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10 octobre 2016

En direct du N.A.M.E Festival 2016

par rédaction Tsugi

Après avoir changé plusieurs fois de lieu au cours de ses douze années d’existence, le N.A.M.E Festival nous donnait cette année rendez-vous au port fluvial d’Halluin – à quelques kilomètres de Lille – pour deux soirées au line-up fourni. Minuit, le premier soir : on arrive tout pile pour le live de Recondite. En une heure de set seulement, le producteur allemand réussit à nous emmener vers des contrées sombres et mélodieuses dont lui seul a le secret. Derrière lui, des extraits du film inachevé de Henri-Georges Clouzot L’Enfer font danser Romy Schneider et Serge Reggiani sur de la techno ; mariage magique. On reste du côté de l’Allemagne par la suite avec un live de Stephan Bodzin qui nous fait la grâce de jouer pléthore de titres extraits de son excellent album Powers of Ten, sorti courant 2015. Pour l’avoir vu il y a quelques mois au Showcase, on comprend vite que son live gagne en grandeur dans de grands espaces et non pas en restant confiné dans un petit club parisien. Les deux immenses chapiteaux dressés à Halluin semblent donc être le théâtre parfait pour accueillir les expérimentations techno de l’Allemand. A noter que pour un festival outdoor, la qualité et la puissance sonore du N.A.M.E Festival le place sur la carte des très bons festivals ! Autour de nous, le public semble clairement prendre son pied, et cela fait plaisir à voir. Bien loin du public parisien – parfois altier, parfois blasé – les gens du Nord savent faire la fête sans se prendre la tête. Dans le chapiteau adjacent, le tube « Sorry I’m Late » résonne tandis que Kollektiv Turmstrasse s’escrime derrière ses platines. A Laurent Garnier, on préfèrera le tunnel technoïde d’un Ben Klock lui aussi en grande forme. Comme au cours de chacun de ses passages, les basses de l’Allemand font trembler notre cage thoracique et nous transperce de part en part.

Alors que les plus courageux sont allés s’ambiancer en guise de before à la Gare St Sauveur de Lille en fin de journée ou bien s’instruire aux différentes masterclasses proposées par le festival, on préfère de notre côté arriver frais comme des gardons pour choper Paula Temple dès le début de son set, en ce second soir de festival. Industrielle à souhait, la techno de la productrice nous fait bondir le coeur et grincer des dents. Temple est réputée pour ne pas faire dans la dentelle, et ce n’est pas cette soirée ardente qui changera la donne. Après des applaudissements fichtrement fournis, elle laisse sa place à une autre femme (les deux seules à l’affiche pour cette édition 2016) : l’inégalable Ellen Allien. La productrice mixe acid – et c’est évidemment ce que l’on attend d’elle – en vinyles, s’il vous plait; et clôture son set avec un excellent remix de « Die Roboter » de Kraftwerk. On accorde par la suite un petit moment d’attention à Rødhåd avant de finalement nous rabattre sur les paysages un peu moins torturés et un peu plus lumineux de Maceo Plex. D’ailleurs, tout le monde semble s’être donné rendez-vous sous ce chapiteau, laissant Rødhåd à moitié seul avec lui-même – cela avait au moins l’avantage d’être plus respirable que la veille ! Sous le second chapiteau, l’ambiance est à son paroxysme et personne semble vouloir s’arrêter de danser. Pour finir cette soirée en beauté, on s’enfile un burrito de l’enfer à la Cantina Mexicana puis on retourne rejoindre la petite foule qui s’entasse devant APM001. Bonne surprise de ce festival, les quatre DJs nous gratifient d’un « Dogma 1 » par Kölsch ft. Michael Mayer avant de nous dire au revoir de manière plutôt originale : avec « Il en faut peu pour être heureux » extrait du Livre de la Jungle. Un bon résumé de ces deux jours passés au N.A.M.E quoi !

Le pire moment : le manque cruel de points d’eau.

Le meilleur moment : le mec hilare qui explique à un fanboy de Garnier que ce dernier joue depuis deux heures sous l’autre chapiteau.

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