Skip to main content
Crédit photo : Marine Saiah
12 juillet 2017

La Douve Blanche, électro de château

par Adam Douieb

Animal Records organisait ce week-end la troisième édition du festival de La Douve Blanche à Egreville (Seine-et-Marne). Quelques têtes d’affiche et de jeunes artistes se sont partagés les deux scènes dans une atmosphère chaleureuse. Loin des grosses machines estivales, un petit millier de connaisseurs et d’exigeants se sont réunis pour faire la fête autour d’un superbe château.

On a tout juste victorieusement installé notre tente « 2 secondes » dans une clairière ensoleillée qu’il est déjà 18h30 et le duo Kodäma rassemble les premiers festivaliers devant la scène principale. On part échanger nos euros contre des tokens, la monnaie locale, et on fonce vers le food corner tenu par le chef d’Animal Kitchen, Antonin Girard. Burgers, desserts originaux, bar à huîtres, vin, tapas japonaises, le tout pour des prix raisonnables, royal quoi. Alors que l’on tourne tout autour du château, on croise un stand de tatouage, un autre de body painting en face d’une petite plage de sable fin. On est aussi impressionné par la scénographie et les décorations qui ornent les vieilles pierres de l’édifice.

Il fait une humidité tropicale et la chaleur ne retombe que tard dans la nuit quand on danse dans la douve. Malgré la brièveté de certains sets (quarante-cinq à cinquante minutes), les artistes de ce début de soirée profitent de l’ambiance intimiste du cadre pour établir un lien rapide avec le public. A noter un live express mais très réussi, ludique et enthousiasmant du duo OVHAL 44, suivi par une envoûtante Elbi qui a elle-même précédé la venue de la tête d’affiche de la soirée : Polo & Pan. Les deux musiciens ont livré un dj set de plus de deux heures. Passant certains de leurs titres (« La Canopée », « Nana », « Cœur Croisé »), ils migrent d’une électro très douce au hip hop et se permettent même un « Tonton du Bled » de 113. Il est déjà presque quatre heures du matin, le DJ Tell prend les commandes et fera la clôture de cette première soirée alors qu’il faisait jour depuis longtemps.

Sieste.

Crédit photo : Marine Saiah

Samedi, il est midi. Gramophiles a pris les platines et tâche de réveiller les lève-tard. Dans la douve, comme dans le camping, ça y est, on se connaît tous. Le petit nombre de festivaliers (à peine 1500) et la disposition des scènes tout autour du château nous a permis de nous balader et de rencontrer beaucoup de monde. Le docteur Rémy Roy, propriétaire du château, nous a même accordé quelques minutes dans l’après-midi dans sa cour d’honneur pour expliquer ce qui le motive à accueillir un événement pareil : « Je n’ai pas acquis cette demeure pour m’enfermer dedans avec ma famille, je veux faire vivre cet endroit ». A propos de la programmation musicale, cet excentrique châtelain en habits multicolores nous confie ne pas être un fin connaisseur en musique électronique. « Mais c’est un genre qui a l’avantage de me faire danser des heures en me faisant perdre la notion du temps ». Il écoute, regarde, découvre, fier de ce rassemblement et ravi de recevoir dans ce domaine dont il a fait l’acquisition « à l’occasion du nouveau millénaire » il y a un peu plus de dix-sept ans.

Les londoniens de Otzeki ont été très bien accueillis par le public en cette fin d’après-midi sous le signe du rock. Après quelques pogos à l’ancienne provoqués par le concert des hollandais de Birth of Joy, une douche (très froide) s’impose avant de débuter la seconde soirée.

Agar Agar. Crédit photo : Marine Saiah

De nouveaux arrivants n’ayant pas pu se libérer le vendredi soir entrent sur la propriété et rejoignent leurs amis arrivés la veille. La nuit est presque tombée quand le jeune duo Agar Agar, de Cracki Records, joue « Cuidado, Peligro, Eclipse ». Par leur musique et leur jeu de scène, les deux Parisiens réalisent un live impressionnant d’intensité. A la scène Chenil, les DJ-sets des habitués des lieux (Mr Bovary, CLM) assurent très bien les transitions et les concerts s’enchaînent.

Il est presque huit heures du matin. L’équipe de Pardonnez-Nous, Saint-James et Pomrad ont tous satisfait les curieux (re)venus découvrir des artistes dans ce lieu très spécial de Seine-et-Marne. C’est la joyeuse bande de Rondpoint qui ferme les festivités sur un « Lovely Day » de Bill Withers plein d’amour. Le jour est levé, les derniers survivants sentent bien les grosses gouttes de pluie qui annoncent l’orage, peu importe. Il fallait profiter de ces dernières minutes de fête.

Dimanche en début d’après-midi, les DJs ont placé les platines à l’entrée du camping. Ça parle musique, bonne bouffe, de cet agréable week-end déjà terminé. Ceux qui n’étaient jamais venu lancent des « à l’année prochaine », comme ceux à leur place l’an passé. On a entendu un festivalier résumer : « Ici, c’est du bouche à oreille pour la bouche et les oreilles ». Confirmé.

Meilleur moment : Le dernier quart d’heure du concert de Agar Agar, puissance et majesté.

Pire moment : Dimanche après-midi, il fallait rentrer à Paris pour se noyer dans le métro.

Visited 29 times, 1 visit(s) today