Ivan Smagghe nous parle des Disques De La Mort

La semaine dernière, Ivan Smag­ghe fêtait l’ar­rivée immi­nente de son label en jouant en back to back avec Daniel Avery au Rex Club. Un croise­ment de généra­tions. Deux garçons rap­prochés entre autres par un amour des groupes à gui­tares, New Order en tête. Nous sommes donc par­tis inter­roger le DJ français exilé à Lon­dres. Autant dire qu’il n’est pas facile de lui met­tre la main dessus, mais on a quand même réus­si à glan­er quelques répons­es. Rencontre. 

Tsu­gi : un grand mys­tère entoure les Dis­ques de la Mort, tu peux nous en dire plus ?

Je serai ten­té de dire non… j’aime bien l’idée désuète que les gens doivent :
1. Aller dans un mag­a­sin pour acheter un disque,
2. Ne sauront pas ce qui sera dessus.
C’est peut-être un peu réac­tion­naire mais je com­mence a croire que c’est de ca dont j’ai envie. Je suis loin d’être un snob du vinyle, là n’est pas la ques­tion, elle ne le sera jamais, les his­toires de for­mat je m’en tape. Ce qui nous intéresse plus, mon vieil ami Leon Oakey et moi, c’est l’i­nat­ten­du. je te ren­voie au petit texte:
 
“La musique qu’on aime, la musique qu’on déteste. Aus­si longtemps que ça ne s’ajuste pas. Jamais.
Il n’y a aucun intérêt à définir ce qu’on ne veut pas tuer. Le silence c’est la mort, on ne l’est pas.
45 tours, com­pi­la­tions mix­es, nou­veaux gamins ent­hou­si­astes, vieilles con­nais­sances, espèces rares, trucs obscures revenus de la tombe… N’attend rien de nous, tu serais déçu.
C’est la mai­son du non style. Le hasard comme atti­tude. La pollini­sa­tion croisée.
Tu seras que c’est un disque de chez nous à la pre­mière vue mais tu ne sauras pas com­ment il va sonner.
Ce site c’est nous, pas à pro­pos de nous.
Engoue­ments mort-nés, coups de gueules et colères, opin­ions, ragots, amour aux pre­miers abords.”
 
Donc voila. En dire plus serait dévoil­er mon jeu.

Les ital­iens de Mar­got seront les pre­miers à sor­tir sur ton label. Ils sont représen­tat­ifs des artistes avec qui tu vas travailler ?

La pre­mière sor­tie est en effet un morceau de Mar­got (déjà présents sur KTDJ), avec un remix d’Erol Alkan. La sec­onde, un jeune prodi­ge avec des remix­es de Zongamin et Richard Nor­ris. Vien­dront ensuite des réédi­tions (là je ne dis rien), des kids de Berlin remixés par Luke Abbot etc.

L’idée d’ ”artiste représen­tatif” est exacte­ment antin­o­mique a ce que je veux essay­er de faire. Encore une fois, si la per­son­ne qui a va écouter un maxi n’a aucune idée de ce qu’elle va enten­dre, tant mieux. J’aime trop de trucs dif­férents pour m’embarrasser d’une représen­ta­tiv­ité quelconque.

Le site du label sera une “plate­forme d’ex­pres­sion”. C’est à dire ?

C’est un work in progress. Je dirai juste que le site des Dis­ques De La Mort, qui n’est pas encore ouvert, aura un peu plus que les sor­ties. J’aimerais bien que ca devi­enne un petit forum pour les artistes et moi, puis d’autres, graphistes, design­ers, je ne sais pas… écrivains, poètes, poli­tiques et pas unique­ment un out­il de pro­mo­tion pour ven­dre des dis­ques. J’aimerais aus­si dire ou mon­tr­er des trucs. Dif­fu­sion d’une esthé­tique? Par­ler d’autre chose que de musique? on ver­ra. Tout sem­ble pass­er par les réseaux soci­aux aujour­d’hui et tout se perd. C’est peut-être un vœu pieux mais j’aimerais que les réseaux soci­aux ramè­nent les gens vers le site. Je ne sais pas, on aime aus­si bien l’idée qu’on avance un peu à l’aveugle.

Sinon, tu es tou­jours en train de courir partout non ? Tu te repos­es parfois ?

C’est quoi se repos­er? Oui, je dors, je lis, je regarde des films, “comme tout le monde”, j’es­saie peut-être juste aus­si de met­tre “ce qui n’est pas de la musique” dans LDDLM.

(Vis­ité 155 fois)