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L’histoire derrière “10 000 Hz Legend”, l’album le plus ambitieux de Air

Il y a 20 ans, le légendaire duo Air, for­mé par Nico­las Godin et Jean-Benoît Dunck­el, sor­tait un disque qui jusqu’ici reste le plus com­plexe de leur discogra­phie. 10 000 Hz Leg­end est aujourd’hui réédité grâce à la tech­nolo­gie Dol­by Atmos, une expéri­ence sonore voire sen­sorielle qui lui offre une sec­onde jeunesse, en écoute exclu­sive sur Apple Music jusqu’à sa sor­tie offi­cielle le 5 novem­bre. À cette occa­sion, Tsu­gi a ren­con­tré JB Dunck­el et Bruce Keen, l’ingénieur du son enrôlé lors de cette épopée.

Pro­pos recueil­lis par Syl­vain Di Cristo.

Revenons en arrière, au pas­sage à ce nou­veau mil­lé­naire. À cette époque où la planète craint un bug sans précé­dent, la France est au cen­tre des atten­tions musi­cales, notam­ment grâce à cette vague French Touch qui défer­le sur le monde. Au côté des Daft Punk pour ne citer qu’eux, un autre duo s’impose en fer de lance de ce mou­ve­ment. Il s’appelle Air, et ses mem­bres fon­da­teurs, Nico­las Godin et Jean-Benoît Dunck­el – Ver­sail­lais d’origines, Parisiens d’adoptions – sont en train de définir les con­tours d’une musique d’avant-garde. Avec cette pop séduisante et léchée, flouant tou­jours plus la fron­tière entre sonorités analogiques et numériques, ils posent les jalons d’un style qui plus tard en inspir­era plus d’un. Ce mariage orig­i­nal des gen­res exploré dès leur pre­mier album, Moon Safari, paru en 1998, leur per­met rapi­de­ment de jouir d’une cote aus­si élevée que leurs amis masqués, en France, comme à l’étranger. Juste­ment, pour leur disque suiv­ant, la paire s’envole aux États-Unis.

Là-bas, une cer­taine Sofia Cop­po­la, qui, comme son père, va se lancer dans la réal­i­sa­tion de longs-métrages, les réclame pour se charg­er de la bande orig­i­nale de son film Vir­gin Sui­cides (2000). En résulte un deux­ième essai, partageant son titre avec l’œuvre visuelle qui, même s’il fonc­tionne bien en France, décon­te­nance un peu les Anglais. Quoi qu’il en soit, les frenchies sont au top de leur forme. Ils mul­ti­plient les con­certs et cro­quent à pleine dent les joies que cette vie peut leur offrir. Tout ça, jusqu’à revenir en stu­dio pour la con­cep­tion de 10 000 Hz Leg­end. Avec cet album que la major Vir­gin a accep­té de pro­duire, Nico­las Godin et Jean-Benoît Dunck­el se retrou­vent dans une sit­u­a­tion inédite : com­ment se renou­vel­er ? Que vont-ils bien pou­voir pro­pos­er pour qu’à nou­veau leur musique évolue et que leur pub­lic soit sur­pris ? Main­tenant que le décor est plan­té, place à la dis­cus­sion avec les acteurs concernés.

C’était l’apogée de notre car­rière : on était au top.” Jean-Benoît Dunckel

 

Pourriez-vous me pré­cis­er un peu le con­texte de ce disque ? Dans quel état d’esprit étiez-vous ? Vous aviez déjà sor­ti Moon Safari qui était un gros suc­cès, puis The Vir­gin Sui­cides

Jean-Benoît Dunck­el : Avec ce film, on a voy­agé aux États-Unis et on a ren­con­tré Bri­an Reitzell, le « music super­vi­sor » de Sofia Cop­po­la, qui est aus­si bat­teur, assez rock d’ailleurs. Il nous a présen­tés à d’autres musi­ciens, ceux de Beck notam­ment. Dès le départ, on voulait faire un pro­jet spé­cial, grand, psy­chédélique, ultra spa­tial. On avait envie d’essayer d’exploiter au max­i­mum nos instru­ments élec­tron­iques, mais aus­si met­tre de l’orchestre et con­vi­er de nou­veaux inter­venants. C’est pour cela que Justin Meldal-Johnsen, Roger Joseph Man­ning Jr. et Beck jouent sur ce disque. C’est un pro­jet multifacette.

