Acid Arab se dévoile

Extrait du numéro 95 de Tsu­gi (sep­tem­bre 2016) 

Qua­tre ans après sa créa­tion, Acid Arab est devenu un acteur incon­tourn­able du paysage élec­tron­ique français en puisant dans les musiques ori­en­tales. Le pre­mier album du groupe compte par­mi les temps forts de cette ren­trée 2016.

Mélanger musiques arabes et house music dans ses sets. C’était à leurs débuts en 2012, la moti­va­tion du duo de DJs parisien Acid Arab. Soit Gui­do Minisky, croisé en pro­gram­ma­teur du club Chez Moune, en DJ au Pulp, ou en jour­nal­iste dans la presse musi­cale (et même dans les pre­miers numéros de Tsu­gi via sa rubrique culte “Anti­jour”) et le plus dis­cret Hervé Car­val­ho. Qua­tre ans plus tard, après une grande com­pi­la­tion, Col­lec­tions, où Acid Arab a sélec­tion­né le meilleur des deux mon­des et un statut de mastodonte de scène, le duo saute le pas et s’attaque avec bon­heur à la pro­duc­tion, devenu quatuor avec le ren­fort de Pier­rot Casano­va et Nico­las Borne. Au point de sor­tir un pre­mier album, un vrai, Musique de France, où tout a été pro­duit en interne, écla­tant large­ment la for­mule d’origine (acid house + musiques arabes) et invi­tant de pres­tigieux musi­ciens et vocal­istes d’Afrique et de Turquie. L’occasion d’une ren­con­tre à Paris dans son stu­dio du quarti­er Stras­bourg Saint-Denis, d’abord avec Gui­do seul (Hervé ayant été empêché par un drame famil­ial) puis en com­pag­nie d’un des lab­o­ran­tins de stu­dio, Nico­las, pour un com­men­taire track-by-track.

Tu racon­tes qu’Acid Arab est né en Tunisie…

Gui­do : Le fes­ti­val Pop In Djer­ba nous avait invités séparé­ment, Hervé, Gilb’r (le fon­da­teur du label Ver­sa­tile, ndr) et moi. On a fait un grand back-to-back-to-back à trois, j’étais venu les bras chargés de dis­ques élec­tron­iques ori­en­taux et au gré du set, il est apparu évi­dent qu’il se pas­sait un truc de fou. Dès le lende­main, comme notre soirée Chez Moune à Hervé et moi venait de s’arrêter, je me suis dit qu’il fal­lait en lancer une nou­velle, une soirée orientalo-électronique. C’était à l’été 2012. Gilb’r ne s’est pas joint à l’affaire, mais il nous a mis le pied à l’étrier, nous a offert un morceau pour ces soirées, nous a accueil­lis sur son label Ver­sa­tile. Il vient d’une famille tunisi­enne, ce sont ses racines musi­cales, je pense qu’il a tou­jours eu envie de faire référence à ces musiques et j’aime à penser qu’on l’a un peu déco­incé là-dessus (King Ghazi, le nou­veau pro­jet de Gilb’r avec le per­cus­sion­niste et DJ Sha­di Khries a été enreg­istré en Jor­danie, ndr).

Tu te sou­viens de ta pre­mière ren­con­tre avec Hervé ?

On tra­vail­lait tous les deux à la Flèche d’or, je fai­sais la pro­gram­ma­tion et lui était au bar, en 2008 ou 2009. Il fai­sait tou­jours des fêtes chez lui après les soirées, j’y allais de temps en temps. J’ai quelques flashs, mais on était dans un tel état que je ne me sou­viens de presque rien, il me dis­ait : “Je suis DJ, je fais des fêtes à Lon­dres.” Je pro­gram­mais des soirées aux Dis­quaires à l’époque, je lui ai pro­posé d’y jouer, il était vrai­ment bon. Ensuite il a bossé Chez Jean­nette, en bas de chez moi, donc je l’ai beau­coup vu. On a fini par lancer notre soirée Moune Pow­er, avec aus­si Loac et QOSO.

Les musiques ori­en­tales t’ont tou­jours pas­sion­né ?

