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23 avril 2014

Record Store / Disquaire Day : le revers de la médaille se trouve sur eBay

par rédaction Tsugi

Pourquoi y a-t-il toujours des assoiffés de caillasse pour gâcher la fête ? C’est naturellement ce que nous sommes tentés de penser en parcourant le web musical quelques jours après un Disquaire Day réussi, ce qui semble être également le cas pour l’événement par lequel tout a commencé, le Record Store Day.

Passons sur l’article à l’angle pertinent mais un peu rabat-joie de Slate.fr, qui tournait en dérision le principe de créer de la rareté à partir de rien au détriment des histoires humaines qui la construisent en temps normal, avec le temps qu’il faut. Le Disquaire Day, n’en déplaise à certains, est avant tout indispensable en tant que fenêtre d’expression pour les disquaires eux-mêmes, pour ne pas qu’on oublie l’un des boulots les plus importants de la culture mondiale. Un boulot qui se fait par passion, et non pas par appât du gain. Le problème, on l’avoue bien volontiers, c’est que rareté et avidité ont toujours fait bon ménage.

Aujourd’hui, sur eBay, c’est la foire d’empoigne, et certains tirent un peu la gueule. Prenons l’exemple de Paul Weller, qui a déclaré officiellement qu’il ne prendrait plus part au Record Store Day suite à revente express de nombreux exemplaires de son single ‘Brand New Toy’ sur le site marchand, dont certains ont été proposés avant même le jour fatidique. Vendeurs privés peu scrupuleux tablant sur une acquisition en magasins, ou disquaires indélicats qui ont refilé leurs exemplaires un peu plus cher qu’en magasin ?

Toujours est-il que les organisateurs du Record Store Day ont répondu publiquement à cette défection médiatique de l’ex-leader de The Jam :

« Nous partageons la frustration de Paul Weller suite à la revente d’exemplaires de ‘Brand New Toy’ sur eBay, et nous sommes déçus de voir que malgré nos efforts pour neutraliser les rabatteurs, encore une fois certains individus cherchent à exploiter la bonne volonté des artistes et des labels en proposant des exclusivités du Record Store Day à des prix exorbitants sur eBay. »

La suite du message continue sur le même ton, et explique que les équipes du Record Store Day continuent à retourner eBay pour repérer les malotrus.

Techniquement, que peuvent les organisateurs contre de tels agissements ? Pas grand chose, mis à part jouer de leur maigre pouvoir d’intimidation. Le code de déontologie du Record Store Day, qui n’a a priori aucun caractère légal, stipule que tout établissement qui participe à l’événement et qui se retrouve pris la main dans le sac à revendre (ou faire revendre) des disques en édition limitée (on rappelle que le disque de Paul Weller dont on parle a été pressé à seulement 500 exemplaires) seront bannis pour les éditions suivantes. Face à l’appât du gain, la menace semble bien faible.

Reste le pouvoir de la parole médiatique : Hannah Weller, l’épouse de Paul, aurait repéré plusieurs rabatteurs, dont l’un d’entre eux, nommé « homerrocksuck », vendrait pas moins de 15 copies sur les 500 en circulation, et serait en fait le fiston du boss de Townsend Records. Classe. Et même si ce genre de scandale n’a pas d’équivalent français, on ne va pas mettre d’œillères aujourd’hui : ce genre de pratiques ne possède pas de frontières. Et la meilleure a de lutter, c’est peut-être de rendre le Record Store Day caduque en passant la porte des disquaires plus d’une fois par an.

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