On dit de cet album que c’est le plus expéri­men­tal que vous ayez fait. Vous aviez cette volon­té de pro­pos­er quelque chose que vous n’aviez jamais essayé ? De vous dépasser ?

JBD : Oui. On avait renon­cé à faire un sin­gle radio qui puisse pass­er en Angleterre ou en Europe. On voulait juste créer la musique la plus sur­prenante et pro­fonde pos­si­ble pour vrai­ment inscrire l’album dans le temps. On savait que, poli­tique­ment, ça allait sûre­ment désta­bilis­er nos fans et la presse. Mais c’était ça ou mourir : faire un « Moon Safari 2 » aurait été bien accueil­li en Angleterre, mais on serait mort ensuite. On n’aurait sus­cité aucun intérêt. Puis avec le groupe, avant Moon Safari, on était à Paris, dans nos dis­ques et ce qu’on con­nais­sait de la musique… Mais après, on a telle­ment voy­agé et décou­vert de choses. Que ce soit à tra­vers les con­certs, les ren­con­tres avec d’autres artistes, les live télévisés, les fes­ti­vals… On voy­ait tous ces trucs qui se pas­saient autour de nous et ça a stim­ulé notre imag­i­na­tion : on était en 3D, en pleine ébul­li­tion. On avait vrai­ment cette volon­té de touch­er à tout. 

 

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Côté ingénieur son, vous deviez suiv­re cette envie-là ? Innover peut-être aussi ?

Bruce Keen : Non, ils avaient déjà une idée très pré­cise de ce qu’ils voulaient. Les artistes sont totale­ment à l’origine de ce qu’on retrou­ve sur la bande. C’était évidem­ment incroy­able d’aller à Capi­tol pour enreg­istr­er les cordes, de se ren­dre à Bomb Fac­to­ry et enreg­istr­er les mag­nifiques bat­ter­ies, de cap­tur­er la voix de Beck au Sound Fac­to­ry d’Hollywood… C’est vrai qu’on était dans des con­di­tions démentes. Puis c’est la pre­mière fois qu’on se libérait de la bande et qu’on se ser­vait de Pro Tools, ça avait un côté nova­teur. Bon, on ne l’utilisait pas encore avec les plug-ins et tout ça, mais plus comme un mag­né­to­phone où c’était facile de déplac­er, de monter…

On était fasciné par le son « fat » : les énormes drums et sons d’orchestres. On voulait de la puissance.”

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Peut-on dire de ce disque qu’il est une syn­thèse entre la tech­nolo­gie la plus pointue que vous ayez eue à ce moment-là et vos envies expérimentales ?

JBD : Oui. Tout a com­mencé au petit stu­dio Apol­lo de la rue de l’Abbé Gré­goire à Paris [lieu où ont aus­si été enreg­istrés L’in­croy­able vérité (2001) de Sébastien Tel­li­er et Ana­log Worms Attack (2000) de Mr Oizo, ndlr], où l’on a fait la struc­ture. Ensuite, nous sommes allés à Los Ange­les pour enreg­istr­er des orchestres et faire d’autres pris­es. Juste après le retour de notre tournée et l’aventure The Vir­gin Sui­cides, je me sou­viens de l’état dans lequel j’étais… On reve­nait de deux ans où l’on a joué nos précé­dentes œuvres et j’avais envie de créer des choses nou­velles. Cette fois, avec Nico­las, on voulait pro­pos­er quelque chose de nova­teur. Ça tombait bien : la pro­mo s’était sta­bil­isée et on pou­vait rester à Paris. Tous les jours, on bos­sait, puis on ren­trait voir nos familles. Après dîn­er, on retour­nait tra­vailler. On par­tait hyper tard, ce qui n’était pas au goût des voisins qui nous le fai­saient savoir ! Je me sou­viens aus­si que, lorsque Michael Stipe [chanteur et paroli­er de R.E.M., ndlr] est venu nous voir, il était choqué que nous soyons dans un truc tout petit, bizarre… Il ne com­pre­nait pas pourquoi on pas­sait autant d’heures en stu­dio. Lui, ou de façon plus générale, tous les grands groupes anglais, s’enferment au max­i­mum un mois. Ils enreg­istrent et puis c’est ter­miné ! Nous, c’était hyper long. Le proces­sus a duré un an et demi. D’abord rue de l’Abbé Gré­goire, puis on a été à Los Ange­les, ensuite je crois qu’on a refait des pris­es à Paris, et encore après, le mixage…

