L’autre passion de…Dominik Eulberg

Pro­duc­teur tech­no, Dominik Eul­berg est avant tout un amoureux de la nature. Ornitho­logue, il vit reclus dans les bois au milieu des oiseaux qu’il étudie avant de partager ses décou­vertes dans la presse et sur ses albums.

 Enfant, je n’avais pas la télé, je vivais dans la nature, dans les bois, c’était mon élé­ment. J’écoutais les oiseaux, j’observais les plantes et les papil­lons, toute la faune et la flo­re autour de moi. C’était mon diver­tisse­ment. Puis j’ai étudié la biolo­gie à l’université de Bonn avant de tra­vailler comme ranger dans un parc nation­al. Je me suis pas­sion­né pour la nature bien avant de m’intéresser à la musique, mais pour moi les deux sont très liés : les oiseaux sont les musi­ciens les plus pop­u­laires de la nature. Ils exis­tent depuis des mil­lions d’années. Ils font de la musique depuis bien plus longtemps que nous et c’est sûre­ment en les imi­tant que nos ancêtres ont com­mencé à en faire, ils ont inspiré telle­ment de poètes et de musi­ciens au fil du temps.

J’ai tou­jours adoré le fait qu’il y ait autant de dif­férences entre les espèces d’oiseaux, des plus petits aux plus imposants comme les péli­cans, et qu’ils n’étaient jamais lim­ités face aux élé­ments : ils peu­vent nag­er, marcher, vol­er ou plonger. Celui qui me fascine le plus est le mar­tinet noir qu’on appelle aus­si le Apus apus. Il vit entière­ment dans les airs, il y dort, il y boit, il y mange, il s’y repro­duit. C’est assez extra­or­di­naire ! Le mar­tinet noir vit env­i­ron vingt ans, pen­dant lesquels il par­court 4,8 mil­lions de kilo­mètres, l’équivalent de six allers-retours de la Terre à la Lune ! Aujourd’hui je suis tou­jours act­if dans des organ­i­sa­tions de pro­tec­tion de la nature, j’écris des arti­cles dans des mag­a­zines alle­mands spé­cial­isés. Je vis dans une réserve naturelle, per­du au milieu des bois, et de chez moi, sim­ple­ment en regar­dant à tra­vers la fenêtre j’ai une vue sur un lac qui me per­met d’observer plein d’oiseaux, aqua­tiques notam­ment, comme des cor­morans. Au fil des ans j’ai pu compter plus de 200 espèces rien que depuis mon salon.

J’ai appris à trou­ver le bon­heur dans la nature et c’est la clé vers un monde plein de mir­a­cles. Où que je sois, j’entends des oiseaux et je sais qu’il y a plein de nou­velles choses que je peux explor­er. C’est quelque chose que je con­sid­ère comme mon plus grand tré­sor, parce que si je ne savais rien là-dessus, comme beau­coup de gens, je ne ver­rais que des arbres et des pier­res et aucun des secrets de la nature. Pour moi c’est le mode de vie le plus facile et le moins coû­teux pour prof­iter de tous les bon­heurs de la vie et c’est ce que j’essaie de mon­tr­er aux gens. C’est une par­tie inté­grante de moi désor­mais et cela transparaî­tra tou­jours dans ma musique, je com­pose pas mal de mes morceaux à par­tir de chant d’oiseaux en les enreg­is­trant.

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