vie noc­turne à Gand avec l’histoire d’un bar qui devient une boîte. C’est toi et David qui allez faire la musique.” Pour­tant rien n’avait été encore décidé ! Mais c’était telle­ment évi­dent. On ne pou­vait pas dire non.

Felix : C’était une oblig­a­tion ! (rires) Et on a tout fait ensem­ble, ils ont lu toutes les ver­sions du scé­nario.

David : Un an avant le tour­nage, nous étions déjà impliqués. Au départ, Felix nous avait dit qu’il souhaitait que par­al­lèle­ment aux images, la musique racon­te l’histoire. Bon, ça a beau­coup changé par la suite, mais cet esprit est quand même resté.

Felix : Je leur avais dit sim­ple­ment : “Vous allez com­pos­er la musique de Bel­gi­ca.” Mais j’ai très vite com­pris que pour eux, cela voulait dire tout faire et notam­ment créer des groupes avec leurs musiques, mais aus­si leurs visuels.

Vous avez réelle­ment inven­té tous ces groupes que l’on voit dans le film ?

Stephen : Oui. Presque tous, à part le duo de filles Eras­mus qui existe déjà, mais musi­cale­ment ça n’a rien avoir, elles chantent en fla­mand. On a changé com­plète­ment leur style. Ce sont tous des artistes de Gand, à l’exception d’un Anglais et d’un Néer­landais, mais on les a tous mélangés pour avoir des groupes orig­in­aux. Nous avons vrai­ment créé tout un univers musi­cal avec Felix, qui va de la tech­no au punk, en pas­sant par le hip-hop.

David : C’était d’ailleurs très dur à expli­quer à nos amis comme James Mur­phy, qui a réal­isé la BO de deux films de Noah Baum­bach. Au fil des mois, il nous demandait : “Mais ça fait com­bi­en de temps que vous tra­vail­liez sur ce film ?” Et on lui expli­quait : “Ce n’est pas une BO, c’est plus que ça, c’est tout un monde musi­cal que l’on invente.” James nous répondait : “Vous êtes com­plète­ment cinglés !” (rires)

Stephen : Par­mi toute la musique que l’on entend dans Bel­gi­ca, il n’y a que trois morceaux qui ne sont pas de nous : “J’aime regarder les filles” de Patrick Coutin, “Plas­tic Dreams” de Jay Dee et “Kernkraft 400” de Zom­bie Nation, qui d’ailleurs est le chant des sup­port­ers du club de foot de Gand. Ici, quand les gens sont un peu bour­rés, ils se met­tent à chanter “Kernkraft 400”. On avait un bud­get pour clear­er des morceaux, mais on a décidé de le faire unique­ment dans des scènes où c’est vrai­ment néces­saire.

David : On a même com­posé un morceau de reg­gae !

Stephen : Ce qui était cool, c’était d’écrire des morceaux pour d’autres gens. On ne l’avait jamais vrai­ment fait. On nous le demande tout le temps, comme pro­duire d’autres artistes. Mais la part de busi­ness est trop impor­tante. Là, nous avons com­posé pour des groupes qui n’existaient pas au départ, la lib­erté était donc totale. Aujourd’hui, ils ont tous envie que ça con­tin­ue. On va bien voir ce qu’il va se pass­er…

On n’a jamais vu un film mon­trant aus­si bien la folie col­lec­tive qu’il peut y avoir dans un bar ou un club sous l’effet du mix musique-alcool et autres… Com­ment avez-vous tra­vail­lé pour arriv­er à ce résul­tat ?

Felix : David et Stephen m’interrogeaient beau­coup pen­dant l’écriture du scé­nario : “Pourquoi c’est ça ? Tu ne crois pas que ça pour­rait être ça ?” Il y a eu beau­coup d’allers et retours pour arriv­er au résul­tat final. C’est Stephen et David qui ont décidé que tous les groupes devaient vrai­ment être enreg­istrés en live. Sans play-back. Les fig­u­rants voy­aient donc de vrais con­certs. Ça a beau­coup aidé pour créer une atmo­sphère authen­tique.

