En direct de Nuits Secrètes 2016

La cul­ture du secret, à Aulnoye-Aymeries, ça fait 15 ans que ça se tra­vaille. Et atten­tion, ici pas de théorie du com­plot vaseuse, on par­le sim­ple­ment de balades en bus sans savoir ni le lieu du con­cert ni ce que l’on va y voir : un for­mat atyp­ique pour de belles sur­pris­es musi­cales. Que du bonheur !

A l’image des deux pre­miers par­cours : François & The Atlas Moun­tains suivi par Flavien Berg­er, le tout niché dans un petit jardin ou une salle des fêtes. Autant dire qu’on a tout de suite été séduit par le for­mat. De “La Vérité” du pre­mier à la “Grav­ité” du sec­ond, en pas­sant par la “Fête Noire” ou “Les Plus Beaux”, on s’est lais­sé porter par la douce folie de ces deux con­certs, avec une men­tion spé­ciale pour Flavien Berg­er et son “Drop The Mic” de clô­ture, fan­tasque jusqu’au bout ! Ensuite, retour à Aulnoye-Aymeries pour le con­cert de FKJ. Atten­tion, là niveau groove, ça ne rigole plus : qu’il soit seul ou accom­pa­g­né par June Marieezy, l’ambiance est chaleureuse, vibrante, douce­ment bercée par la basse et les syn­thés de l’artiste phare de Roche Musique, le tout sur fond de couch­er de soleil.

Crédit : Sarah Bastin

Comme tout bon fes­ti­val qui se respecte, les Nuits Secrètes avaient elles aus­si leur instant dilemme : The Shoes ou Soul­wax ? On a finale­ment coupé la poire en deux en prof­i­tant des pre­mières min­utes des auteurs de Chem­i­cals. Et on a bien fait puisqu’ils ont attaqué leur con­cert avec les hits “Made For You” et “Drift­ed”, par­faits pour s’échauffer les genoux avant le show Soul­wax. Et quel show ! Dès notre arrivée, ça sen­tait le soufre sur la scène Jardin. Mais lorsque l’on con­naît le niveau des fran­gins De Waele pour faire danser toute une foule, ça n’a rien d’étonnant. La preuve avec ce pub­lic qui s’est lit­térale­ment enflam­mé en chan­tant “it’s not you, it’s the E‑talking (ok, c’était plus hurlé que chan­té, mais on en fris­sonne encore). Et quoi de mieux pour finir la soirée que la Bonaven­ture, hangar réha­bil­ité entre club et ware­house désaf­fec­tée. Le quatuor aus­tralien Aus Muteants ouvrait le bal sur les coups d’1h45. Du punk bien gras, sans fior­i­t­ure, le genre de son qui décom­plexe rapi­de­ment la foule et donne envie de sauter partout en jetant sa bière tiède dans les airs. Check !

Le lende­main, rebe­lote : bus, lieu per­du, grosse claque ! Cette fois-ci, c’est le duo Mans­field TYA qui s’est chargé de nous faire voy­ager. On ne sait pas si très bien si c’est la poésie de “Gilbert de Clerc”, la ryth­mique entê­tante de “Bleu Lagon” ou bien le cadre (une salle des fêtes à la lumière bleutée et aux fenêtres tamisées) qui don­nait un écho mys­tique à leur presta­tion, mais elles nous ont sacré­ment bien bal­adé. A tel point qu’on ne savait franche­ment plus où l’on habitait en sor­tant de là. Heureuse­ment, on a retrou­vé le chemin de la rai­son avec O. et sa pop déli­cate­ment sucrée. Décidé­ment, les par­cours secrets pour nous, c’est validé ! Mais en ce same­di soir, l’attraction venait surtout de la grosse madeleine de Proust que le fes­ti­val pro­po­sait. Et pour tout vous dire, on doit bien recon­naître qu’on a pris un sacré pied à réé­couter tous les tubes d’Alain Sou­chon et Lau­rent Voulzy, d’ “Allo maman bobo” à “Fille d’avril”.

O. Crédit : Sarah Bastin 

Mal­heureuse­ment, on loupera la poésie élec­tron­ique du Transsi­ber­ian de Thy­lacine, la faute à une queue franche­ment trop longue pour accéder à la scène Jardin, dom­mage. Par con­tre, il y en a un qu’on n’a pas loupé : Arnaud Rebo­ti­ni, l’homme aux syn­thés. Mas­sif, le gail­lard fait par­ler la poudre, trans­for­mant la Bonaven­ture en véri­ta­ble chau­dron. Ça fleu­rait bon l’acid, la sueur et la bière dans le hangar, et c’était ter­ri­ble­ment enivrant.

Le dernier jour avait lui aus­si son lot de sur­prise, à com­mencer par le fameux Grand Par­cours : qua­tre heures de balade pour trois con­certs et un repas à l’ombre des arbres. Et si on a repris énor­mé­ment de plaisir à danser sur François & The Atlas dans les gradins d’un théâtre, on a surtout été bluffé par le con­cert acous­tique de Bachar Mar-Khalifé, seul avec son piano. Quarante-cinq min­utes de poésie dont on s’est délec­té sans en laiss­er une miette. De retour sur le site du fes­ti­val, on a filé directe­ment à la Grande Scène. Car après la madeleine Souchon/Voulzy, les maîtres pâtissiers des Nuits Secrètes en pro­po­saient une nou­velle aro­ma­tisée punk/rock : Lud­wig Von 88 ! Sur scène, c’est tou­jours un joyeux bor­del : con­fet­tis, chap­ka, lunettes che­lous et gros riffs de gui­tare. L’avantage, c’est que le bor­del, c’est con­tagieux : le pub­lic était tout sim­ple­ment déchaîné, sans aucun doute heureux de retrou­ver leurs chou­c­hous après 15 ans d’absence. Après avoir réus­si à se sor­tir de la foule non sans quelques séquelles physiques, on s’est vite dirigé vers le Jardin pour pass­er faire un coucou à Mans­field TYA et pour finir le week­end en ten­dresse. Enlacé par la brise fraîche et déli­cate souf­flée par Feu! Chat­ter­ton, on a enfin réus­si à trou­ver le repos, le chill, le vrai. Que du bon­heur on vous dit !

Crédit : Jacob Khrist

Meilleur moment : on vous a par­lé du con­cert de Mans­field TYA sur les par­cours secrets ?

Pire moment : La queue pour la scène jardin lors du con­cert de Petit Bis­cuit… Du coup on a dû faire un trait sur le show du phénomène.

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