BK : Même si je con­nais­sais Air, je n’étais pas trop dans la pop à l’époque. Lorsqu’ils m’ont par­lé de leur pro­jet, j’étais très sur­pris de la direc­tion souhaitée : j’ai eu l’impression qu’ils voulaient faire les nou­veaux Pink Floyd. J’ai décou­vert petit à petit les morceaux. Que tout prenne sens au fur et à mesure, ça don­nait beau­coup d’inertie au pro­jet. On était vrai­ment dans un truc d’énergie qui était très impres­sion­nant à l’époque.

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Art­work

 

À pro­pos du Stu­dio Apol­lo, Julien Doubey, l’un des assis­tants de l’époque, se rap­pelle : « Avec mon col­lègue Julien Mar­ty qui a beau­coup bossé sur l’album, nous étions impres­sion­nés par l’importante col­lec­tion de syn­thés et boîtes à rythmes vin­tages ; un vrai musée et rêve de geek. Au départ, il n’y avait pas d’ingés son et c’est nous, les assis­tants, qui fai­sions les séances et les branche­ments. Nico­las et JB n’avaient pas de rit­uels par­ti­c­uliers, sauf peut-être Jean-Benoît qui venait sou­vent s’entraîner au piano clas­sique, seul. Ils étaient très com­plé­men­taires : JB aux claviers et Nico­las aux gui­tares et bass­es. »

 

 

 

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Avec cet album, vous aviez donc un objec­tif défi­ni. Est-ce que vous aviez le sen­ti­ment de l’avoir atteint une fois ce dernier sorti ?

JBD : Oui, mais on était déçus des cri­tiques. Les Anglais, par exem­ple, par­laient de « prog-rock », alors que ce n’était pas du tout ça. On ne voulait pas non plus faire du « rock blues », mais vrai­ment de la musique élec­tron­ique psy­chédélique. On avait l’ambition d’inventer un nou­veau style de musique élec­tron­ique, hyper spa­tial — même si c’est très pré­ten­tieux dit comme ça. On était fasciné par le son « fat » : les énormes drums et sons d’orchestres. On voulait de la puissance.

On était en pro­mo au Japon et pen­dant une émis­sion un gourou était là. Une spec­ta­trice lui demande : « L’album de Air à paraître, il va marcher ? » Et il lui répond : « Un petit peu main­tenant, mais beau­coup dans le futur. »

Êtes-vous sat­is­faits de cet album ?

JBD : Oui. Je me sou­viens d’une anec­dote mar­rante. On était en pro­mo au Japon et pen­dant une émis­sion un gourou était là. Le pub­lic lui posait directe­ment des ques­tions. C’était plus un médi­um en réal­ité, il avait des sortes de visions. D’un coup, une spec­ta­trice lui demande : « L’album de Air à paraître, il va marcher ? » Et il lui répond : « Un petit peu main­tenant, mais beau­coup dans le futur. »

BK : Ah ! Un vrai médi­um quoi !

 

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Une fois sor­ti, est-ce que cet album vous ouvre des portes ? 

