Premier album, lives, label Roche Musique : FKJ nous dit tout

Depuis la sor­tie du tube “Lying Togeth­er” il y a qua­tre ans, il s’en est passé des choses pour FKJ ! Plusieurs EPs et une tournée mon­di­ale… Rien que ça ! Fer de lance du label Roche musique, le multi-instrumentiste s’ap­prête à dévoil­er son tout pre­mier disque le 3 mars prochain. On a rejoint le franco-néo-zélandais à la Recy­clerie, dans le 18ème arrondisse­ment.

Dans cet album (éponyme), tu chantes sur pas mal de morceaux (sept sur douze) à l’image de “Sky­line”. C’était pour toi un nou­veau chal­lenge?

C’est quelque chose que j’ai tou­jours fait depuis que j’ai com­mencé la musique à 13–14 ans. Je ne l’ai jamais dévoilé car je ne l’assumais pas totale­ment. J’avais peur de le mon­tr­er au pub­lic. Mais ma team (son label Roche Musique, ndlr) m’a poussé à sor­tir les morceaux. Le pre­mier où je chante date d’il y a un an. Aujourd’hui, je m’assume beau­coup plus et lorsque j’ai des mélodies en tête, je les chante moi-même au lieu de les pro­pos­er à d’autres chanteurs comme j’ai pu le faire sur mes précé­dents EPs.

Com­ment traites-tu les voix ?

Mis à part le morceau “Blessed” où j’utilise l’autotune, je ne traite pas ma voix avec grand-chose. C’est assez brut.

C’est ton pre­mier album (après trois EPs). Tu as voulu pren­dre ton temps pour le sor­tir ?

J’ai beau­coup tourné pen­dant deux ans. J’ai fait env­i­ron 200 dates donc je n’a pas eu beau­coup de temps pour en sor­tir un plus tôt. J’ai dû pro­duire une cen­taine de morceaux. Mais après ces deux années, je me suis demandé quels étaient les morceaux qui me tenaient le plus à cœur. J’en ai sélec­tion­né douze dont cha­cun a une his­toire. Les autres seront soit sur mon prochain album sur lequel je suis déjà en train de boss­er, soit ils res­teront dans mon disque dur.

Par exem­ple, à quoi fait référence le titre “Cang­gu” ?

C’est une dédi­cace à l’Indonésie. Je l’ai fait à Cang­gu, un bled à Bali où j’ai passé quelques temps. J’étais en tournée asi­a­tique et j’ai eu une semaine de répit, seul.

D’anciens morceaux comme “Bet­ter Give U Up” ou “Lying Togeth­er” sont présents sur l’album…

Oui, “Lying Togeth­er” compte beau­coup pour moi car c’est le sin­gle qui m’a fait décoller. Pas mal de per­son­nes le voulaient sur un sup­port physique en CD ou vinyle. C’était donc une bonne occa­sion de l’insérer sur ce disque.

Le chant est une nou­veauté sur cet album. En revanche, tu gardes ce côté groovy, un mélange de funk et de jazz prin­ci­pale­ment. Com­ment es-tu passé à l’électro ? Il y a chez toi une volon­té de redonner du sang neuf à un genre plus ancien ?

Des per­son­nes m’ont beau­coup influ­encé musi­cale­ment. Un de mes meilleurs amis, Félix, qui est lui aus­si de Tours, m’a fait décou­vrir énor­mé­ment de choses. Un vrai dig­ger. On se con­nait depuis qu’on a 12 ans et c’est lui qui m’a présen­té à Jean (Cézaire, ndlr), le boss du label Roche. C’est vrai qu’à la base, j’écoutais plutôt du blues, du jazz et de la funk mais ces gens-là m’ont petit à petit ouvert à l’électro. Et de fil en aigu­ille, je me suis fait ma pro­pre cul­ture musi­cale pour ensuite créer mon pro­pre style. Donc oui ma musique est un mélange d’anciennes et de nou­velles influ­ences.

Tu as com­mencé à pro­duire dans un “home stu­dio”, j’imagine que ça a bien évolué depuis …

Oui j’ai com­mencé dans ma cham­bre chez mes par­ents à Tours. Sur cet album, j’ai beau­coup pro­duit dans mon stu­dio à Paris que je partage avec Kartell et Dar­ius. C’est en fait le stu­dio Roche. J’ai aus­si fait pas mal de musique dans les stu­dios Red­bull mais c’était des impro­vi­sa­tions en col­lab­o­ra­tion. Notam­ment avec Tom Misch ou June Marieezy. Mais elles n’apparaissent pas dans l’album.

D’ailleurs, avec qui as-tu tra­vail­lé sur cet album ?

