Crédit : Simone Arena - Simpol-Lab

Kappa Futur Festival : y’a pas que la Juventus à Turin !

Pour ceux nés durant les années 90, le nom Kap­pa risque cer­taine­ment de vous rap­pel­er cette mar­que de sportwear qui, à l’époque, fai­sait fureur dans les cours de récrés. Avouons‐le, c’était quand même la grande classe d’avoir un ensem­ble de survêts flo­qué du fameux logo de la mar­que ital­i­enne, et ce même quand il n’y avait pas sport ! Mais Kap­pa c’est aus­si le Kap­pa Futur Fes­ti­val qui prend place chaque été à Turin dans le mag­nifique Par­co Dora. Cette année, le fes­ti­val souf­flait ses 5 bou­gies et nous allons vous racon­ter cet anniver­saire hors norme.

Jour 1 : Chicago house & rave anglaise

À une cen­taine de mètres de l’entrée du fes­ti­val, pre­mière grosse claque : une immense struc­ture à l’architecture car­ac­téris­tique de l’ère indus­trielle se dresse devant nous. Quelques instants plus tard, on se trou­ve sous cette con­struc­tion, qui abrite la scène prin­ci­pale du fes­ti­val, où un Carl Cox lance le début des fes­tiv­ités dans la grande forme qu’on lui con­naît. Mais l’envie d’aller fureter sur le site du fes­ti­val est bien trop forte et nous par­tons donc à la décou­verte des autres scènes.

Au cours de notre excur­sion, on s’arrête devant la Burn Stage pour voir Hon­ey Dijon, une DJ trans­genre qui émer­veille lit­térale­ment notre pre­mière journée au Kap­pa Futur Fes­ti­val en pas­sant un remix de “Ain’t Nobody” de Rufus et Chakha Khan. On ne sait pas quel est son secret, mais après son pas­sage la foule était car­ré­ment en transe, et donc par­faite­ment dis­posée à accueil­lir The Black Madon­na. Les organ­isa­teurs ont‐ils fait exprès de pro­gram­mer les deux femmes suc­ces­sive­ment ? Très cer­taine­ment. Alors que la madone de Chica­go entame son set, l’énergie ne redescend pas, le pub­lic est en liesse, et Hon­ey Dijon se lance naturelle­ment dans quelques choré­gra­phies – elle est danseuse de pro­fes­sion. Sur chaque vocal, les deux femmes se ren­voient les paroles. C’est beau à voir ! Et sur ce bel instant de com­plic­ité, on file ensuite retrou­ver la Dora Stage où Glenn Under­ground et Boo Williams sont en B2B.

The Black Madon­na. Crédit : Simone Are­na — Simpol‐Lab.

Pas de doute, Chica­go est très bien représen­té au Kap­pa Futur Fes­ti­val ce soir ! Le groove de la Windy City embaume cette par­tie du fes­ti­val très arborée qui per­met d’ailleurs d’échapper un peu à la chaleur étouf­fante de cette pre­mière journée. Mais les deux DJs n’ont pas fait un mix hom­mage à leur ville d’origine, ils ont au con­traire pro­posé un large panora­ma de la house music, en sélec­tion­nant avec soin les anthems et pépites et en met­tant en avant la nou­velle généra­tion, comme lorsque Glenn a joué le fameux de “Glob­al Ero­sion” du duo Chaos in The CBD. Après cette belle incur­sion sur les ter­res chaleureuses de la house music, la journée se ter­mine avec Sasha et John Dig­weed aux com­man­des de la scène prin­ci­pale sur un set mélangeant tech­no et acid et res­pi­rant bon l’Angleterre des 90’s. Réso­lu­tion pour le lende­main : trou­ver un éven­tail, et se vêtir le moins pos­si­ble.

Jour 2 : mais qui est ce danseur fou ?

Le deux­ième jour, Mar­cel Dettmann fait danser les pre­miers arrivés sous la fameuse struc­ture. Il est 13h30 et c’est assez éton­nant de le retrou­ver sur un tel horaire, lui qu’on a plutôt l’habitude de voir au petit matin. Mais ce n’est pas moins appré­cia­ble, d’autant plus que son set pêchu aux accents par­fois break­beat per­met de se remet­tre dans le bain pour cette deux­ième et dernière journée à Turin. Après la tor­nade du Berghain, c’est le fameux papa Sven Väth qui est accueil­li par des applaud­isse­ments d’excitation. Et c’est là qu’on appré­cie tout par­ti­c­ulière­ment l’espace offert par le Par­co Dora – per­son­ne ne se bous­cule et cha­cun dis­pose de place pour danser comme bon lui sem­ble. Et tant mieux, car le set pré­paré par le vétéran demande beau­coup d’énergie pour le suiv­re. D’ailleurs, en par­lant d’énergie, il y en a un qui en a beau­coup à reven­dre : sur scène, un danseur fou s’amuse comme jamais et épate la galerie – cer­tains dis­ent que c’est Mike Vath, le frère de Sven, et on serait ten­té de les croire ! Après une défer­lante de tech­no, tan­tôt deep et tan­tôt plus funky, l’heure de Body & Soul a son­né !

Sven Väth… Et son frère ? Crédit : Simone Are­na — Simpol‐Lab.

Dan­ny Kriv­it, Joe Claus­sel et François Kevorkian ont com­mencé leur set à six mains lors de soirées bap­tisées Body & Soul au Vinyl club à New York à la fin des années 90. 20 ans plus tard, le club d’origine a fer­mé ses portes, mais le trio con­tin­ue d’aligner les galettes aux qua­tre coins du monde. Pour le Kap­pa Futur Fes­ti­val, Body & Soul clô­tu­rait la Dora Stage avec un mix de 7 heures. Alors, oui, bien sûr, on a été faire un tour sur les autres scènes, pour voir Âme et Dixon, mais aus­si Maceo Plex. Cepen­dant, le car­ac­tère unique de la presta­tion de Body & Soul nous a vite fait regag­né notre place ini­tiale, les bras lev­és avec bien sûr un éven­tail dans une main, et un grand sourire aux lèvres. Dan­ny, Joe et François se com­plè­tent à mer­veille, ils ont une belle pré­ci­sion de mix et une énergie qui se trans­met avec une fer­veur incroy­able. À les voir manip­uler les platines et les dis­ques, on com­prend qu’ils n’ont plus aucun secret pour eux. Et pour­tant ils nous sur­pren­nent disque après disque, allant de la house music fédéra­trice aux morceaux plus dark et tech­no. Jusqu’à la dernière minute, ils ont réus­si à main­tenir une ambiance chaleureuse, offrant ain­si au fes­ti­val une fin en grande pompe ! (Nora Djaouat)

Meilleur moment : Body & Soul, sans hésiter. On vous attend à Paris !

Pire moment : entre la bouffe de fes­ti­val vrai­ment pas ter­ri­ble et les piqûres d’insectes non iden­ti­fiés, on n’a pas pu tranch­er.

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