JBD : Oui, pour les con­certs. Je me sou­viens qu’à l’époque, on ren­con­tre le tourneur de Beck. Il l’était aus­si pour Nir­vana. Il avait en tête cette idée de nous faire jouer à mort, mais vrai­ment à mort ! Un jour, il se pointe et nous dit : « Si vous voulez, pen­dant deux ans vous tournez comme des malades. Vous partez, vous aban­don­nez votre famille pour enchaîn­er comme des fous, et je vous promets qu’au bout du compte, vous serez des stars inter­na­tionales. » Le mec était un Ital­ien mafieux, qui avait une voix un peu grave… On lui a dit : « Non, tant pis, on ne sera pas des stars internationales ! »

Comme pour tous les albums de Air, celui-ci est extrême­ment bien pro­duit. Le son est super élé­gant. Aujourd’hui il ressort en Dol­by Atmos. Qu’est-ce qui change ? Est-ce que cela vient com­pléter quelque chose, ou au con­traire, est-ce une sorte de bonus qui per­met une écoute unique ?

BK : Atmos n’a pas le même effet selon les pro­jets. Pour celui-ci, la com­bi­nai­son à la fois de l’orchestre, des chœurs, de la harpe, des bois, de toutes les voix qu’on a ajoutées, donne une réelle spa­tial­i­sa­tion. Quels que soient les dis­ques de Air, ils sont tous spa­cieux, mais là, on en prend vrai­ment con­science. La con­fig­u­ra­tion des enceintes per­met de mieux dis­tinguer les élé­ments : les cordes par rap­port à la bat­terie, d’entendre les voix et les chœurs, les flûtes…

Gildas Loin­tier (ingénieur Atmos présent lors de cette inter­view) : En 2016, on a com­mencé à rassem­bler les archives de Air avec Warn­er pour les restau­r­er. L’idée avec ce nou­veau mix, c’était vrai­ment de respecter l’œuvre orig­i­nale au niveau sonique et d’aller au-delà. C’est-à-dire de se servir de l’immersion dans la con­ti­nu­ité de l’album, sans que cela soit un gad­get Dol­by, où il y aurait des effets dans tous les sens.

L’idée prin­ci­pale était donc de le ren­dre encore plus spacieux ?

BK : Oui, sans rajouter de choses. C’est un album qui est rel­a­tive­ment sec et on voulait garder cet effet. C’est tou­jours bizarre de dire que c’est spa­tial­isé tout en étant sec, mais je crois qu’on ressent vrai­ment ça. « Spa­cieux » n’est pas un syn­onyme de « réver­béré ». On devait donc respecter ce côté sec en le ren­dant gros, rajouter du “fat­ness” au son.

Jean-Benoît, qu’avez-vous pen­sé en écoutant cette réédition ?

JBD : Je me suis dit que l’Atmos révélait l’album. C’est comme si le son avait dor­mi pen­dant 20 ans et qu’il attendait que la tech­nolo­gie évolue pour enfin sor­tir dans sa vraie version.

« On savait que, poli­tique­ment, ça allait sûre­ment désta­bilis­er nos fans et la presse. Mais c’était ça ou mourir : faire un “Moon Safari 2” aurait été bien accueil­li en Angleterre, mais on serait mort ensuite. » Jean-Benoît Dunckel

Ce résul­tat ressem­ble à ce que vous aviez en tête il y a 20 ans, quand vous imag­iniez ce disque ?

