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27 juin 2016

En direct de Solidays 2016

par rédaction Tsugi

Solidays change. Les crop tops et les looks travaillés ont remplacé les sarouels boueux d’il y a dix ans. La toute petite et électronique Greenroom se retrouve rapidement envahie par de jeunes clubbeurs tandis que les concerts reggae de l’après-midi attirent de moins en moins de dreadeux. Et puis on n’y comprend plus rien au plan : des soundsystems ont été rajoutés ça et là, l’immense scène Bagatelle, le village associatif ou les toujours très bons stands de nourriture ont été déplacés, Dôme et Domino, autrefois chapiteaux de cirque, sont devenus des hangars à foin (odeur comprise)… Même les plus vieux habitués de Solidays pourront être désorientés par ces ajustements logistiques – une partie de l’hippodrome de Longchamp étant en travaux, le site a été décalé et agrandi, histoire de se sentir encore plus à l’aise alors que le festival a enregistré un record d’affluence (202 000 spectateurs en un week-end, tout de même!).

Alors oui, Solidays change. Mais pas tant que ça. Car ce qui fait l’identité de Solidays, c’est son ambiance et son engagement. Et ça, ça n’a pas bougé d’un iota : saynètes pro-PMA, discours de Bill Gates, conférence par Christiane Taubira (malheureusement copieusement huée alors qu’il était seulement question de parler de tolérance…), distribution de capotes, le tout rythmé par les cris des fous furieux sautant à l’élastique et par de nombreux festivaliers déguisés (respect à ces bénévoles ayant tenus au soleil avec leurs costumes en pilou pilou de grenouille, dragon et paresseux)… De quoi revenir chaque année sans même faire attention à la programmation.

©Rodrigue Davila

Enfin, un peu quand même : plusieurs beaux noms s’alignaient à l’affiche de ce Solidays 2016. Beaucoup de concerts, beaucoup d’ambiances différentes… On a tenté une sélection, au coup de cœur uniquement :

Techno, pas toujours pareil

Solidays s’ouvrant de plus en plus à l’électronique, ce n’est donc pas si étonnant si notre meilleur live du week-end n’est pas signé par un orchestre. Plutôt par un homme-orchestre : Arnaud Rebotini, qui occupe chaque centimètre de la mini-scène Greenroom avec son set-up live, passera une heure et demie à chauffer à blanc la foule compacte, entre bidouillages sur synthé et touches acid-techno. Un bonheur à s’en faire des courbatures, et la foule de n’y trompe pas : c’est bondé, et bon nombre de danseurs resteront tout le concert. La veille déjà, Louisahhh n’y allait pas de main morte avec un set techno décollant sur son « Friction » en duo avec Maelstrom. Le live The Shoes, avec ses visuels trop « lolilol », fonctionne quant à lui toujours aussi bien – on notera une certaine obsession de Guillaume Brière et Benjamin Lebeau sur « merci qui ? Merci Jacquie et Michel », mais ça ne nous regarde pas.

Côté tête d’affiche, la toute première à s’avancer sur la scène Bagatelle du festival s’appelle M83. Malgré un « Midnight City » obligatoire et toujours aussi beau, on sent bien l’influence de son dernier album Junk dans ce live du Français expatrié aux Etats-Unis – et ce n’est pas un compliment, les cuivres kitsches rivalisant avec le côté très mou du genou du live de Flume une heure plus tard. Pas de bol : en ce premier soir s’enchaînent deux de nos « bouses du mois », tandis que Boys Noize offrira un live plutôt inégal, s’amusant avec d’interminables montées pour ne jamais vraiment lâcher les chevaux – quant à Mr Oizo le lendemain, il a carrément abandonné son concert émaillé de « vous êtes des animaux » pour passer du Daft Punk. Ce seront les seuls déceptions du week-end.

« Hip-hop, c’est juste un esprit positif »

Si vous ne reconnaissez pas les paroles ci-dessus, il est temps de se refarcir la belle discographie d’Hocus Pocus. Car si le groupe français n’est pas prêt de ressortir un album, son MC 20Syl continue son petit bonhomme de chemin avec un tout nouveau projet : AllttA, un duo avec le rappeur de The Procussions J.Meideros. 20Syl s’y occupe de la production uniquement, mais pour ce premier concert officiel a repris le fameux « Hip Hop » de son premier groupe. C’était peut-être le seul morceau que les festivaliers connaissaient, Alltta n’ayant pour l’instant dévoilé que trois titre (un album est prévu à l’automne, mais on vous en reparle très vite). C’est souvent mal barré, un concert où personne ne connaît les morceaux. Et pourtant : chants en yaourt (il faut bien se débrouiller quand on ne connaît pas les paroles), bataille de foin, slam, bras en l’air et standing-ovation… Même le duo et son label On and On Records seront étonnés par cet accueil. Depuis la fosse, la surprise est moins grande : en une petite heure, 20Syl et J. Meideros ont dévoilé leur univers de la plus belle des façons, avec énergie et bonne humeur, s’offrant même une fin de concert reggae. A suivre de près donc.


Ça slam devant 20Syl et J. Meideros – © Clémence Meunier 

L’autre événement hip-hop du week-end n’avait lui plus rien à prouver : les Cypress Hill fêtent cette année leur 25 ans de carrière avec beaucoup, mais vraiment beaucoup, de jeux avec le public (la gauche contre la droite, on s’assied et on se relève, on lève les bras, on brandit de grosses « cigarettes bizarres qui sentent fort » comme dira une petit pitchoune après le concert…). Les tubes sont là, les pogos (!) aussi, pour un show à l’américaine très propre mais qui fonctionne.

Boulogne-Bamako

Autre fil rouge du festival : les sons africains. Avec le Nova Mix d’abord, qui a invité Pouvoir Magique notamment, pour trois heures de danse sous un chapiteau aéré – encore merci à Solidays de ne pas avoir survendu ses billets et nous laisser comme des sardines car, à part certaines fois à la Greenroom, jamais on n’a eu autant de place pour danser en festival. Les inspirations africaines se sentiront surtout le lendemain, pour un live exceptionnel signé St Germain. Il n’y a que là que l’on peut assister à un solo de flûte traversière ou à celui d’un percussionniste souriant jusqu’aux oreilles. De quoi se mettre de bonne humeur jusqu’à la toute fin du festival, signée Louise Attaque, qui heureusement n’a pas abandonné ses anciens tubes : « L’Invitation » résonnera dans l’hippodrome dès le début de leur concert. Nous, on a accepté l’invitation de Solidays, pas par erreur et sans se gourer dans l’heure… Et pour notre plus grand plaisir : Solidays change, en bien, s’ouvrant de plus en plus à différents styles et sans jamais se dépêtre de son ambiance conviviale. Et tant pis pour les nostalgiques des sarouels.

Meilleur moment : On se répète, mais assurément Arnaud Rebotini samedi soir.
Pire moment : La longue attente vendredi soir pour rentrer sur le site. Cela dit, c’est logique : le vendredi arrivent aussi bien les festivaliers d’un soir que les courageux et leurs passes trois jours – fouiller et valider les billets de tout ce petit monde prend un temps fou.

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