J’avais trou­vé quelques dis­ques en bro­cante, sans être à fond. Nova avait sor­ti une com­pi­la­tion arabe dont je suis tombé fou amoureux, il y avait aus­si la bande orig­i­nale du Mari de la coif­feuse. Avouons-le, les taxis ont aus­si joué un rôle, à force d’entendre Radio Beur ! En ren­trant de ce fameux voy­age en Tunisie, j’ai com­mencé à dig­ger le sujet, sur le net prin­ci­pale­ment, parce que les vrais col­lec­tion­neurs n’avaient pas atten­du 2012 et que les prix de ces dis­ques avaient déjà flam­bé.

Quand vous jouez dans les pays ori­en­taux, vous gardez du temps pour chercher des dis­ques ?

À fond ! Mais c’est assez rare, on a fait deux soirées au Liban, une en Jor­danie, une en Égypte, deux à Tel-Aviv, deux ou trois en Tunisie et deux au Maroc. Je fais la gueule si on n’a pas le temps de fouiller les dis­quaires de ces pays ! D’Amman en Jor­danie, j’ai ramené des kilos de CDs.

Le con­cept d’Acid Arab a vite pris ?

Dès le début on a sen­ti un vrai engoue­ment, la pre­mière soirée était blind­ée, nos copains pro­duc­teurs nous envoy­aient des morceaux pro­duits pour l’occasion. C’est comme ça qu’on a récupéré des pistes de Krikor, Piloos­ki, Joakim… On s’est dit qu’on tenait quelque chose qu’il fal­lait faire un disque qui porterait le nom de notre soirée, Gilb’r nous a pro­posé de sor­tir lui-même la com­pi­la­tion. Il nous man­quait un morceau-type pour la com­pi­la­tion, un track qu’il nous fal­lait pro­duire nous-mêmes.

C’est là que vous passez de deux à qua­tre ?

Tout à fait, Hervé est allé chercher son copain Pier­rot, qui nous a pro­duit “Theme”, huit min­utes bien men­tales, l’hymne de nos soirées. Nico­las nous a rejoints ensuite, il fal­lait qu’on devi­enne un vrai groupe.

Vous êtes passés, Hervé et toi, de directeurs artis­tiques pour cette pre­mière com­pi­la­tion à pro­duc­teurs d’un véri­ta­ble album aujourd’hui ?

Nous sommes restés les directeurs artis­tiques, on a des idées, des sons, des con­cepts, que les deux autres trans­for­ment par magie en stu­dio. Hervé met de plus en plus les mains dans le cam­bouis de la pro­duc­tion, moi ce n’est pas mon truc, je me con­tente du côté visuel et con­ceptuel. Je n’ai pas le sen­ti­ment d’avoir grand-chose à apporter une fois que l’idée a été lancée, je préfère éditer. 

Hervé et toi êtes gênés par la représen­ta­tion médi­a­tique du groupe, que tout le monde voit comme un duo ?

Bien sûr, mais je le com­prends aus­si, Pier­rot et Nico ne sont jamais sur scène et c’est là qu’Acid Arab est le plus vis­i­ble. J’essaye de rap­pel­er tou­jours que je ne suis que le quart d’Acid Arab, mais les gens s’en foutent.

L’album est var­ié, on dirait que vous vouliez à tout prix éviter le col­lage grossier entre deux mon­des.

On est tombés dans tous les pièges au début, aujourd’hui on sait ce qu’on ne veut pas faire, pas de sam­ples, pas de dar­bou­ka sur des beats, pas des trucs faciles, pas de vio­lons clichés, de palmiers et de chameaux sur les pochettes, de dans­es du ven­tre et de per­cus­sions tra­di­tion­nelles sur scène. On a des règles… et on veut être un groupe élec­tron­ique avant tout.

Y a-t-il eu des scep­tiques au début, qui con­tes­taient votre légitim­ité, à une époque où on par­le de plus en plus d’appropriation cul­turelle ?