JBD : On voy­ait un truc hyper spa­tial, fat, quelque chose d’orchestral, mais élec­tron­ique, avec des morceaux qui ont toutes les direc­tions pos­si­bles. Des titres hyper planants, lents… La force de notre propo­si­tion à ce moment-là, c’est que c’était psy­chédélique : de la musique de drogue, ultra trip­pante, sauf qu’on ne con­som­mait rien. On voulait cul­tiv­er cette fas­ci­na­tion pour des sonorités entre le rêve et la réal­ité. Le résul­tat est empreint d’une cer­taine beauté, avec de mag­nifiques har­monies — d’où l’utilisation des orchestres et des chœurs. On avait tou­jours le fan­tasme de faire le plus beau morceau pos­si­ble, le plus émou­vant. Qu’il soit entre la musique de film, la musique élec­tron­ique et le rock. Je crois que cet album syn­thé­tise un peu tout ça. Après, grâce aux tech­ni­ciens et ingés, on a pu se libér­er de toutes les con­traintes tech­niques. C’était une chance énorme. En plus, on avait les moyens de le faire, grâce à Vir­gin, et on pou­vait voy­ager partout. C’était l’apogée de notre car­rière : on était au top. Après il y a eu 2001 avec le 11-Septembre et on est passé à une autre phase. Le monde et la société ont changé, les maisons de disque aussi.

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20 ans plus tard, qu’est-ce que ça vous fait de réé­couter 10 000 Hz Leg­end ?

JBD : Quand j’entends un album de Air, je ne me con­cen­tre pas sur le son. Mon cerveau se remé­more plein de choses. Je nous revois en train d’enregistrer, d’aller au stu­dio et après revenir chez moi pour m’occuper de mes enfants… Je me rap­pelle de Beck qui était là, je l’entends chanter. Quand il rigole, je me sou­viens de pourquoi. Je me revois rue du Cherche-Midi quand on déje­u­nait au restau­rant, ou alors quand on était à Los Ange­les, qu’on par­tait le matin de l’hôtel… Enfin, voilà, ce ne sont que des visions comme ça. Ça sort com­plète­ment de l’artistique : je m’imagine un monde de réal­ités que je revis. C’est comme regarder un film de son enfance. C’est au-delà du son. Quand j’ai réé­couté l’album, je me suis dit que cer­tains pas­sages étaient extrême­ment beaux : des pris­es de son, l’orchestre… L’émotion aus­si, des moments me touchent vache­ment. Après, mon côté per­fec­tion­niste ressort, « non, mais ça, ça ne va pas, c’é­tait qua­tre fois, ça aurait pu être trois ». Je reste égale­ment con­va­in­cu qu’on aurait pu faire plein d’autres choses. En 20 ans, tu changes com­plète­ment. À ce moment, j’étais quelqu’un de légère­ment dif­férent, et comme si tu ren­con­trais une autre per­son­ne, tu peux même devenir fan du toi de l’époque.

C’est le cas ?

JBD : Oui, je crois que je suis en train de devenir fan de moi-même ! (rire)… Ou plutôt de Air. Je veux surtout dire que l’al­bum ne m’ap­par­tient plus du tout, et que si c’é­tait à refaire, je ferais un truc totale­ment dif­férent aujour­d’hui… Et on pour­rait très bien ne pas ren­con­tr­er le suc­cès, même s’il était “meilleur”, parce qu’à l’époque on sen­tait qu’il fal­lait le faire comme on l’a fait, c’é­tait le moment, le pub­lic était dans une cer­taine attente. On a l’im­pres­sion que si on le refai­sait avec les moyens d’au­jour­d’hui, avec ce qu’on sait main­tenant, alors il aurait encore plus de suc­cès, mais peut-être qu’il n’in­téresserait per­son­ne parce qu’il serait hyper froid, déplacé, hors contexte…

Appréciez-vous ce qui a été fait ?

JBD : Ah oui, bien sûr, je suis hyper con­tent d’avoir vécu tout ça. Avec Air, le groupe, je sens quand même ce côté un peu ras­sur­ant : il fonc­tionne tout seul, il fait par­tie de l’histoire de la musique. Enfin, c’est peut-être pré­ten­tieux de dire ça, mais c’est l’im­pres­sion que j’ai aujour­d’hui… Puis 10 000 Hz Leg­end a ce truc unique : c’est l’album le plus col­lab­o­ratif de Air. On avait cette volon­té de s’arracher du son orig­inel. Avec ce disque, on était plus que seule­ment deux mecs, on était un groupe.

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