En direct du Festival Paris Music

Un petit marathon. C’est ce que nous avons vécu jeu­di pour assis­ter à la pre­mière journée (sur qua­tre) du Fes­ti­val Paris Music. Parce que oui, ce sont plus d’une ving­taine d’artistes qui se pro­dui­saient ce jour-là aux qua­tre coins de la cap­i­tale. Il a fal­lu donc faire des choix car nous n’avons mal­heureuse­ment pas le don d’ubiquité. L’éclectisme du line-up nous a cepen­dant per­mis de vari­er les plaisirs. 

Pre­mière des­ti­na­tion : le Petit Palais dans le VII­Ie pour enten­dre l’inclassable chanteur Albert Mar­cœur racon­ter de drôles d’histoires sous les cordes et les chœurs du Quatuor Béla (deux vio­lons, un vio­lon­celle et un alto). Entre envolées lyriques, moments de douceur et touch­es satiriques, ce spec­ta­cle — appelé Si oui, oui. Sinon, non — mêlant chan­son française et musique clas­sique détonne de par son originalité.

Puis direc­tion le VIe au Musée Delacroix pour écouter de la folk. Le jeune garçon Jim Bauer livre un live acous­tique guitare-chant très prenant en com­mençant par ses com­po­si­tions (allez jeter un coup d’oeil à son EP visuel The Mis­fit Boy ci-dessous, ça vaut le coup) et en finis­sant par quelques repris­es de James Brown notam­ment, chan­tant à tue-tête de son incroy­able voix soul et rocailleuse.

La nuit tombe et au risque de rater l’événement de la soirée, nous quit­tons les lieux (désolé pour Theo Lawrence) pour nous diriger vers l’église Saint-Eustache dans le Ier et voir le pro­duc­teur français Dream Koala accom­pa­g­né de l’orchestre Code (deux vio­lons, un vio­lon­celle, un alto et une flûte tra­ver­sière). Cette asso­ci­a­tion a vu le jour lors des Ren­con­tres Trans Musi­cales de Rennes en 2015 en com­pag­nie égale­ment de son pote Super­poze. On a bien fait d’y aller : Dream Koala et Code ont livré une per­for­mance épique, entamée par un “Ave Maris Stel­la” chan­té par des chœurs et qui s’enchaîne sur le cos­mique “Sat­urn Boy”. Pen­dant un peu plus d’une heure, Dream Koala (vêtu d’un kimono orné de coquil­lages et de per­les spé­ciale­ment créé pour l’oc­ca­sion), sa gui­tare et les musi­ciens nous trans­portent dans une autre galax­ie en jouant tous les morceaux des EPs Odyssey (le mag­nifique et planant “Archi­tect”) et Exo­dus (l’aérien “Dimen­sion Sleep­er”), avec toute la réso­nance spir­ituelle qu’offrait l’emblématique église parisi­enne. Des fris­sons. Une claque. Nous restons bouche-bée.

Pas trop quand même car il faut se ren­dre à un dernier check-point : la Rotonde dans le XIXe pour écouter de la musique un peu plus dansante. Le trio post-punk parisien None venant tout juste de ter­min­er, nous arrivons pour Maoupa Maz­zoc­chet­ti, pas­sion­né d’anciennes machines et de vieilles boîtes à rythmes, qui ter­min­era la soirée par des morceaux élec­tron­iques expéri­men­taux, ténébreux et incisifs.

Meilleur moment : Le con­cert divin de Dream Koala dans l’église Saint-Eustache.
Pire moment : Le groupe 3SOMESISTERS, pre­mier sur la liste de notre itinéraire, qui ne peut plus jouer car l’un de ses mem­bres est souffrant…

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