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9 février 2016

On y était… Julia Holter @ New Morning

par rédaction Tsugi

Complet depuis plusieurs semaines, le concert de Julia Holter se repère facilement, il suffit de suivre la file humaine perpendiculaire à l’entrée du New Morning.

De l’autre côté de l’entonnoir, DM Stith assure la première partie. Seul sur scène, l’américain s’accompagne à la guitare lorsqu’il ne triture pas quelques samplers. Il fait une chaleur tropicale au New Morning quand il nous raconte la petite histoire derrière son titre “Up To The Letters”. Enfant de choeur, il fut victime d’un crayon audacieux lancé par un camarade vers son séant. Un fait peu banal qui donnera lieu à une constipation vocale jusqu’à ses 25 ans. Même critique que pour Sufjan Stevens (il est signé sur son label, Asthmatic Kitty), si l’on aime ses bidouillages électroniques, on le préfère concentré sur sa guitare.

Si Julia Holter peut-être qualifiée de diva, c’est uniquement pour sa voix. S’avançant sur scène accompagnée d’un batteur, d’un contrebassiste et d’une violoniste au timbre pur, dans sa robe aux motifs écossais elle semble bien plus mutine que capricieuse. L’Américaine s’amuse d’elle même, tire la langue quand elle parle d’amour et raconte à qui veut bien la croire que Loud City Song est un album sur Los Angeles, mais aussi sur Paris, bien qu’elle ne connaisse pas vraiment la ville.

L’ouverture passe par “City Appearing” et quelques larsens, comme le bang d’un mur du son invisible, un ajustement physique pour s’engouffrer de l’autre côté du miroir et se laisser entrainer par les notes de contrebasse soutenant “In The Green Wild”. Julia Holter n’y dépose pas ses paroles, mais son flow, elle nous parle avec mille voix, en faisant résonner les consonnes, toujours avec précision. Ses chansons sont traversées par des râles, des cris stridents qu’une diction parfaite fait viser juste, elle s’explique, se confie face à nous. Le tout répond à des juxtapositions instrumentales jamais absconses, de longs mouvements auxquels sa voix apporte le rythme nécessaire. Entre chaque titre, elle joue avec ses cheveux, les attachant avec plus de rigueur au fur et à mesure que les morceaux défilent, comme pour se glisser dans la peau d’un nouveau personnage.

On touche au sublime sur “Betsy On The Roof”, le public ne s’y trompe pas, ébahi il n’ose applaudir de peur de mettre un terme à cette performance. Sans piano, mais avec un synthétiseur et une voix qui fait le grand-huit, on a imploré à ses côtés, mais en silence, Betsy d’entendre ce chant composé pour elle. Une fois que toute la salle se sera autorisée à applaudir, aussi longtemps que la décence le permette, une voix unique criera un simple “magnifique” de la part d’une foule en symbiose.

Forcément trop court, on profite malgré tout du rappel pour entendre sa reprise du tube de Dionne Warwick “Don’t Make Me Over”. Ce titre partage l’intensité d’un “Ne Me Quitte Pas”, tout comme son imploration et tout le désespoir qu’entraine une rupture amoureuse. De notre côté on ressort certain d’avoir vécu un beau moment, grâce à une grande artiste.

Pire moment : Quand après une demi-heure de queue, la personne juste devant nous apprend au guichet que le concert est complet.

Meilleur moment : “Betsy On The Roof”, cette version live va nous poursuivre plusieurs années.

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