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16 décembre 2016

En direct du Polaris Festival 2016

par Nora Djaouat

Perché dans les montagnes suisses du val de Bagnes, Verbier accueillait du 9 au 11 décembre la deuxième édition du Polaris Festival, un tout jeune événement consacré aux musiques électroniques. Au programme de ces trois jours à haute altitude : Lil Louis, Moodymann, Dixon, Luciano, D’Julz et bien d’autres. On vous raconte.

Le main event du festival se déroule au Mouton Noir, un espace niché à 2200 mètres d’altitude offrant une belle vue sur les pistes enneigées. Le Mouton Noir étant accessible depuis le village par des télécabines, on a le droit à une rapide balade suspendue dans le vide. Le paysage qui défile est magnifique, et le village n’est maintenant qu’un ensemble de petits points.

Mieux que Uber ou le Vélib, la télécabine devient en quelques minutes notre moyen de transport favori pour aller faire la teuf. Une fois en haut, on se rend compte qu’il n’y a finalement que quelques pas à faire dans la neige pour rejoindre le festival. On aurait mieux faire de garder nos converses au lieu de prendre de grosses bottes de montagne fourrées – qui vont nous tenir chaud, très chaud. Et là, la magie de la montagne opère : certains festivaliers arrivent directement après leurs sessions de ski ou de snow, habillés de leurs encombrantes mais amusantes combinaisons. L’espace est plutôt vaste, le DJ booth est surélevé et fait face à la montagne. Même si la vue de la terrasse est magnifique, on regrette néanmoins la présence d’un espace chill out digne de ce nom.

Lil Louis – crédit : Laurent Reichenbach

Le premier jour, Lil Louis nous offre un voyage exceptionnel à la rencontre de la house originelle. Avec une énergie sans pareille – et un t-shirt enlevé au bout de quelques minutes, on ne perd pas ses bonnes habitudes – il dégaine des titres, certains très connus, d’autres plus confidentiels. Mais on retient surtout un morceau intriguant, où une voix répète inlassablement « It is house or is it techno ? ». Un vrai gimmick : Lil Louis l’utilise dans presque tous ses sets. Luciano, le parrain du festival et surtout DJ et producteur suisse à la renommée internationale, prend la suite. S’il est pourtant compliqué de se démarquer après la tornade Lil Louis, Luciano est bien conscient qu’il récupère un public survolté. Pas question de faire redescendre tout ce beau petit monde. Il continue dans la même lignée que son aîné avec de la house fine et parfois même tribale. Le soir, on décide de tester la version club du festival. Cap sur le Farinet, où joue en fin de soirée D’Julz. Firty Flav, pas franchement aidé par un soundsystem mal calibré, fait danser les premiers arrivants au son d’une techno un peu mollassonne. L’arrivée de Djerry C (le DA du D !Club) signe le vrai départ de la soirée. Pas de doute, il sait ce qui plaît au public suisse ! D’Julz, la tête pensante derrière le label Bass Culture, prendra ensuite la relève, pour deux heures de techno. Malgré une fin de soirée marquée par un set très bien construit, le Farinet est bien loin de la magie qui opère plus haut au Mouton Noir.

Laolu B2B Mirko Loko – Crédit : François Melilla

Le lendemain, Moodymann, accompagné de ses deux inséparables Moody Girls, commence son set sous un grand soleil. Il est presque difficile de regarder le producteur de Détroit s’affairer derrière les platines, mais on remarque cependant qu’il mixe avec son kit mains libres, fidèle à son image un brin « je-m’en-foutiste ». Son set fait écho à son récent DJ Kicks, plutôt downtempo et funk, avec parfois quelques beaux moments deep house. Alors que l’espace se remplit d’une lumière presque divine, Moody balance l’hymne nu disco « People’s » de LTJ Xperience. Certainement le plus beau moment du festival, ex-aequo avec Lil Louis bien sûr. Après cette parenthèse de deux heures sur la planète Moody, deux talents suisses se lancent dans un B2B enlevé. D’un côté il y a Mirko Loko – passé sur des labels comme Planet E, Desolat et même Border Community à ses débuts – et de l’autre, Laolu, qui puise ses inspirations aussi bien dans les rythmes africains que dans les classiques deep house. Les deux amis nous offrent un coucher de soleil particulièrement dynamique, entre tech house et techno. Laolu passera même son déjà célèbre edit de « Too Much Information » de Dele Sosimi Afrobeat Orchestra, sorti l’année dernière sur Innervisions. Un choix parfait pour préparer l’arrivée de Dixon.

Dixon – Crédit : Wolf Mike

L’Allemand, élu meilleur DJ par les utilisateurs de RA pour la quatrième année consécutive, est très attendu. Certains veulent voir s’il mérite vraiment son titre. Après un début sans forcément beaucoup de relief, il entame une deuxième partie plus psyché, à l’image de ce remix enchanteur par Radio Slave. Certains pensent que c’est le bon moment pour se faire livrer des pizzas : les gens commencent alors à se passer des cartons, et chacun est invité à prendre des forces. Ah la sympathie Suisse ! Les gens dansent, parfois une part pizza à la main, ils se font des câlins quand d’autres planent en solo, tout cela sous la nuit qui laisse apercevoir ses premières étoiles. Il est maintenant l’heure de redescendre voir ce que les clubs ont à nous offrir ce soir. Le festival affichant complet, les clubs le sont d’autant plus. Si bien qu’il est difficile de se frayer un chemin à l’Etoile Rouge pour aller voir Rare Movement et Bas Ibellini, et c’est le même constat pour Osunlade qui joue au Farinet. Qu’à cela ne tienne, on rentrera avec de très bons souvenirs de ce festival perché dans les montagnes suisses, toutefois un peu déçus d’avoir dû louper Richie Hawtin le lendemain pour ne pas rater notre avion.

Meilleur moment : Lil Louis et son « Is it Techno Or Is It House ». Apparemment ce titre sera présent sur son prochain album… Fingers crossed !

Pire moment : le mec qui s’est approché de Moodymann, alors en plein set, pour lui dire de mettre de la techno. Le respect est définitivement mort.

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