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16 janvier 2017

En direct de Rone à la Philharmonie de Paris

par Clémence Meunier

3, 2, 1… Atterissage. Le vaisseau Rone s’est posé dans le parc de la Villette ce samedi à Paris, dans la grande salle de la Philharmonie. Car si la musique d’Erwan Castex se voit souvent qualifiée d’aérienne ou de spatiale, la comparaison aeronautique n’a jamais été aussi justifiée : pour démarrer son concert, Rone a invité le trio à cordes Vacarme (duquel fait partie son violoncelliste habituel et ami Gaspard Claus) à imiter un atterrissage, faisant dégringoler les notes des deux violons et du violoncelle… Jusqu’au crash « Freaks », extrait du dernier album de Rone Creatures. Le morceau s’habille pour l’occasion d’accents presque dubstep, marquant le vrai début du concert après un tour de chauffe où s’est illustré l’excellent batteur John Stanier. Puis c’est au tour de François Marry de Frànçois & The Atlas Mountains de rejoindre la troupe, d’abord au chant sur « Quitter la ville » puis à la guitare.

François Marry – Crédits : Maxime Guthfreund – Philharmonie de Paris

Mais la grande star de la soirée – en plus d’un lightshow simple, sans lasers ni projections, mais sublime -, la collab’ parmi les collab’s, c’est Alain Damasio, débarquant comme un cadeau fait aux vieux fans de Rone, dont le rageur « Bora Vocal » est devenu une hymne. Il faut dire que le titre est fort : Rone y avait utilisé un enregistrement d’Alain Damasio se parlant à lui-même dans sa maison corse, alors en pleine recherche d’inspiration pour écrire son succès La Horde du Contrevent. Damasio interviendra ce samedi soir sur plusieurs titres, et notamment sur une nouvelle version de « Bora Vocal » – dans son nouveau texte gueulé à en faire grésiller le micro, il n’y est plus question de s’isoler pour créer, mais de s’ouvrir, comme un joli clin d’oeil au « tube » sorti il y a déjà onze ans. Un cadeau donc, mais aussi un sacré coup de culot : on ne pensait pas un jour entendre un mec hurler des « putain de merde » et autres divagations anti-système… Au beau milieu de la Philharmonie de Paris, plutôt habituée à la musique classique, aux musiques savantes et aux pas feutrés sur la moquette !

Ne pas prendre en compte le lieu dans l’appréciation du concert serait d’ailleurs une erreur, Rone ayant créé un spectacle spécialement pour la Philharmonie, s’amusant à casser les barrières entre électro, musique contemporaine et classique. Forcément, c’est beaucoup moins accessible que sur album, et si certains moments appelaient à la danse, cette soirée n’avait rien à voir avec une date en festival. Une aventure qui a peut-être gêné une partie du public, qu’on entendait notamment râler à chaque apparition d’Alain Damasio… Y compris à la toute fin, alors que toute la troupe (le trio Vacarme aux cordes, Joachim Latarjet au trombone, John Stanier à la batterie, François Marry à la guitare et Alain Damasio en conteur fou) se retrouvait sur scène pour un au revoir émouvant : « Bye Bye Macadam » en rappel, un petit bain de foule pour Rone et c’est déjà fini. Le trombone, en miroir du trio à cordes en tout début de concert, imite un décollage. Bye Bye Rone et merci. 

Meilleur moment : Entendre chaque petit bruit, chaque note de violon, chaque basse avec une des meilleures acoustiques dont on ait jamais profité.

Pire moment : Sentir qu’une partie de la salle ne décolle pas, et va même jusqu’à crier des « ta gueule » et « t’es bourré » quand Alain Damasio ne lâche plus le micro. 

L’intégralité du concert a été filmée par Culturebox : 


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