Daniel Avery en couv’ de Tsugi 111, en kiosque ce samedi 7 avril !

Rewind. C’était il y a qua­tre ans et demi. On fêtait une nou­velle for­mule de Tsu­gi avec son logo tout beau, tout neuf, en met­tant à la une Erol Alkan, le fon­da­teur du label Phan­ta­sy, et ses deux artistes phares, Con­nan Mock­asin et Daniel Avery. Comme nous ne sommes pas du genre à pari­er sur les hasards de la vie, rien de plus logique donc que de retrou­ver le même Avery à la une de ce mag­a­zine, au moment pré­cis où notre société éditrice entre dans une nou­velle ère en s’associant avec nos amis de So Press. Au‐delà de la coïn­ci­dence, c’est aus­si et surtout la preuve que le DJ et pro­duc­teur bri­tan­nique n’a aujourd’hui nul besoin de par­rainage pour pos­er en cou­ver­ture d’un mag­a­zine. Sans com­pro­mis envers les modes qui poussent soit à la dureté la plus extrême, soit à la niais­erie la plus con­fon­dante, Song For Alpha déroule le tapis savant d’une tech­no lunaire pro­fondé­ment orgiaque. Une démarche toute per­son­nelle, qui rebon­dit en écho dans les mul­ti­ples his­toires que nous vous racon­tons dans ce numéro. Celle du Français Mad­ben qui a atten­du l’âge de 37 ans avant de sor­tir un pas­sion­nant pre­mier album. Celle aus­si de l’écrivain écos­sais Irvine Welsh, oui, celui de Trainspot­ting, qui n’hésite jamais à plac­er la musique au pre­mier plan de son oeu­vre. Celle encore de Ben Shemie, âme de Suuns, dont les élu­cubra­tions sonores, moitié noise, moitié élec­tron­ique, ne se soucient bien enten­du d’aucun dik­tat. Ou celle d’Yves Simon. Chanteur sin­guli­er, dont la tra­jec­toire de la décen­nie 70 aux années 90 a enfan­té une série de hits qui se retrou­vent repris, ou plutôt habile­ment manip­ulés, par le bril­lant avant‐poste de la nou­velle pop française. Enfin, le “rewind” a été poussé jusqu’au bout en offrant à Olivi­er Degorce le soin de nous racon­ter dans notre rubrique “une nuit avec…”, une épopée rave qu’il a vécue au pre­mier rang. On le con­state en tour­nant chaque page de son fris­son­nant livre de pho­tos Plas­tic Dreams, édité par Head­bangers Pub­lish­ing, la mai­son d’édition d’Ed Banger, qu’il est un témoignage unique de la mon­tée de sève élec­tron­ique effer­ves­cente de la pre­mière moitié des nineties. Con­tre­dis­ant ain­si avec bon­heur Welsh qui, dans ses pages, affirme que “celui qui se sou­vient des années 90 ne les a pas vécues”. Bon, on dis­ait déjà cela des années 60, hein…

Vous retrou­vez égale­ment dans ce numéro un CD mixé par Mad­ben en cadeau, le disque du mois Otze­ki, Moby qui nous par­le de ses influ­ences, des ren­con­tres avec Cas­cadeur, Clara Luciani, 10LEC6, Lenna Wil­likens, C‐Sen, un focus sur les nou­velles filles de l’electro, et bien sûr votre lot men­su­el de chroniques, sou­venirs de fes­ti­vals, fringues à gag­n­er, casques testés et approu­vés (ou pas), soirées à ne pas louper… A chop­er en kiosque ou sur notre bou­tique en ligne à par­tir de ce same­di 7 avril ! En atten­dant, vu qu’on est sym­pa, voilà le début de notre inter­view de Daniel Avery par Ben­jamin Leclerc. 

Daniel Mark Avery a pris cinq ans pour don­ner un suc­cesseur à son pre­mier album. Pas du temps per­du, puisque le trente­naire a entre‐temps posé son nom sur un mix de la pres­tigieuse série DJ‐Kicks, dévelop­pé une col­lab­o­ra­tion avec Alessan­dro Cor­ti­ni, et fait plusieurs fois le tour du monde à force d’en écumer les plus grands clubs. Le temps aus­si de pren­dre son temps, de laiss­er la musique éclore, ou de venir à lui selon sa for­mule.

Patience. Le mot, martelé dans la com­mu­ni­ca­tion autour de ce nou­v­el album, Song For Alpha, rap­pelle com­bi­en celui‐ci était atten­du depuis Drone Log­ic, qui avait porté aux nues le DJ et pro­duc­teur bri­tan­nique. “Ma vie a beau­coup changé depuis ce pre­mier album”, confesse‐t‐il. En par­lant avec Daniel Avery, on com­prend vite com­bi­en la patience est avant tout sa qual­ité pre­mière. On le retrou­ve à Shored­itch, où il nous attend dans un café branché du quarti­er de Lon­dres où il habite. La zone est un exem­ple de la gen­tri­fi­ca­tion à grande vitesse que con­naît la périphérie de la ville, où il a emmé­nagé il y a une dizaine d’années. Quel chemin par­cou­ru, depuis sa petite ville du Dorset où il a décou­vert sur le tard la dance music, jusqu’à Lon­dres, où il s’est instal­lé une fois ses études ter­minées. Une his­toire tout anglaise, tant la musique du pro­duc­teur est imprégnée de l’île, de ses pubs un peu crades et ses hyper­clubs, jusqu’aux matins brumeux. De sa voix posée, il peine à nous par­ler d’autre chose que de musique, la sienne ou celle des autres. Des impres­sions, des moments. Comme elle, il dit peu, mais évoque beau­coup – savant mélange d’humilité et d’assurance. Flash­back sur l’adolescent rêveur au par­cours patient et pas­sion­né.

La suite le 7 avril ! 

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