Seule­ment avec ma copine June Marieezy sur le cinquième track “Vibin’Out” et sur l’outro de “Sky­line”, où elle pose sa voix. Elle a un nou­veau nom de scène en sym­bol­es ((((O))), ndlr) — elle voulait un nom qui ne se prononce pas. Et s’il y avait une per­son­ne qui devait être sur cet album, c’était for­cé­ment elle ! Sinon, c’est un disque très per­son­nel. Tous les instru­ments joués sont enreg­istrés au stu­dio. Le mix­age et le mas­ter­ing sont de moi égale­ment.

L’album sort une nou­velle fois sur ton label Roche Musique. Com­ment vois-tu son évo­lu­tion par rap­port à celle de ta car­rière ?

Je pense que l’année s’annonce super bien. On a acquis une cer­taine matu­rité et notoriété. Mon album est le pre­mier à sor­tir sur le label. C’est un cap. Mais d’autres sont à venir comme celui de Dar­ius ou Cray­on… Pour ma part, le label m’a ouvert à une audi­ence qui s’est accrue au fur et à mesure. Le pro­jet a com­mencé à émerg­er il y a trois ans et des agences m’ont approché un peu partout dans le monde. Depuis je tourne beau­coup comme je suis quelqu’un de très ouvert au voy­age.

Et com­ment vois-tu l’évolution de la scène élec­tro française ?

C’est dif­fi­cile à prédire. Il y a deux ans, je trou­ve qu’il y avait une sépa­ra­tion assez fla­grante entre les DJs et les musi­ciens. Mais aujourd’hui, beau­coup de musi­ciens se met­tent à la musique élec­tron­ique et, inverse­ment, beau­coup de DJs se met­tent à exploiter le live avec des instru­ments. Et je trou­ve ça super intéres­sant et enrichissant pour le monde de la musique de manière glob­ale.

J’ai lu que tu écoutais aus­si beau­coup de hip-hop. Ça ne te dit pas de pro­duire pour des rappeurs ?

C’est aus­si une grosse influ­ence. J’ai car­ré­ment envie de pro­duire pour des rappeurs ! Je l’ai déjà fait pour Thai Mason, et je compte réitér­er l’expérience. Après la sor­tie de ce nou­v­el album, j’ai d’autres rappeurs en ligne de mire pour qui je vais com­pos­er mais dont je ne peux pas révéler pour l’instant le nom. Je pense que c’est cool aus­si de pro­duire dans l’ombre, de faire de la musique et de ne pas for­cé­ment la sor­tir sous son nom.

Tu es seul en live… Com­ment ça se passe ?

En général, je les pré­pare quelques heures avant de jouer en fonc­tion de l’heure, de la salle, de l’atmosphère, de si c’est un fes­ti­val ou un con­cert. Je suis tout seul sur scène et j’organise l’ordre de mes morceaux. Je vais choisir égale­ment com­ment struc­tur­er un morceau de manière à ce qu’il soit intéres­sant à jouer en live. Pour faire sim­ple, je vais par exem­ple jouer la par­tie gui­tare d’un morceau pen­dant deux min­utes, je vais enlever la ryth­mique pour en faire une autre par dessus, puis je vais enlever la ligne de basse, chang­er les accords puis juste garder le vocal. Ensuite je mets la ryth­mique du morceau suiv­ant et passe sur un autre instru­ment. Le live est un espace de remix­age qui change à chaque fois. Je joue du clavier, de la basse, du saxo, de la gui­tare et lors de mon prochain live il y aura la bat­terie élec­tron­ique.

J’imagine que tu as une grosse tournée de prévue avec la sor­tie de ce pre­mier album ?

Oui, j’ai une tournée en Amérique du Nord qui com­mence le 13 mars prochain avec une trentaine de dates. Ensuite je ren­tre, je me repose, je fais l’Europe cet été puis l’Asie en sep­tem­bre. En plus, la plu­part des idées, je les ai en tournée. Je les note ou je les enreg­istre sur mon iPhone pour ensuite tout met­tre au pro­pre lorsque je ren­tre en stu­dio.

Com­ment vois-tu la sor­tie de cet album : l’aboutissement d’un tra­vail ou le début de quelque chose de nou­veau ?

Je le vois plus comme un com­mence­ment. Ici comme je t’ai dit, je souhaitais met­tre ma voix plus en avant. Mais je pense que ma musique, tout comme moi, est en per­pétuel change­ment. Mon pre­mier EP était plus ori­en­té club, danse et house. Main­tenant je suis plus dans une atmo­sphère chill en stu­dio et en live. On ver­ra  com­ment je serai pour le prochain !

(Vis­ité 1 200 fois)