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1 juillet 2015

Interview : Madben revient sur sa relation avec Astropolis, Detroit et son live

par rédaction Tsugi

Manu Le Malin est le personnage central d’un docu sur sa relation avec le Manoir de Keriolet. Tu es proche toi aussi des lieux mythiques d’Astropolis ?

J’ai eu l’occasion de jouer une fois à Keriolet, Astro y organise encore une rave par an là-bas, le lieu est fou et m’a donné l’impression de revivre les débuts de la scène bretonne, que je n’ai pas connu en tant que public parce qu’à l’époque je vivais dans le Nord de la France et que de toute façon j’étais trop jeune. J’ai pris une bonne claque là-bas, je jouais avec Ben Klock et Kenny Larkin, le plateau était chouette et l’endroit est juste magique. Aujourd’hui Astro se déroule au manoir de Keroual, parce que la capacité y est beaucoup plus importante, ça fait 3 ans que j’y joue et je m’y plais beaucoup, c’est la famille donc je ne peux qu’y passer un bon moment. 

Ton son est souvent comparé à celui des noms historiques et plus particulièrement à ceux de Detroit. Tu n’es pas très branché futur ?

J’essaie de garder cette vibe qui m’a touché quand j’ai découvert la techno étant jeune et qui me parait essentielle dans la musique que j’aime, de garder l’esprit des origines, amplifié par un sound design actuel. Le challenge est là, l’idée n’est pas de prendre des vieilles bécanes et de les faire sonner comme à l’époque mais davantage d’aller puiser dans ces origines, dans les sons de certaines boites à rythmes et de l’agrémenter avec des sonorités plus actuelles. La techno est un mouvement très cyclique, dans quasiment tout ce que l’on écoute aujourd’hui, que ce soit du côté allemand ou anglais, tous les grands mouvements actuels portent toujours l’héritage du Detroit des 90’s. A l’époque ils étaient vachement bridés par les moyens techniques et financiers, ce qui n’est pas notre cas aujourd’hui du coup, j’essaie de rendre hommage à ces origines tout en apportant de la nouveauté et de faire ce qu’ils ne pouvaient pas se permettre à l’époque. Mais je ne te cache pas que lancerai en fin d’année un side project qui sera un peu plus techno, sombre et violent. Il y a déjà un maxi de signé et deux autres qui suivront. 

Tu t’es lancé dans la techno sur le tard, en passant de promoteur à artiste. Comment ça s’est passé ?

J’ai organisé des soirées à Lille, étant étudiant à l’époque où je commençais à acheter mes premiers vinyles et à apprendre à mixer. 4 ou 5 ans plus tard je me suis installé dans le centre de la France pour mon premier boulot, un endroit où il ne se passait absolument rien niveau orgas. Ca m’a dégagé pas mal de temps libre, je me suis alors acheté mon premier clavier maître, mes premières machines et je me suis mis à composer mes premiers tracks, très naturellement. 

J’ai cru comprendre que tu préparais quelque chose de spécial pour ton live à Astro…

Oui, on a imaginé une scénographie différente de la version habituelle de Cymatics, je joue toujours dans une sorte de forme géométrique sur laquelle il y a des projections mais cette fois-ci, au lieu d’être horizontale, elle est verticale et fait un peu plus de 6 mètres de hauteur. C’est la première fois qu’on va la présenter à un public donc on est assez impatients. 

L’image c’est quelque chose d’important pour toi en live ?

Oui, on essaie de créer un univers, avec des visuels qui complètent ce que j’essaie de dire avec mes morceaux. Pour ça, je bosse avec Aurélien, un membre du crew Nature Graphique de Nantes, ils ont collaboré avec le festival Scopitone, et avec lui on a défini toute une identité visuelle propre à chaque morceau, avec des formes et des couleurs spécifiques. En live, je suis accompagné par Mr Nuage, qui lui est VJ. C’est un challenge intéressant mais qui en vaut la peine parce que le public a l’air réceptif.

Ce ne serait pas aussi ta façon à toi de ne pas être le centre de l’attention, un peu comme UR avec leurs cagoules ?

L’avantage c’est qu’avec les visuels tu captes l’attention des gens beaucoup plus vite et fort, il sont immergés directement dans l’univers que j’ai créé. Je ne cherche pas du tout à être le centre de l’attention, mais je ne me cache pas pour autant. il existe des jeux de transparence sur la structure qui me font parfois ressortir un petit peu et me mettent en scène mais la seule utilité est de servir le spectacle. 

Du coup toi tu es plus branché live ou DJ set ?

A la base je suis vraiment DJ, j’ai acheté mes premières Technics en 1999. Mon premier live je l’ai fait il y a trois ans, au début ça a été assez compliqué, j’avais une certaine appréhension mais il y avait une réelle demande du côté des orgas et du public. Proposer un live n’a pas été simple du tout au début mais aujourd’hui j’y prends beaucoup de plaisir, avec mon ingé-son on a réussi à créer un set-up très intuitif et très ouvert sur l’improvisation. Aujourd’hui, pour moi que ce soit en live ou en DJ set, je m’éclate de la même façon. 

 

Il y a quelques jours tu as sorti un disque chez Motech, c’est un peu un nouveau monde qui s’ouvre à toi, je sais que tu as choisi ton nom en hommage à Mad Mike et il se trouve que DJ 3000, le boss de Motech est un ancien d’Underground Resistance.

Oui, il apparait dans pas mal de compiles UR de l’époque, et c’est vrai que quand j’ai reçu un mail de sa part me disant qu’il voulait sortir mes morceaux j’étais super ravi. J’ai envie de dire qu’à un moment donné la boucle est bouclée et que j’en suis très heureux. 

Sur ce disque il y a pas mal de parties instrumentales, de samples de violoncelle etc. Ça te plairait de créer un live avec un orchestre ? 

Ce n’est pas du tout dans mes objectifs. Au niveau technique c’est vrai que c’est très intéressant mais je ne me vois pas du tout là dedans. Par contre je n’utilise pas du tout de samples, tout ce que l’on entend sur mes morceaux est joué (avec des plug-in) mais j’ai déjà engagé un cuivriste du Peuple De L’Herbe pour un morceau qui s’appelle « Dawn » et qui a été remixé par Terrence Parker. Tiens donc, encore un mec de Detroit…

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Madben sera présent à Astropolis le vendredi 3 juillet avec un live inédit et sortira une mixtape chez Time Has Changed avec un remix de Electric Rescue cet été, avant de dévoiler son nouvel Ep chez Astropolis Records prévu pour la rentrée. 

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