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20 septembre 2016

L’autre passion de… Richie Hawtin

par rédaction Tsugi

Extrait du numéro 95 de Tsugi (septembre 2015)

Si on ne présente plus Richie Hawtin, on sait moins que c’est un amoureux fou de saké. Au point d’avoir lancé sa propre marque et même d’avoir été adoubé « saké samouraï » en 2014. 

« Depuis tout petit, avant même la musique, j’ai toujours été fasciné par le Japon. Quand j’ai enfin eu la chance de pouvoir m’y rendre en 1994, à l’occasion d’un live de Plastikman au Liquid Room à Tokyo, j’étais nerveux et excité. Pour un Occidental, découvrir l’Extrême-Orient est toujours très surprenant : le système de lecture et d’écriture, l’attitude des gens, tout est différent. J’étais intrigué et je voulais tout savoir de ce pays étrange. J’ai donc suivi les gens rencontrés sur place qui avaient leurs habitudes afin de pénétrer cette culture. Et je suis tombé sur du saké.

En général, la première rencontre avec cet alcool de riz, hormis au Japon, n’est pas une bonne expérience. J’ai moi-même vécu cette première confrontation ratée : c’est très fort, c’est chaud, ça donne la migraine. Sans plus. Mais là-bas, j’ai découvert un saké qui ne voyage pas jusqu’en Europe, raffiné et de qualité, j’étais complètement ébloui. Pour la plupart des Japonais, j’étais fou, car c’était l’alcool de leurs parents, une boisson pour vieux qui manquait d’exotisme, ils préféraient les bières et les cocktails.

En 2008, j’ai appris qu’il y existait des cours pour devenir spécialiste. C’était il y a presque dix ans. L’académie était à Tokyo et le programme me semblait amusant : pendant une semaine la seule chose que j’avais à faire était de boire et de voyager entre les brasseries. Au final, je me suis révélé beaucoup plus intéressé que je ne l’avais prévu. Le cours le plus percutant était celui sur le déclin de cette industrie. La plupart des brasseries étant tenues par des familles, certaines depuis plus de 250 ans, la perte de cette tradition à court terme serait un désastre non seulement pour elles, mais également pour le pays. Or, pour que le saké survive, il devait s’ouvrir au marché extérieur et trouver de nouveaux amateurs. J’ai pensé que la musique me permettait de faire découvrir cette curiosité à une génération plus jeune. Mais personne ne semblait penser de cette façon.

Ma première idée en 2009, directement après ces cours, était d’ouvrir un bar japonais à Berlin. On en avait déjà construit la moitié avant que je prenne la décision d’annuler. J’étais la seule personne passionnée dans l’équipe et je n’allais pas arrêter ma carrière musicale pour rester derrière un comptoir à Berlin… Je devais trouver un concept me permettant plutôt de lier le saké à mes projets, l’importer dans les clubs à l’occasion de soirées par exemple. En 2012, on a commencé à imaginer les soirées Enter à Ibiza, qui consistaient à entrer dans le monde de Richie Hawtin, et le saké en faisait partie. Au fur et à mesure de ces dates, une communauté grandissante d’amateurs de cet alcool est née. Au point que pendant l’hiver, certains me demandaient comment obtenir des bouteilles, car ils adoraient ça. Ayant la logistique et les contacts avec des brasseries, on a décidé de créer Enter Saké en tant que société d’importation.

Depuis ce premier cours, je suis retourné à l’académie pour une seconde session l’année dernière et mon enseignement sera complet à la fin de mes dernières leçons en septembre. Mais en 2014, le gouvernement japonais m’a sacré « saké samouraï » à Kyoto. Ce prix est remis à ceux qui agissent comme des ambassadeurs du Japon lors d’une cérémonie traditionnelle. J’étais très honoré de recevoir cette récompense parce que le saké est une passion incroyable et profonde. Comme la musique, c’est quelque chose auquel je suis lié pour le reste de ma vie. »

Richie Hawtin sera au Rex Club le samedi 1er octobre pour une soirée Enter.Sake

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