Au début, il y a eu des chieurs. Mais je pense qu’on a tout bien fait comme il faut pour ne pas penser qu’on vole la musique, ou quelque chose du genre. Les Arabes avec qui on dis­cute ont com­pris que notre musique est altru­iste, on est hyper­re­spectueux. Un musi­cien égyp­tien qu’on adore m’a con­fessé que la pre­mière fois où il nous a croisés sur scène il s’est dit “voilà les con­nards”. Puis il a changé d’avis, m’a avoué qu’il s’était trompé. Tous ces musi­ciens qui col­la­borent au disque ont accep­té parce qu’ils aiment notre démarche et sincérité. De toute façon, ce sont des musiques méprisées par la majorité des Occi­den­taux, on ne vient pas leur vol­er leur or.

Le titre de l’album, Musique de France, sem­ble haute­ment poli­tique.

On ne veut pas trop expli­quer ce titre, on veut que les gens s’approprient le disque. On n’a jamais fait de déc­la­ra­tion poli­tique, la démarche du groupe par­le d’elle-même. Pour sché­ma­tis­er, on ne fait pas de la musique arabe, ces musiques sont en France depuis tou­jours, on fait de la musique de France.

L’époque angois­sante, les com­mu­nautés qui se regar­dent d’un mau­vais oeil, est-ce qu’Acid Arab a encore plus d’importance à cause du cli­mat social ?

Je le pense, même si j’ai du mal à croire qu’on puisse chang­er des opin­ions de cette manière. On sym­bol­ise une mix­ité, mais je ne pense pas que grâce à nous les fas­cistes se dis­ent d’un coup : “Ah, mais les Arabes c’est super en fait !” Si on pou­vait chang­er des opin­ions, ou aider les jeunes à être ouverts d’esprit, ce serait une chose incroy­able.

Y a-t-il une de vos dates dans un pays ori­en­tal qui vous a par­ti­c­ulière­ment mar­qués ?

Il y en a une qui nous avait déprimés, vrai­ment pour­rie alors qu’on en attendait beau­coup. Mais on a joué à Casablan­ca, dans un stade pour un fes­ti­val gra­tu­it, c’était impres­sion­nant, comme si cela légiti­mait notre musique, que les Maro­cains aiment ce que l’on fait. Au Caire on a eu chaud, on jouait au milieu des stars de l’électro-chaabi, deux petits Français qui débar­quent et puis finale­ment ça a pris, tout le monde souri­ait.

On dit sou­vent qu’on vit un nou­v­el âge d’or du club­bing à Paris et ailleurs. Tu en pens­es quoi, toi qui as com­mencé il y a plus de quinze ans ?

Je n’avais jamais mis les pieds en club avant le Pulp à la fin des années 90, même si j’étais DJ depuis longtemps, dans des soirées privées. Autour de 2008, j’avais l’impression qu’on com­mençait à se faire chi­er, mais je ne suis pas ten­té par le “c’était mieux avant”. Aujourd’hui le club­bing est rede­venu cool et tout se renou­velle, de nou­veaux per­son­nages débar­quent, de nou­veaux con­cepts, j’admire les Salut C’est Cool ou Flavien Berg­er. Cer­tains artistes ont dis­paru, des clubs aus­si, mais rien n’était mieux avant.

Tu t’es mis à fréquenter les clubs tard, est-ce qu’aujourd’hui tu t’en lass­es ?

J’y passerais bien toute ma vie, mais le club­bing ne voudra bien­tôt plus de moi, d’ici quelques années je n’arriverai plus à faire bonne fig­ure physique­ment ! Déjà, aujourd’hui, je me fais appel­er mon­sieur tout le temps. Il faut être une grosse star pour con­tin­uer après 50 ans… et pour moi, 50 ans, ce n’est pas si loin.

Ce suc­cès inat­ten­du te tombe dessus à la quar­an­taine, ça change quelque chose ?

Le groupe a com­mencé à mes 40 ans. Je ne sais pas si je gère mieux que quelqu’un de plus jeune. Je n’ai jamais bu, je ne prends qua­si­ment pas de drogues, je me main­tiens bien. Et je sais que ça ne dur­era prob­a­ble­ment pas. Enfin je viens des Yve­lines, je me sou­viens de Nico­las Godin de Air qui me dis­ait il y a 20 ans quand sor­tait leur maxi qu’il devait prof­iter avant que ça ne s’arrête. Ils sont encore là 20 ans après ! On ver­ra… Ce qui est drôle c’est que je n’ai jamais vrai­ment rêvé de ça, d’être musi­cien, de faire de la musique. Je rêvais d’être jour­nal­iste, d’avoir mes pro­pres soirées, d’avoir un club et de vivre du dee­jay­ing… Tout cela, je l’ai fait.

