©Benjamin Juhel

La passion de Kid Francescoli : l’Olympique de Marseille

Entre deux con­certs com­plets et en pleine pré­pa­ra­tion d’un nou­v­el album, le Mar­seil­lais Math­ieu Hocine, alias Kid Francescoli, nous racon­te sa pas­sion dévo­rante pour le club de foot de sa ville, dont l’un des joueurs lui a même offert son pseudo.

Arti­cle issu du Tsu­gi 146 : Ascen­dant Vierge, généra­tion désen­chan­tée, disponible main­tenant en kiosque et à la com­mande en ligne.

 

À onze ans je jouais au foot dans un petit club de mon quarti­er à Mar­seille. Il a organ­isé une sor­tie pour aller voir OM-Rovaniemi en Coupe d’Europe. C’est la pre­mière fois que j’allais au stade. C’était en 1988. J’ai eu de la chance, car c’était au début des années Tapie. Donc tu aimes le foot et dans le club de ta ville arrivent Wad­dle, Papin, Francescoli, Boli, Moz­er. Le rêve. Ma pas­sion pour l’OM a démar­ré comme ça. Enfant, je ne vivais que pour l’OM. À l’époque, il y avait beau­coup moins de sources d’information. Mon seul deal­er de news sur l’OM, c’était la lec­ture tous les matins du quo­ti­di­en Le Provençal. Je fonçais direct à la page des sports, je lisais l’interview de Papin où j’apprenais qu’untel était sus­pendu pour le prochain match, ça me fai­sait la journée. Aujourd’hui, tu pass­es trente min­utes sur Twit­ter et tu as cinq infos sur le club. J’ai le sou­venir aus­si d’être allé tous les jours au mag­a­sin Inter­sport à côté de chez moi pour deman­der si le nou­veau mail­lot de l’OM était arrivé jusqu’au moment où le vendeur qui était saoulé m’a dit qu’ils ne l’avaient tou­jours pas reçu parce que le trans­fert de Maradona était en train de se faire et que cela impli­quait un mail­lot dif­férent. J’étais sor­ti de la bou­tique excité comme un fou. C’est pour dire à quel point cela me rendait gaga. Main­tenant, ça s’est un peu calmé, mais ça reste un plaisir sans cesse renouvelé.

 

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Il ne se passe pas une journée sans que je ne pense à l’OM. Si tu veux vivre 24h/24 OM, il y a de quoi, c’est un club qui te donne tou­jours à manger. Je suis abon­né au stade et quand je suis à Mar­seille et qu’il y a un match, j’essaie d’y aller. Il y a eu des saisons un peu com­pliquées, où on se retrou­vait dans les gradins avec les potes à plus dis­cuter de ce que l’on avait fait la semaine que de regarder ce qu’il se pas­sait sur le ter­rain. Mais depuis l’arrivée de Sam­paoli (l’entraîneur argentin de l’OM depuis mars dernier, ndr), le plaisir de voir de beaux matchs avec de belles actions, du sus­pense et une ten­sion dra­ma­tique, est de nou­veau présent. C’est là où tu te dis que le foot quand c’est comme ça, c’est quand même pas mal. Ce qui est beau avec ce sport, c’est que tu as l’impression que le temps s’arrête pen­dant le match, en le vivant au stade, c’est encore plus puis­sant. Le mag­nétisme du moment présent, c’est ce qui compte. C’est pour cela que l’OM n’est pas une source d’inspiration. Il n’y a pas de lien avec ce que je fais. Cela me per­met de repos­er mon cerveau par rap­port à la musique qui est sans arrêt au cen­tre de ma vie. Et pour moi l’avant et l’après-match sont presque aus­si impor­tants que le match lui-même. Avec mes amis, on se retrou­ve au moins deux heures avant le coup d’envoi, et on reste une heure encore après la fin pour débriefer. J’adore aus­si toute l’ambiance aux abor­ds du stade, cette espèce de bor­del organ­isé. Main­tenant, si le même soir, scé­nario cat­a­stro­phe, il y avait mon con­cert au Madi­son Square Gar­den et l’OM en finale de la Ligue des cham­pi­ons, je crois que je met­trai de côté mon fanatisme bleu et blanc pour vivre à fond ce qui serait une sorte d’accomplissement personnel.”

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