En direct de Ghost Culture à la Boule Noire

« Presque ». Ce sera le mot de la soirée. Mais atten­tion, pas ce « presque » qui gifle, rabaisse, qui ren­voie à un meilleur mod­èle. Non, Ghost Cul­ture est « presque » parce qu’il touche à un peu tout en même temps : presque sosie de Con­nan Mock­asin d’abord, avec lequel il partage une coupe de cheveux blonds et une place dans le label d’Erol Alkan, Phan­ta­sy Sound. Mais aus­si presque Depeche Mode, pour cette voix pro­fonde et grave, tran­chant avec un physique d’al­lumette, sur fond de syn­thés 80’s. Presque acid ensuite : quand l’Anglais frôle avec ces sons, c’est pour ter­min­er le morceau aus­si sec, faisant mon­ter l’ex­ci­ta­tion. Et, enfin, il offre une ambiance presque club. Si on ne l’at­teint pas, ce n’est pas de sa faute : il est 21 heures, dif­fi­cile de se lâch­er.

En somme, un con­cert presque par­fait, s’in­flu­ençant d’un tas de styles sans les copi­er totale­ment. Encore mieux : Ghost Cul­ture se lâche plus que sur son pre­mier album éponyme sor­ti en jan­vi­er. James Green­hood (son vrai nom) ampli­fie les bruits bizarroïdes du disque, frôlant le 8‑bit. On pense alors à Leila Arab ou à Jack­son & His Com­put­er Band : l’Anglais offre à la Boule Noire un mélange par­fait entre les iden­tités de Warp et de Phan­ta­sy. For­cé­ment, ça prend.  

Meilleur moment : un inter­lude guitare-voix, un très cool « Mouth » et un tim­bre grave excel­lent en live.

Pire moment : 50 min­utes à tout cass­er, un peu court pour autre chose qu’un show­case.

Crédits pho­to : Todd Hart

(Vis­ité 49 fois)