David : Oui je me sou­viens que la pre­mière fois que The Shitz (un des groupes du film, ndr) a joué, tu sen­tais que les gens se dis­aient : “Wouah c’est vrai !” Ils étaient telle­ment à fond qu’au bout de la qua­trième prise, ils chan­taient toutes les paroles du morceau sauf que dans cette scène le groupe était cen­sé le jouer pour la pre­mière fois ! (rires) En fait, c’était la fête tous les jours, la fic­tion était dev­enue la réal­ité. Mais c’est pour ça aus­si que les gens se don­naient à 120 %, parce qu’ils fai­saient par­tie inté­grante du film grâce à Felix qui sait vrai­ment motiv­er tout le monde.

Stephen : Mais je dois bien dire que le pre­mier jour du tour­nage où on était ici, on avait un peu peur avec Dave. Ce n’est pas le pre­mier film qui veut exprimer les sen­ti­ments que peu­vent éprou­ver des gens dans un club. Mais la plu­part du temps, les scènes de nuits son­nent faux. Genre, ça se passe à New York, c’est très design, asep­tisé.

David : C’est ce qui est le plus dif­fi­cile à faire. Il y a notam­ment une scène que je n’ai jamais vue aus­si bien retran­scrite dans un film. C’est l’aube, il reste une ving­taine de per­son­nes sur le dance­floor qui hurlent, ils ne veu­lent pas que ça c’est s’arrête. Tu as vrai­ment le sen­ti­ment de voir des gens qui n’ont pas dor­mi. Dans les autres films, les réal­isa­teurs veu­lent ren­dre ça plus glam­our que ça ne l’est, Felix, lui, a mon­tré la réal­ité, qui est plus trash.

Felix, quelle est la part d’autobiographie dans le film, puisque tu t’es inspiré du café que tenait ton père, le Char­la­tan ?

Felix : C’est un peu l’histoire du film. C’était ce qu’on appelle un café brun en Bel­gique, où il y a beau­coup de gens avec des barbes qui écoutent du blues. C’est à ce moment-là que mon père et son asso­cié ont repris le bar, mais son col­lègue s’est un peu per­du dans la nuit. Ça allait de moins en moins et ils se sont séparés. En dix ans, ça avait beau­coup changé. À la fin des années 90, le rock’n’roll a été rem­placé par la musique élec­tron­ique, les gens ont com­mencé à danser. C’était presque devenu une dis­cothèque. Mon père a fait fail­lite en 2000, et il a ven­du le bar à deux frères qui ont recom­mencé de zéro. Ils ont fait énor­mé­ment de travaux et ça a marché de mieux en mieux. C’était vrai­ment chou­ette. Mais ils ont fini par se per­dre eux-mêmes dans la nuit. Le Char­la­tan existe encore, il est situé pas très loin d’ici et c’est tou­jours un peu alter­natif, pas vrai­ment branché. Le film est vrai­ment un mélange de tout ça. Il y a beau­coup de choses qui sont dedans que je n’ai pas vécues, mais j’ai ren­con­tré des gens qui m’ont racon­té des his­toires que j’ai mis­es dedans.

Stephen : Il y a quinze ans à Gand, l’ambiance était assez dingue, beau­coup de gens venaient de Brux­elles ou d’Anvers. Le Char­la­tan était un melting-pot. Tu pou­vais ren­con­tr­er des gens ordi­naires, des artistes, des DJs, des chômeurs. Tu pou­vais avoir aus­si des dis­cus­sions poli­tiques ou des dis­cus­sions de mecs bour­rés. Dans le film, Frank, un des deux frères, dit que le Bel­gi­ca, c’est une arche de Noé où tout le monde est le bien­venu, quelle que soit sa con­di­tion sociale ou sa couleur de peau. C’était ça aus­si le Char­la­tan.

David : Musi­cale­ment, c’était pareil, tu jouais à la fois “Requiem pour un con” de Gains­bourg, “Plas­tic Dreams” de Jay Dee, “Car­go de Nuit” d’Axel Bauer, ou des trucs car­ré­ment obscurs comme “The Bus” d’Executive Slacks, qui était un gros tube ici.

