On a passé notre samedi soir dans un hôtel avec Basile Di Manski

Artiste label­lisé Pain Sur­prise depuis près d’un an, Basile di Man­s­ki se pro­dui­sait ce week-end dans l’in­tim­ité totale d’une cham­bre de l’hô­tel Les Bains à Paris. Au cinquième étage de cet étab­lisse­ment de luxe, l’artiste livrait une per­for­mance longue de dix heures durant lesquelles des petits groupes de cinq à huit per­son­nes entraient et sor­taient de la pièce toutes les trente min­utes. Tsu­gi a eu la chance de pou­voir entr­er dans ce petit boudoir pour une ses­sion en début de soirée.

C’est la douce caresse d’un son de clavier qui nous accueille lorsque nous pous­sons la porte de cette petite pièce qui n’est ni une salle de con­cert, ni un bar, ni un grand hangar. Nous sommes bien dans une cham­bre d’un hôtel parisien (Les Bains, Paris IIIe) dont les rideaux beiges sont tirés et la lumi­nosité lim­itée. Basile di Man­s­ki nous adresse un “Bon­soir” à l’im­age de sa musique, sen­suel et tendre.

Un groupe de trois jeunes filles prend le lit d’as­saut, à nous le canapé en velours rouge, face à Basile. Sur la table basse, quelques SAS, la série de romans éro­tiques d’es­pi­onnage de feu-Gérard de Vil­liers, annon­cent une atmo­sphère ambiguë chère au chanteur. Lui est en place depuis déjà qua­tre heures. Autour de lui, une gui­tare clas­sique, deux élec­triques, une basse Höfn­er (celle qu’u­til­i­sait Paul McCart­ney avec les Bea­t­les) et un amon­celle­ment de claviers, pédales de loop, MPCs et de boîtes à rythmes. La salle de bain, très proche du lit, dégage de la vapeur à cause de la baig­noire, rem­plie d’eau. “Un type a pris un bain pen­dant le con­cert tout à l’heure”. Il nous inter­pelle et une dis­cus­sion de présen­ta­tion s’en­gage. Basile nous emmène alors dans son univers calfeu­tré, secret et fam­i­li­er à la fois, avec un pre­mier titre : “Black Lim­ou­sine”, un inédit ! On se retrou­ve un peu dans la peau du prince Malko Linge, le per­son­nage de SAS, agis­sant dans l’om­bre des boudoirs des puis­sants en séduisant leurs maîtresses.

Au milieu de ce chill absolu, Basile créé une con­nex­ion entre lui et nous, nous racon­te l’his­toire de ses chan­sons, notam­ment de “Chas­ing You”, qui fera par­tie de son album à paraître et qu’il décide de nous jouer en exclu­siv­ité : “Vous avez remar­qué, dans les clips de RnB ou de Rap, les artistes racon­tent à quel point ils gag­nent de l’ar­gent qu’ils savent plus quoi en faire. Moi du coup, j’ai fais une chan­son sur le fait que ben… j’aimerais bien avoir un peu plus d’ar­gent et que je cours tou­jours après, un peu comme si j’es­sayais en per­ma­nence de séduire une femme inac­ces­si­ble”. On en revient encore à l’éro­tisme et la cour­tisaner­ie. Depuis une ou deux chan­sons, les trois jeunes filles sur le lit der­rière nous sont alignées à plat-ventre, les coudes ser­rés et la tête dans les mains, les yeux bril­lants, défini­tive­ment séduites.

Basile lâche sou­vent ses claviers pour se saisir de ses gui­tares. Il nous fait cadeau de quelques solos bien sen­tis et chante même avec sa gui­tare clas­sique. Après presque une demi-heure de con­tem­pla­tion et de fan­tasmes mélodieux, note hôte con­clue sa presta­tion avec “Sto­ry Of A Mag­nif­i­cent Blowjob”, issue de son EP In Cam­era, comme pour attein­dre un cli­max con­tem­platif à la fin d’une ses­sion privée beau­coup trop courte.

Meilleur moment : les solos floy­di­ens de Basile.
Pire moment : Les bal­ances auraient pu être meilleures, les petits amplis crachaient à chaque kick, c’est dommage…

Basile di Man­s­ki sera en con­cert au Macum­ba (Paris) le 23 févri­er et au Fes­ti­val Cabourg Mon Amour le 29 juillet.

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