On va faire une pause” : Fauve s’explique dans une interview exclusive

La rumeur cir­cu­lait depuis quelques temps et c’est aujourd’hui con­fir­mé, Fauve va se met­tre en pause pour une durée indéter­minée. Sou­vent qual­i­fiés de “portes paroles de la généra­tion Y” — à leur corps défen­dant – les mem­bres du col­lec­tif se dis­ent épuisés par deux années et demi de tournée et de tour­bil­lon médi­a­tique.  Trois ultimes con­certs se tien­dront d’ici la fin du mois à Namur en Bel­gique, à Dammarie-les-Lys ain­si qu’au Bat­a­clan le 26 sep­tem­bre pour un “pot de départ” qui affiche déjà com­plet. On les avait ren­con­tré mi-août au Sziget de Budapest et ils étaient revenus avec nous sur les raisons de ce break et sur leurs pro­jets, pas tou­jours dans le champ musical.

Pourquoi faire une pause alors que vous n’avez jamais été aus­si populaires ?

On a vrai­ment besoin de dormir, de retrou­ver un rythme plus sain. En terme d’hygiène de vie c’est un peu n’importe quoi là, on picole tous les soirs, on fait la fête tout le temps, on fume trois paque­ts par jour parce qu’on a que ça à faire avant de mon­ter sur scène. C’est génial parce qu’on se marre trop mais en même temps il y a une fatigue et une las­si­tude qui s’installent. Tu répètes tou­jours les mêmes choses et ça devient usant, c’est nor­mal, c’est mécanique. On a fait Fauve pour quit­ter une rou­tine et on ne veut pas retomber dans une nouvelle. 

Vous avez d’autres pro­jets que Fauve ?

On a plein de pro­jets dans les car­tons, on ne s’est jamais aus­si bien enten­dus. En ter­mes de mode de tra­vail ça n’a jamais été aus­si flu­ide. On fait plein de trucs à côté, chez nous, on bricole tout le temps des sons, des textes. On a plein d’idées, ça peut aller d’ouvrir un bar à faire des vidéos pour quelqu’un d’autre ou faire des prods pour des rappeurs. On a plein d’envies. 

Ce sont des envies qui restent col­lec­tives ou avez-vous des vel­léités plus individuelles ?

Per­son­ne n’a envie de solos, ça n’est pas notre came. On est inca­pable de fonc­tion­ner les uns sans les autres. Mais là on a décidé de faire une vraie pause, de se couper de la musique, de la vidéo, de l’écriture, de la tournée… C’est indis­pens­able pour notre salubrité d’esprit.

Vous pensez pou­voir tenir longtemps hors de tout proces­sus créatif ?

Il s’agit vrai­ment d’une néces­sité physique, on n’est pas en manque d’inspiration. Je pense qu’on ne  va pas tenir en place et qu’on va se rap­pel­er assez vite genre “vas y viens on va faire du son chez moi”. Mais j’espère qu’on aura la sagesse de ne pas le faire, de pren­dre au moins trois ou six mois de pause. 

Vous par­liez tout à l’heure d’ouvrir un bar, c’est sérieux ?

On y a pen­sé mais on ne sait pas si ça serait bon pour notre foie, on serait capa­ble de boire notre fond de com­merce (rires). Plus sérieuse­ment, ça fait par­tie des pro­jets qu’on a ensem­ble. On ferait un bar le plus sim­ple pos­si­ble, avec de la bière pas chère. Un endroit où on aurait envie d’aller, avec une déco qui nous ressem­ble et un nom sym­pa. Un bar pop­u­laire, où on ne se ferait pas enfler avec une pinte à 9 euros et une planche de char­cu­terie dégueulasse.

Vous com­mu­ni­queriez sur le fait qu’il s’agit du bar de Fauve ?

Non, surtout pas. Finan­cière­ment ça serait intéres­sant mais le but n’est de cap­i­talis­er sur le nom du pro­jet. En plus ça pour­rait nous couper d’une par­tie de la clien­tèle car il y a des gens qui détes­tent Fauve. 

On pour­rait y enten­dre quoi dans ce bar ?

Il y aurait beau­coup de rap. Améri­cain et français. Pas mal de musique africaine aus­si car le mem­bre de Fauve qui pré­pare les playlists quand on fait des DJ set adore pass­er ce genre de trucs ain­si que de la musique cubaine, sud-américaine, du jazz. Et puis du dub, du reg­gae, du rock aus­si : Dylan, Pix­ies… Ce serait un mélange d’un peu de tout, du très main­stream et du très pointu.

Nico­las Bresson

 

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