Entre musique électronique et contemporaine, on était au Marathon Festival 2017

Qua­trième édi­tion du Marathon à La Gaîté Lyrique cette année, on lui enlèvera d’ailleurs le sub­stan­tif “Fes­ti­val” qui lui précé­dait par­fois puisqu’on par­le bel et bien d’une série de con­certs sur un seul soir. Mais tou­jours la même envie de voir se mélanger musique élec­tron­ique et musique con­tem­po­raine voire répéti­tive, col­lab­o­ra­tions décoif­fantes ou inat­ten­dues.

Quitte à laiss­er une par­tie du pub­lic per­plexe cette année. Phénomène d’ailleurs plutôt com­préhen­si­ble, si on regarde la pro­gram­ma­tion en diag­o­nale, on peut lire : Carl Craig, Chloé, Bam­bounou,… La sauce a pris, les organ­isa­teurs ont annon­cé com­plet assez vite. nor­mal, on pour­rait tout à fait croire, si on n’a pas creusé un peu ni assisté aux pre­mières édi­tions, qu’une petite orgie tech­no se pré­pare entre les murs de la salle cubique du lieu (mais avant minu­it tout de même). Et c’est man­i­feste­ment ce à quoi s’attendait un bon tiers des per­son­nes présentes dans la salle. Que nen­ni ! Il fal­lait mieux lire la présen­ta­tion. L’ordre du jour était à la musique résol­u­ment hybride. On avait même été présents lors de la superbe appari­tion de Pierre Hen­ry en 2015. Il fal­lait aus­si venir tôt car dès 19h15, la pro­duc­trice Chloé présen­tait en col­lab­o­ra­tion avec la marim­biste bul­gare Vas­sile­na Ser­afi­mo­va une per­for­mance hybride qui rendait hom­mage à Steve Reich. Mignon. Change­ment de plateau, le hall est occupé par Alcome et rem­pli d’enceintes Génélec pour un son en mul­ti­d­if­fu­sion.

C’est au tour de Bam­bounou de pren­dre la suite dans la salle prin­ci­pale, pour son tout pre­mier live. Petits bugs tech­niques aux pre­mières notes, le live recom­mence du début sous les encour­age­ments et les chamail­leries de la salle. Chemise blanche au col bou­ton­né qui ressort par­ti­c­ulière­ment sur un écran qui dif­fuse une forêt en mou­ve­ment, Bam­bounou bal­ance quelques sons bien tra­vail­lés sur le plan du design et des salves d’éléments per­cus­sifs comme il affec­tionne. C’est là que tout se com­plique. Quelques minettes désarçon­nées quit­tent la salle pour pren­dre une bière. “Il est pas en forme ce soir”. Mais non, c’est sim­ple­ment un live, et certes l’exercice a l’air moins instinc­tif pour ce fer de lance du label 50Weapons, d’habitude si à l’aise der­rière les platines, mais pas pour autant insignifi­ant. Une par­tie du pub­lic est largué, cer­tains récla­ment une dose de kick. Le vis­age plutôt fer­mé, un peu désta­bil­isé, Bam­bounou ter­mine. Dans le hall, l’ensemble Soun­dini­tia­tive a pris le relai avec des pièces con­tem­po­raines, dont une créa­tion, Ani­mal du com­pos­i­teur Ben­jamin de la Fuente. Vio­loniste et vio­lon­cel­listes jouent le pied droit dans une bas­sine de graviers, leurs chocs s’ajoutent à des bruitages de car­toon et aux roule­ments de la grosse caisse. Décalé comme on aime.

Mais Carl Craig est arrivé. Déjà présent à la pre­mière édi­tion de 2014, il revient ce soir avec Ver­sus Syn­the­siz­er Ensem­ble et sa mise en scène fumante, un vrai show à l’américaine avec coups d’éclats. L’originaire de Detroit trône au-dessus des qua­tre autres musi­ciens, sa sil­hou­ette au cha­peau noire est pro­jetée sur la toile de fond. Au-devant de la scène, le pianiste Francesco Tris­tano (autre­fois mem­bre d’Auf­gang) est accoudé au piano. Hap­pés par la scéno­gra­phie on perçoit tout juste les notes de “Sand­storms”, un des titres phares de Mis­ter Craig. On oscille entre crescen­di, drops et sam­ples d’orchestre, et piano ampli­fié. C’est somme toute un peu grandil­o­quent mais il y a un juste dosage de kick et du reste, alors le pub­lic est plus récep­tif. Quoique. Beau­coup ont en effet déjà quit­té la Gaîté Lyrique lorsque Fab­rizio Rat entre en scène avec son pro­jet La Machi­na, en guise de dernière ligne droite de ce Marathon. On n’est pas per­suadés du bien-fondé de cette asso­ci­a­tion tech­no 4/4 et boucles de piano live un peu rudes, sur laque­lle la soirée se ter­mine, en s’essoufflant.

Meilleur moment : Une petite dame a amené son tri­cot, le sort entre les change­ments de plateaux. Clic clic. Marathon laine ?
Pire moment : Des “Allez lààà” à tire-larigot pen­dant Carl Craig. Et Bam­bounou. Et Fab­rizio Rat. Et aux toi­lettes.

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