Avec Hervé, vous avez dû appren­dre à vivre ensem­ble en tournée. Qu’est-ce que vous faites quand vous n’êtes pas sur scène ?

Ce n’est pas com­pliqué, dès qu’on arrive quelque part on demande où est la weed. (rires) Mais on a de moins en moins de temps pour vagabon­der à chaque date d’Acid Arab, ce qui est frus­trant et triste. On est allés à Dubaï, Hervé est resté huit heures sur place, c’est déli­rant.

Est-ce que la peur que ça ne dure pas vous force à accepter toutes les propo­si­tions ?

Cela arrive qu’on se retrou­ve à faire des choses qui ne nous plaisent pas, ça crée quelques ten­sions, mais on est très heureux dans l’ensemble. Des soirées, des DJ-sets, une com­pi­la­tion, un album, les ambi­tions d’Acid Arab vont crescen­do.

Quel est votre plus grand rêve ?

Que l’impact du groupe soit poli­tique, qu’on puisse pro­gram­mer une scène d’un grand fes­ti­val, voir créer notre pro­pre fes­ti­val. Ou même un label, ce qui sem­blait déli­rant, mais qu’on est en train de faire. On a déjà un artiste, Rozzma, un mec du Caire qui a inven­té quelque chose à lui, une tech­no mât­inée de hard­core sur laque­lle il chante en arabe. La scène là-bas est en train de s’effondrer, les soirées sont blo­quées par la police. On a pété les plombs en enten­dant sa musique !

Musique de France, piste par piste

Buzq Blues”

Gui­do : C’est un morceau qui existe depuis longtemps, on avait été approchés par un label d’un autre con­ti­nent pour une com­pi­la­tion, mais ils n’ont jamais réa­gi au morceau.
Nico­las : C’est un bon sym­bole des débuts d’Acid Arab, le mélange des musiques ori­en­tales et de la TB-303 de l’acid music.
Gui­do : On ouvre là-dessus pour ensuite pass­er à autre chose en élar­gis­sant le spec­tre élec­tron­ique à la trap, la tech­no, la musique indus­trielle, etc.

La Hafia” feat. Sofi­ane Sai­di

Gui­do : Sofi­ane m’avait écrit aux débuts d’Acid Arab, on a beau­coup par­lé de cette péri­ode éton­nante dans les années 90, où la scène arabe est dev­enue branchée, lancée en France par Uni­ver­sal avec Khaled, Faudel ou Rachid Taha. Sofi­ane fai­sait par­tie de cette bande. Un jour on a joué à la Réu­nion et on l’a enfin ren­con­tré. Du coup on l’a invité à pos­er des voix sur ce morceau qui exis­tait déjà sur un maxi précé­dent. Son dernier album est for­mi­da­ble et ce mec est for­mi­da­ble, on a tout le temps envie de le pren­dre dans ses bras pour lui faire des bisous, il est touchant. C’est aus­si le morceau de Ken­zi, notre clav­iériste sur scène qu’on aime tant (absent lors de la ses­sion pho­to, ndr) et qui a aus­si bossé sur quelques autres titres.

Meda­hat”

Gui­do : C’est mon petit chou­chou. C’est là que le pro­jet atteint son point cul­mi­nant, la ren­con­tre entre cette musique chaâbi algéri­enne, ses flûtes graves au son écorché et un beat un peu trap et dark.
Nico­las : Avec un petit côté indus­triel, le morceau nous fai­sait penser à un pas­sage dans Ter­mi­na­tor 2 où Schwarzy arrive dans un super­marché avec son fusil et il y a un drone qui met une ambiance oppres­sante.

