Extrait du clip de Pléthore, "Allez".

Coup de pouce : Pléthore

Par­fois on tombe dans nos mails sur un morceau, un clip ou un artiste qui nous colle à notre chaise. Alors on en par­le, tout sim­ple­ment, comme ici avec Pléthore. Ce sont les “coups de pouce” de la rédac’.

Pléthore (n.f) : excès, abon­dance. En l’oc­cur­rence, pour Pléthore, c’est un excès de tal­ent dont il s’ag­it. En atten­dant l’al­bum qui serait prévu pour pour print­emps 2020 (comme l’a con­fié Louis Faloci con­fie lors d’une inter­view à Just Music), le col­lec­tif né il y a 2 ans offre cette année L — un EP très mar­qué par la deux­ième pas­sion du chanteur et bat­teur Louis Faloci : l’ar­chi­tec­ture. Entre rock pro­gres­sif, musique élec­tron­ique et jazz, le maxi con­firme la mul­ti­tude des influ­ences de Pléthore.

Le col­lec­tif avait déjà sor­ti trois morceaux courant 2018, qu’on retrou­ve dans L. C’est avec “Soul”, “Lonosphère” et “Late” qu’il a dévelop­pé son style. À mi-chemin entre rock et musique élec­tron­ique, les voix entrent en com­mu­nion avec une bat­terie très présente et des accords au syn­thé qui ponctuent le morceau. Mais Pléthore explore des tex­tures dif­férentes avec les deux derniers morceaux de son EP. “Regrets” amène une touche de hip-hop sur le seul fea­tur­ing de l’EP. Une bonne ligne de basse et des sonorités jazzy s’as­so­cient au mid­west rap de Jamo. Quant aux paroles du titre, elles font référence au dilemme déchi­rant du chanteur / bat­teur de Pléthore : archi­tecte ou musi­cien ? Avec “Allez”, il parvient à associ­er ses deux pas­sions. Le morceau est une invi­ta­tion à faire la fête et à lach­er prise : “Make it loud­er / I wan­na hear you”. Incon­testable­ment le morceau le plus dynamique et dansant du maxi, il est accom­pa­g­né d’un clip en immer­sion dans l’u­nivers du col­lec­tif, et bien sûr, la thé­ma­tique de l’ar­chi­tec­ture.

La pas­sion qu’éprou­ve Louis Faloci pour l’ar­chi­tec­ture se ressent dans l’esthé­tique des clips : Pléthore livre des vidéos tout en per­spec­tives et jeux de lumière. Dans celle de “Allez”, le per­son­nage prin­ci­pal porte un “casque” géométrique qui dis­simule tout son vis­age, et se bal­lade dans des lieux aux archi­tec­tures var­iées.

Cette thé­ma­tique est aus­si présente dans la manière d’abor­der ses morceaux : Pléthore joue élégam­ment sur les espaces et les tex­tures avec des échos, des réverbes, comme pour immerg­er l’au­di­teur dans un lieu dif­férent à chaque fois. Une piste de danse pour “Allez”, une pièce à vivre con­viviale pour “Soul”, et dans l’e­space avec “Lonosphère” : à chaque morceau son univers.

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