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13 décembre 2017

Entre musique électronique et contemporaine, on était au Marathon Festival 2017

par Estelle Morfin

Quatrième édition du Marathon à La Gaîté Lyrique cette année, on lui enlèvera d’ailleurs le substantif « Festival » qui lui précédait parfois puisqu’on parle bel et bien d’une série de concerts sur un seul soir. Mais toujours la même envie de voir se mélanger musique électronique et musique contemporaine voire répétitive, collaborations décoiffantes ou inattendues.

Quitte à laisser une partie du public perplexe cette année. Phénomène d’ailleurs plutôt compréhensible, si on regarde la programmation en diagonale, on peut lire : Carl Craig, Chloé, Bambounou,… La sauce a pris, les organisateurs ont annoncé complet assez vite. normal, on pourrait tout à fait croire, si on n’a pas creusé un peu ni assisté aux premières éditions, qu’une petite orgie techno se prépare entre les murs de la salle cubique du lieu (mais avant minuit tout de même). Et c’est manifestement ce à quoi s’attendait un bon tiers des personnes présentes dans la salle. Que nenni ! Il fallait mieux lire la présentation. L’ordre du jour était à la musique résolument hybride. On avait même été présents lors de la superbe apparition de Pierre Henry en 2015. Il fallait aussi venir tôt car dès 19h15, la productrice Chloé présentait en collaboration avec la marimbiste bulgare Vassilena Serafimova une performance hybride qui rendait hommage à Steve Reich. Mignon. Changement de plateau, le hall est occupé par Alcome et rempli d’enceintes Génélec pour un son en multidiffusion.

C’est au tour de Bambounou de prendre la suite dans la salle principale, pour son tout premier live. Petits bugs techniques aux premières notes, le live recommence du début sous les encouragements et les chamailleries de la salle. Chemise blanche au col boutonné qui ressort particulièrement sur un écran qui diffuse une forêt en mouvement, Bambounou balance quelques sons bien travaillés sur le plan du design et des salves d’éléments percussifs comme il affectionne. C’est là que tout se complique. Quelques minettes désarçonnées quittent la salle pour prendre une bière. “Il est pas en forme ce soir”. Mais non, c’est simplement un live, et certes l’exercice a l’air moins instinctif pour ce fer de lance du label 50Weapons, d’habitude si à l’aise derrière les platines, mais pas pour autant insignifiant. Une partie du public est largué, certains réclament une dose de kick. Le visage plutôt fermé, un peu déstabilisé, Bambounou termine. Dans le hall, l’ensemble Soundinitiative a pris le relai avec des pièces contemporaines, dont une création, Animal du compositeur Benjamin de la Fuente. Violoniste et violoncellistes jouent le pied droit dans une bassine de graviers, leurs chocs s’ajoutent à des bruitages de cartoon et aux roulements de la grosse caisse. Décalé comme on aime.

Mais Carl Craig est arrivé. Déjà présent à la première édition de 2014, il revient ce soir avec Versus Synthesizer Ensemble et sa mise en scène fumante, un vrai show à l’américaine avec coups d’éclats. L’originaire de Detroit trône au-dessus des quatre autres musiciens, sa silhouette au chapeau noire est projetée sur la toile de fond. Au-devant de la scène, le pianiste Francesco Tristano (autrefois membre d’Aufgang) est accoudé au piano. Happés par la scénographie on perçoit tout juste les notes de « Sandstorms », un des titres phares de Mister Craig. On oscille entre crescendi, drops et samples d’orchestre, et piano amplifié. C’est somme toute un peu grandiloquent mais il y a un juste dosage de kick et du reste, alors le public est plus réceptif. Quoique. Beaucoup ont en effet déjà quitté la Gaîté Lyrique lorsque Fabrizio Rat entre en scène avec son projet La Machina, en guise de dernière ligne droite de ce Marathon. On n’est pas persuadés du bien-fondé de cette association techno 4/4 et boucles de piano live un peu rudes, sur laquelle la soirée se termine, en s’essoufflant.

Meilleur moment : Une petite dame a amené son tricot, le sort entre les changements de plateaux. Clic clic. Marathon laine ?
Pire moment : Des « Allez lààà » à tire-larigot pendant Carl Craig. Et Bambounou. Et Fabrizio Rat. Et aux toilettes.

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