Le Dis­co” feat. Rizan Saïd

Gui­do : On n’est pas très bons pour les noms de morceaux, ça n’est sou­vent pas très pro­fond. (rires) D’autant qu’aucun de nous ne par­le arabe, par­fois on tenait un mot et on cher­chait la tra­duc­tion ou on la demandait à Ken­zi. Rizan se surnomme lui-même le “king of key­board”, il est incroy­able, c’est lui qui est der­rière Omar Souley­man depuis 20 ans, sans lui Omar n’était rien et main­tenant qu’ils ne sont plus ensem­ble, je ne sais pas si Omar va ren­con­tr­er le même suc­cès. On l’a ren­con­tré en partageant des scènes, lui par­le quelques mots d’anglais, con­traire­ment à Omar. On était tous ensem­ble à Lis­bonne dans une soirée organ­isée par Four Tet, on a joué nos morceaux dans les loges à Rizan, pas hyper chaleureux au départ, et d’un coup il s’est ouvert à nous.

Gui l’Arbi” feat. A-WA

Gui­do : On les a vues en con­cert à Tel Aviv il y a deux ans. Épatés, on est restés un peu en con­tact avec Tomer qui est à la fois leur pro­duc­teur et leur man­ag­er, il nous a pro­posé de remix­er leur tube, en échange on leur a pro­posé de chanter sur le disque. Tout a été très sim­ple, même si elles ont enreg­istré à Tel Aviv alors qu’on s’est croisés pas mal à Paris, on a partagé la scène de la Gaîté Lyrique et mangé ensem­ble au restau­rant kurde de la rue d’Enghien. On a demandé à tous les vocal­istes des tra­duc­tions de leurs paroles. Là, les filles par­lent d’amour. Seul Rachid Taha est un peu plus poli­tique, mais de façon évidem­ment poé­tique.

Stil” feat. Cem Yildiz

Gui­do : Cem est un per­son­nage absol­u­ment fab­uleux. Cer­tains se sou­vi­en­nent peut-être de Insan­lar, son groupe avec Baris K, dont le morceau incroy­able de 24 min­utes “Kime Ne” avait été remixé par Ricar­do Vil­lalo­bos. Il est joueur de saz (un luth des régions kur­des et turques, ndr). On lui a envoyé un mail et il a accep­té de jouer pour nous, il a fait ses pris­es depuis Istan­bul, on pen­sait qu’il ne ferait qu’un solo de saz et il a aus­si fait des voix. Cela fait deux ans que le groupe tourne partout, avec par­fois trois ou qua­tre dates par semaine, tous les invités nous con­nais­sent, cela devient plus facile. Enfin ça n’a pas tou­jours été comme ça, je me sou­viens d’une date à Berne devant per­son­ne en dehors des potes des bar­men.

A3ssifa” feat. Rizan Saïd

Gui­do : Un morceau “in your face” qui arrête les gens… Rizan y joue comme un fou.

Hervé, Gui­do et Rizan — Crédit : Flavien Pri­ore­au

Houria” feat. Rachid Taha

Nico­las : Pier­rot est par­ti sur un délire un peu à la Sui­cide ou Throb­bing Gris­tle, un morceau vrai­ment som­bre qui mon­tre à quel point l’album est éclec­tique, en faisant référence à la musique indus­trielle. On est loin du côté dansant que les gens atten­dent d’Acid Arab et c’était impor­tant pour nous.
Gui­do : On partage avec Rachid un tourneur et un musi­cien, le fameux Ken­zi. C’est un foufou, on l’a pas mal croisé, il adore faire la fête et on s’entend bien. On est devenus cousins !

Sayarat 303”

Gui­do : Ce sera le prochain sin­gle de l’album, hom­mage à la Peu­geot. (rires)
Nico­las : C’est le morceau le plus tech­no, et un petit clin d’oeil au “Acid” de Acid Arab.

Tamuz­i­ca” feat. Jawad El Gar­rouge

Nico­las : Jawad est venu chez nous enreg­istr­er ses voix et pro­pres per­cus­sions. C’est un per­son­nage éton­nant qui fait par­tie de Gnawa Dif­fu­sion. Ce devait être le morceau “Mogador”, qui finale­ment est sor­ti plus tôt dans une ver­sion tech­no instru­men­tale, alors que celui-là n’a même pas de beat.
Gui­do : L’album, c’était l’occasion de ne pas vis­er que le dance­floor. Et les deux derniers morceaux mon­trent l’étendue du spec­tre d’Acid Arab. On a réus­si à ne pas tomber dans notre pro­pre cliché.

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