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28 novembre 2016

Need For Speed, Miyazaki et A$AP Rocky : le grand écart Mura Masa

par Valentin Cebron

Il y a une dizaine de jours, le jeune Britannique Mura Masa jouait en live à Paris au Trabendo. On en a donc profité pour le rencontrer. C’est dans une ambiance détendue qu’Alex Crossan nous a entre autres parlé de son adolescence geek, de sa dernière collab’ avec A$AP Rocky et de ses futurs projets.

Tu as seulement 20 ans et déjà une réputation grandissante sur la scène électronique. Comment as tu commencé la musique ?

Je pense que tout a commencé à l’âge de 13 ou 14 ans. En grandissant, j’ai eu plusieurs groupes de punk et de rock. Mais la musique électronique m’est venue un peu plus tard, entre 16 et 17 ans. J’ai beaucoup écouté James Blake et des artistes dans le genre.

Tu as aussi un grand penchant pour le hip-hop…

Pendant mon adolescence, j’ai pas mal écouté Mos Def. J’ai aussi beaucoup joué aux jeux vidéo comme Need For Speed où les bandes-sons étaient essentiellement composées de musique hip-hop. Je me souviens d’ailleurs d’un morceau qui m’a marqué, c’était le fameux « Get Low » de Lil Jon and The East Side Boyz. Tu te souviens de ce track ? (rires)

Ton nom d’artiste, Mura Masa, possède une forte consonance japonaise. Dans ta première mixtape Soundtrack To A Death (2014), il y a beaucoup de samples venues d’Extrême-Orient. D’où vient ton attrait pour cette culture ?

J’ai pas mal été baigné dans les dessins animés japonais. J’ai également grandi en jouant énormément aux jeux vidéo nippons. Mon vif intérêt pour cette culture vient de là. En fait, c’est juste un thème, une ligne directrice que j’ai choisi pour débuter. Ces sonorités asiatiques sont venues se greffer à mon projet musical et plus particulièrement dans ma première mixtape.

Des exemples d’animés ?

J’avais l’habitude de regarder des dessins animés du genre très « punk » à l’image de Cowboy Bebop. J’ai tout naturellement adoré tout l’univers de Studio Ghibli et du réalisateur Miyazaki.

Ta première mixtape est sortie sur Jakarta Records (label allemand chez qui on a pu croiser Anderson .Paak, Kaytranada ou Ta-Ku, ndlr.) et ton premier EP Someday Somwhere (2015) sur ton propre label Anchor Point Records. Comment expliques-tu ce changement ?

Les équipes de Jakarta sont entrées en contact avec moi après avoir écouté quelques uns de mes morceaux de l’époque. Ils souhaitaient soutenir et sortir mon prochain projet. J’ai bien entendu accepté à condition qu’ils s’occupent des vinyles et de toute la distribution de manière globale. Mais après ça, j’ai en quelque sorte voulu utiliser mes propres moyens pour sortir de la musique. Une certaine volonté d’indépendance malgré mon jeune âge, d’où la création d’Anchor Point Records. Trois artistes aujourd’hui en font partie : Bonzai, le groupe Jadu Heart et moi-même.

D’ailleurs la chanteuse Bonzai semble te suivre depuis un long moment (en feat. sur « Know Me Better » de la première mixtape). Vous travaillez souvent ensemble (notamment sur des morceaux du premier EP ou le récent titre « What If I Go ») et on la voit également lors de tes concerts. Comment l’as-tu rencontrée ?

C’est l’une de mes meilleures amies. On s’est rencontré il y a quelques années, à travers un ami en commun, à Londres, et on s’entend à merveille. J’aime beaucoup ce qu’elle fait et c’est réciproque. On travaille vraiment bien ensemble, c’est pourquoi on a décidé de collaborer sur pas mal de projets. Mais il est temps pour elle de bosser sur ses projets solo. Elle ne joue plus en live avec moi car elle tourne actuellement avec Flume. En plus de ça, elle prépare un premier album. Du coup c’est une autre amie, Fliss, qui chante lors de mes lives.

J’ai l’impression que dans tes clips tu essaies esthétiquement de ramener une touche un peu old-school, vintage. Est-ce une partie de ton identité en tant qu’artiste?

C’est vrai que j’aime particulièrement tourner au film, à la pellicule. Ca donne un côté plus cinématographique. Je trouve ça très honnête et j’aime beaucoup la texture qui se fond bien avec ma musique. Cette image, ce que je souhaite donner à voir est quelque chose de complètement assumé et conscient. Le réalisateur de « U », « What If I Go » et « Love$ick » est d’ailleurs un ami, Yoni Lappin (qui a également fait des clips pour Ben Khan et NAO, ndlr.). 

La première mixtape était plus hip-hop/trap (« Shibuya », « Lotus Eater ») comparée à ton premier EP qui, tout en partageant les mêmes ambiances, semble amener une touche assez pop. As-tu voulu rendre ta musique plus accessible au grand public ?

Non pas vraiment… J’ai composé et sorti Soundtrack To A Death très rapidement, entre deux et trois semaines. Aujourd’hui, je passe beaucoup plus de temps à créer un titre. Ce ne sont plus seulement des beats améliorés mais de vrais morceaux. Je pense que c’est la principale évolution. Par ailleurs, mes récents morceaux restent empreints d’une grande influence hip-hop.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

C’est toujours assez difficile de répondre à cette question. (Il sort son téléphone de sa poche et dévoile sa playlist Spotify). Alors Sigur Rós, The xx, Volcano Choir, Childish Gambino, Death Grips, Yung Lean, Bon Iver, S Club 7 (rires) 

Le dernier morceau que tu as sorti est une reprise de ton propre titre « Lovesick » sauf que cette-fois ci, A$AP Rocky vient y rapper dessus. Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Il a écouté l’originale de l’EP et a vraiment accroché. Je cherchais justement quelqu’un pour lâcher des couplets sur ce morceau. Et tout le monde sait qu’il est très bon. Je l’ai donc contacté et on s’est retrouvé à Londres pendant quelques heures dans les studios de l’Abbey Road. Il a balancé quelques freestyles et je l’ai ainsi enregistré.

Tu as aussi récemment partagé quelques démos que l’on pouvait télécharger gratuitement. Est-ce de bonne augure pour la sortie de ton premier album ?

Oui, carrément ! Il sortira l’an prochain, en 2017. J’ai composé et enregistré cet album un peu partout à travers le monde, entre mes dates de tournée. Tout rassembler et mettre en forme m’a pris du temps. J’ai passé également plusieurs mois, seul avec moi-même, à la campagne juste en dehors de Londres. Il est presque fini et j’en suis très content. Cet album est la création la plus complète et aboutie de tout ce que j’ai pu sortir précédemment.

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