On a pêché la relève de la musique indé en Norvège (1er épisode)

Le Grand Nord, ça a tou­jours un côté fasci­nant, mais se retrou­ver par grand vent sous des avers­es de neige fon­due à déam­buler dans une ville où la pinte avoi­sine les 10€, il a fal­lu se motiv­er un peu. Oslo, cap­i­tale d’un pays (la Norvège) qui a eu la sym­pa­thie de livr­er au monde Jaga Jazz­ist, May­hem et Todd Ter­je, a pour­tant de quoi se la jouer sexy ce week-end : elle accueille la crème de la – très – jeune musique norvégi­en­ne, avec moult excep­tions scan­di­naves voire mon­di­ales, pour que le gotha du milieu musi­cal européen vienne faire sa petite sélec’ de der­rière les fagots. C’est le leit­mo­tiv du By:Larm, qui squat­te tout ce qu’Oslo compte de bars et de salles de con­certs, pour que le pub­lic, mais aus­si (surtout?) les book­ers, pro­gram­ma­teurs, jour­nal­istes et labels man­agers puis­sent se met­tre du son frais sous la dent. L’oc­case aus­si de se faire moult con­férences, net­work­er comme un malade, etc. Nous, notre souci, c’est de vous déter­rer du neuf, on va com­mencer par vous racon­ter ce qu’on a vécu hier, avec un peu de son à l’ap­pui. Soirée garantie sans aquavit. 

Mavrick (Suède)

Le pre­mier truc que l’on a l’oc­ca­sion d’en­ten­dre depuis notre arrivée au pays des neiges. Il ne fait pas encore nuit, nous sommes à un apéro Uni­ver­sal et y’a des wraps gra­tu­its. Le type chante hyper bien, rien à dire. Mais on reste dans une atmo­sphère évanes­cente “R’n’B indé pour blancs” hyper clin­ique, et les trois morceaux que nous avons enten­dus ne suff­isent pas à nous con­va­in­cre. Zou, on va en ville, là où y’a des vrais bars.

Hen­rik The Artist (Norvège)

La cau­tion “fun assuré” de notre présélec­tion. On arrive un poil en retard, ce qui nous fait remar­quer que ce n’est pas une option ici, les sets étant tous très ramassés, générale­ment de 30 min­utes. Pour le coup, on saisit vite la for­mule : ce bon­homme en jog­ging et à la mous­tache sym­pa­toche se place directe­ment dans la lignée de la clique PC Music, enchaî­nant du A.G. Cook et du Shawn Wasabi avec des visuels de galax­ie der­rière lui. Un poil tôt dans la soirée, mais ludique, punchy et extrême­ment vivace, un peu comme une par­tie de F‑Zero sur Super Nes (déso, les jeunes).

ARY (Norvège)

On passe à une jauge con­séquente : le Rock­feller compte plus de mille places, et on sent qu’ARY est archi-attendue. La for­mule a le séant entre deux chais­es : sa pop “nordique” pos­sède un côté Björk et un côté Lykke Li, y com­pris au niveau du jeu de scène. La jeune fille hésite entre une pos­ture de fragilité grâ­cieuse et l’en­vie de don­ner de l’én­ergie, mais mal­gré cela, force est de recon­naître que cer­tains titres sont sacré­ment solides. Le genre de truc qu’on va retrou­ver au Pitch­fork 2017, tiens.

Father (USA)

Mini-ponte de la scène arty-indé de la scène rap d’At­lanta, ce jeune homme à la tête de pan­da a livré un flow non­cha­lant et gogue­nard, le tout dans une struc­ture musi­cale un brin bor­délique et approx­i­ma­tive mal­gré des pro­duc­tions hyper malignes. Au son et au sec­ond micro, Abra, qui pas­sait quelques min­utes plus tôt, seule, dans le bar d’à côté. Ce mon­sieur sort un EP ce mois-ci, ça serait bal­lot de rater ça…

Whit­ney (USA)

Drôle de façon de finir une soirée, mais c’est prob­a­ble­ment notre meilleur sou­venir : ce sex­tet ricain com­posé d’un Unknown Mor­tal Orches­tra et d’un Smith West­ern délivre un truc à la lim­ite de la soul, de la coun­try et du folk. Un peu comme si Gar­funkel avait squat­té en Alaba­ma avant de ren­con­tr­er Paul Simon. Et le principe du chanteur-batteur assumant sa place de front­man sur scène et chan­tant par­faite­ment, c’est tou­jours bluffant. Rendez-vous demain, si la neige ne nous bloque pas la porte.

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