En direct des Nancy Jazz Pulsations 2016

Chaque année, lorsqu’arrivent les pre­miers jours d’automne et que cer­tains se sor­tent les plaids, à Nan­cy on branche les enceintes et on monte le chapiteau ! Pour sa 43e édi­tion, les NJP (Nan­cy Jazz Pul­sa­tions) con­tin­u­ent de faire le pont entre jazz et musiques actuelles. Du coup on a été voir si leur grand écart fonc­tion­nait tou­jours aus­si bien.

Vikings, raideurs cer­vi­cales et Tigrou

Arrivé le ven­dre­di soir, on file rapi­de­ment vers l’Autre Canal. La SMAC tout de rouge vêtue accueil­lait ce soir là Rocky, Naïve New Beat­ers et Las Aves. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui occu­paient la scène à notre arrivée, et ils ont été la bonne sur­prise de ce début de fes­ti­val. Du très M.I.A.-inspired “N.E.M” au titre éponyme de leur album “Die In Shang­hai”, leur pop élec­tron­ique gon­flée aux syn­thés et riffs de gui­tare et portée par la voix juvénile de la chanteuse s’est avérée être un remède par­fait con­tre les raideurs cer­vi­cales. Heureuse­ment pour nous d’ailleurs, car on a con­tin­ué à bal­ancer la tête toute la nuit.

Las Aves. Crédit : L’Epiphanographe (Dori­an Cessa)

De retour sur le site prin­ci­pal au milieu de la Pépinière de Nan­cy, on s’est frayé un chemin jusqu’à la scène du chapiteau où on a pu voir que la ref­or­ma­tion des Vikings de la Guade­loupe tenait toutes ses promess­es : après 50 ans de car­rière, le jazz créole cuiv­ré et col­oré à souhait des vieux brisquards d’Outre-Mer fonc­tionne tou­jours aus­si bien, idéal pour s’échauffer avant la fièvre du Mag­ic Mir­rors. Le Mag­ic Mir­ros ? C’est le club his­torique du fes­ti­val. Les NJP y avaient con­vié deux artistes par­faits pour un clos­ing : les fous furieux kraut-trance-noise de La Jun­gle d’un côté et le tech­ni­cien DDDXIE et son set-up à base de TR-808, 707 et autres syn­thés vin­tage de l’autre ! Autant vous le dire tout de suite : le bois du dance­floor a fail­li s’embraser. 

Caméléons, balade aqua­tique et Acid Arab 

Le lende­main après-midi, après avoir vu Pigalle par­ler musiques du monde et caméléons à une bande de bam­bins vis­i­ble­ment cap­tivée, on nous a pro­posé un par­cours atyp­ique qui valait claire­ment le détour : une balade dans l’aquarium de Nan­cy, un casque sur les oreilles. Et si le cat­a­logue marin de l’établissement vaut déjà le coup d’œil, il prend une toute autre dimen­sion lorsque Ghost of Christ­mas vous accom­pa­gne de sa pop déli­cate et pro­fonde. Immer­sion garantie ! On com­prend d’ailleurs à l’écoute de leur sin­gle “Awake” pourquoi le label de sieur Lau­rent Gar­nier a décidé de les signer.

Acid Arab. Crédit : L’Epiphanographe (Dori­an Cessa)

Une fois le casque ren­du, on a filé voir French 79 à l’Autre Canal. Fort d’un nou­v­el album (dont on vous dit beau­coup de bien dans notre dernier numéro), le Mar­seil­lais échap­pé d’Hus­bands et Nass­er s’est livré aux prouess­es qu’on lui con­naît der­rière ses syn­thés pour un set à la fois ten­dre et punchy, une sorte de romance acidulée entre pop et élec­tro. Mais la grosse claque de cette soirée c’est surtout Acid Arab qui nous l’a don­né. Ceux qui ont squat­té notre couv’ le mois dernier ont livré un live par­fait, à l’image de leur album, une tech­no mât­inée de sonorités ori­en­tales sans tomber dans le cliché, avec une men­tion spé­ciale pour le morceau “Le Dis­co” dont on a pu véri­fi­er l’efficacité incroy­able sur un dance­floor. On serait bien revenu voir le live de Car­pen­ter Brut après ce que l’on pen­sait être un sim­ple détour par le Mag­ic Mir­rors, mais lorsqu’on a décou­vert l’infatigable French79 der­rière les platines, on s’est dit qu’on resterait bien cinq min­utes de plus… Puis cinq autres… Et ain­si de suite, jusqu’au closing.

Meilleur moment : la balade domini­cale au milieu de la Pépinière avec le con­cert de Gallowstreet !

Pire moment : c’était Féfé ou Corneille sur la grande scène ?

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