Crédit : DGTL Photographers Crew

En direct du DGTL Festival à Amsterdam

par Tsugi

L’expérience DGTL Ams­ter­dam 2017 com­mence sur le fer­ry en route pour les docks de NDSM, un lieu coupé du monde. Mod­u­lar, Gen­er­a­tor, Fre­quen­cy… Ces salles aux scéno­gra­phies explo­sives sont prêtes à accueil­lir un pub­lic venu des qua­tre coins du monde. De renom­mée inter­na­tionale pour son line-up, son art et son engage­ment pour le développe­ment durable, le DGTL va nous offrir une aven­ture sans égal entre musique, sen­sa­tion et pro­duc­tion.

Le lieu est immense. On pour­rait divaguer entre les instal­la­tions en fonte sur fond de tech­no mais… Direc­tion le Fil­ter à 13h30. Le néer­landais Nacht­brak­er donne le ton “chill/frenchy”, démar­rant son set par le très célèbre “Shab­bat Jam” de l’artiste français Flabaire. On se croirait presque à la mai­son ! Deux­ième track, fini la rigo­lade. Au pro­gramme : tech­no obscure, chair de poule, et ce n’est que le début.

Crédit : DGTL Pho­tog­ra­phers Crew

14h15. Tra­ver­sée du “Machu Pic­chu”, pont métallique aux allures de sta­tion spa­tiale, comme le pré­cisent les fes­ti­va­liers, déjà au bout de leurs forces. Après la descente, place au décol­lage façon Fer­ro, l’Allemand aux sym­phonies cos­miques et rave.

On lâche les gazelles, qui arrivent au galop sur le set du féroce Be Svend­sen, trans­for­mant le Gen­er­a­tor en piste de danse ori­en­tale. Un chant nomade nous enveloppe, sur fond de tech­no groovy et expéri­men­tale. Cet assem­blage de tra­di­tions sonores nous offre un melting-pot tech­no : désert-cirque-shaman-cowboy. Un show que l’on pour­rait sous-titrer “50 nuances de gitanes”. Une prière intérieure, partagée par tous les danseurs sur la piste. La scéno­gra­phie bru­tal­iste provoque de gross­es vibra­tions qui font trem­bler la bat­terie, les cuiv­res. Et là, le titre “Man O To” de NU nous ensor­celle. L’avis du pub­lic ? “Le plus avec la house/deep house/tech house ? Sa com­plex­ité. Le nom­bre infi­ni de strates for­ment une com­po­si­tion si mag­nifique et com­plexe, tout en racon­tant une his­toire.” “Elle touche l’âme”, “Une con­vivi­al­ité vrai­ment méchante”, “Une mélodie qui enveloppe la scène et qui trans­forme les gens en ce qu’ils n’oseraient pas être”.

Joachim Pas­tor nous offre un set à base de champ lex­i­cal robo­t­ique et acide. Baam ! Fra­cas. Démo­li­tion. On se croirait au beau milieu d’une rave aban­don­née. L’adrénaline monte à coup de Sun­beam. Les afi­ciona­dos de la trance des années 2000 sont servis.

Le live du jour ? HVOB ! Bat­terie, gui­tare, syn­thés, ordi. Ce que l’on aime par-dessus tout ? Cette touche de voix fémi­nine chu­chotée, qui apporte fun et sen­si­bil­ité.

Crédit : Albane Chau­vac

Le B2B trop­i­cal house ? Notre bien con­nue Jen­nifer Car­di­ni et le dance­hall sur piano sué­dois d’Axel Boman. On groove sur le mythique MZ de Sascha Funke et s’en suit une tour­nure tout à fait excep­tion­nelle à la Sweet Dreams. Mais qui voilà ? Avec Skate­bard, on aime la barbe, et le new age dis­co. Jamais un Norvégien ne nous avait don­né aus­si chaud !

Chez Jere­my Under­ground, c’est la love gen­er­a­tion. Le Français démarre son set par “What’s The Use” de Tony Trout­man : un appel à la sen­su­al­ité et au corps à corps. On se tré­mousse, on se câline, c’est une poussée d’endorphines ! Les dernières min­utes se résu­ment en une “Fiesta-no-limit” où résonne “Some­thing For Your Mind” de Speedy J. Un seul mot d’ordre : fer­mer les yeux et vibr­er.

Après l’africano/bossa nova de Leon Vyne­hall et Ryan Elliott, il est déjà temps de rejoin­dre Ago­ria. C’est la jun­gle sous la Fre­quen­cy, le ton­nerre du sound sys­tem gronde et demain ne fera que nous ravir.

Crédit : DGTL Pho­tog­ra­phers Crew

DAY

Un wel­come back en grande pom­pes avec Black Cof­fee et sa house afropoli­taine au Mod­u­lar. On touche de près le marathon de la danse sur ressorts. Les stro­bo­scopes font échos à un rêve enchan­té. Black Cof­fee est comme le jaguar qui chas­se l’antilope sur de l’afrobeat. Séduc­teur rusé, musi­cien malin. Côté pub­lic, c’est la crowd du dimanche : arrosée.

Next : Motor City Drum Ensem­ble. Un vrai archi­tecte du son, manip­u­la­teur des tonal­ités. Dis­co time, c’est l’heure du Lin­da Lewis. La salle se trans­forme en piste de danse Soul Train. La ryth­mique endi­a­blée de Junior Senior et son “Move Your Feet” nous provoque. Un périple de Grand 8 sur une setlist tout à fait auda­cieuse. Motor City Drum Ensem­ble, oh oui ensem­ble !

Au Fil­ter, c’est Sun­day Funk : on se déhanche sur du Detroit Swin­dle, “I need some­one to boo­gie all night”. En haut des march­es, on mate le match des pros en pleine perf sonore. Mod­u­lar, 19h19, full house pour Mind Against. La recette du bon­heur ? Il suf­fit de pren­dre le beat, le cou­vrir de tout son corps et l’at­trap­er avec les yeux. Le Fil­ter se trans­forme en usine nordique à l’arrivée de Mid­land. Des airs de sam­ba, de la funk avec l’incontournable “Final Cred­its” et enfin le “Dis­co Cubizm” de I:Cube…

Le track de la révo­lu­tion est en marche pen­dant que DJ Koze nous cap­tive. “You wan­na stay”. Fin de week­end, on a les oreilles qui cha­touil­lent. Notre final : salle et scène bondées pour Dixon. 20h56. On voit rouge sur cette tech­no vrom­bis­sante. Des moments de break, des sonorités solen­nelles et graves à la Star Wars. Une con­clu­sion en clair/obscur sous des claps d’applaudissements.

Le DGTL lance son pro­pre label de musique, une affaire à suiv­re dans les prochains mois donc, et pour patien­ter sage­ment, cap sur les édi­tions 2017 du fes­ti­val : à Sao Paulo le 6 mai et à Barcelone le 11 août.

Albane Chau­vac Liao et Mélis­sa Blum

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