Stephen : Mais plus que le Char­la­tan, je crois que l’on a été mar­qué par l’Atlantic, le bar qui était en dessous de notre ancien stu­dio. Le pro­prié­taire était aus­si DJ. Il était tou­jours bour­ré. Par­fois, on était en stu­dio et il venait nous voir à 4 h du mat’ et il nous dis­ait : “J’en ai marre, je vous file les clés, si vous pou­viez fer­mer le bar.” Je descendais, et je voy­ais sur la pla­tine le disque qui tour­nait et arrivait sur sa fin, alors que le mec s’était bar­ré et que le bar était plein ! Par­fois, alors que nous étions en train de faire un remix, il débar­quait en nous dis­ant : “Ah tiens ça me rap­pelle un morceau ce que vous faites.” Il par­tait et reve­nait deux heures après avec le disque et on lui dis­ait : “Ah oui, tu as rai­son.” Notre stu­dio, le Char­la­tan et l’Afsnis étaient tous dans le même coin. Où que tu allais la nuit, il y avait des fêtes. C’était le tri­an­gle des Bermudes de Gand : il y avait tou­jours des gens qui dis­parais­saient ! (rires)

Est-ce que vous avez fail­li vous per­dre dans la nuit ?

David : Non, j’ai tou­jours été plus spec­ta­teur, mais j’ai vu beau­coup de choses ! (rires) Ce qui est intéres­sant, c’est que nous sommes tous les trois qua­si­ment les seuls de nos amis de l’époque à ne pas s’être per­dus dans la nuit. Peut-être parce qu’assez tôt, nous savions ce que nous voulions faire : lui du ciné­ma et nous de la musique.

Stephen : On con­naît des mecs à Gand qui sont des forces de la nature, ils peu­vent pren­dre de la drogue, boire comme des trous. Moi, c’est tout le con­traire, si je fais ça, je tombe immé­di­ate­ment malade !

Felix : Bon, moi jusqu’à mes 19 ans, je suis énor­mé­ment sor­ti. Et puis j’en ai eu un peu marre et j’ai arrêté les drogues, enfin pas toutes… (rires)

Bel­gi­ca, c’est aus­si l’histoire des rela­tions entre deux frères. C’est quelque chose qui a pu vous motiv­er ?

David : Hon­nête­ment, non. Il y a bien sûr une analo­gie, puisque c’est l’histoire de deux frères qui tra­vail­lent ensem­ble. Mais nous sommes très dif­férents, ce n’est pas notre his­toire.

Vous avez des moments de tiraille­ments entre vous ?

David : Oui, tout le temps. Quand tu tra­vailles avec quelqu’un dont tu es si proche, c’est dif­fi­cile. Enfin c’est à la fois plus facile et plus dif­fi­cile.

Felix : Moi je trou­ve qu’ils sont incroy­ables. David dit qu’il y a beau­coup de ten­sions entre eux, mais pen­dant les deux années où nous étions ensem­ble, je ne les ai jamais ressen­ties.

David : On s’est beau­coup engueulé il y a 20 ans. Depuis, cha­cun a appris com­ment l’autre fonc­tionne. Quand je sens que ça peut dérap­er, j’évite Stephen et vice ver­sa. Parce que le lende­main, c’est encore ton frère, tu ne peux pas dire que ce n’est plus ton frère ! (rires)

Stephen : Ce qui est éton­nant dans le film, c’est que les deux frères ont créé quelque chose ensem­ble, mais on dirait qu’ils n’en ont pas con­science. On nous demande sans arrêt si nous pour­rions tra­vailler séparé­ment, Dave et moi. Oui bien sûr, mais c’est mieux si je tra­vaille avec lui que tout seul ou avec quelqu’un d’autre…

(Patrice Bar­dot)

 

[Bel­gi­ca, la BO]

Seize morceaux et quinze groupes sor­tis de l’imagination des frères Dewaele et de Felix Von Groenin­gen pour créer ce que pour­rait être la musique du Bel­gi­ca. Éclaté entre punk, tech­no, hip-hop, rock, blues, elec­tro arabe, par­fois tout cela en même temps, ce sound­track (qui com­porte égale­ment des titres qui ne sont pas dans le film) s’écoute très bien sans l’appui des images. Ce qui est tou­jours une belle per­for­mance. Si The Shitz ressem­ble forte­ment à Soul­wax et White Vir­gins à Soul­wax Nite Ver­sions, les cerveaux bouil­lon­nants de Stephen et David ont engen­dré des trou­vailles orig­i­nales comme le blues­man Roland Mc Beth, le reg­gae indo­lent de Light Bulb Matrix, l’électro-orientale de Kur­sat 9000, la tech­no de Noahs Dark ou le dance-punk de Diplo­ma. Mais qui sait si ces groupes fic­tifs ne vont pas se pren­dre à rêver d’une exis­tence réelle comme la créa­ture de Franken­stein. (PB)

Bel­gi­ca Orig­i­nal Sound­track by Soul­wax (Pias)

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