Crédit : Antoine Julien.

Adieu la bienséance et boum boum dans les oreilles au Tilliacum Festival

Pour sa deux­ième édi­tion ce same­di au bord de l’agréable plan d’eau de Teil­lé — à une petite heure de route de Nantes -, le Tilli­acum Fes­ti­val avait con­vié un plateau exclu­sive­ment élec­tron­ique et plutôt tapageur : Salut C’est Cool, Club Cheval, Com­ah, Quentin Schnei­der et Madame, ain­si que les deux locaux Erzate et Alvan pour ouvrir la soirée en douceur dès 18 heures. Mais la finesse aura vrai­ment été de courte durée.

Crédit : Flo­ri­an Fauvet

Dès 20h30, le pre­mier kick des allumés de Salut C’est Cool (à trois ce soir, James Dar­le ayant eu un empêche­ment) déclenche l’arrivée mas­sive d’une horde de jeunes prêts à en découdre, aupar­a­vant éparpil­lés autour du plan d’eau. Une séquence vrai­ment impres­sion­nante, annon­ci­atrice d’une heure de con­cert totale­ment folle comme les Salut C’est Cool en ont l’habitude. Du kick qui tâche, des ques­tions méta­physiques (“Pourquoi les gens courent-ils dans les parcs, que cherchent-ils à fuir ?” ou encore “Qui a créé cet univers ?”) et des bières qui volti­gent… Il fal­lait avoir le pal­pi­tant bien accroché pour espér­er se rap­procher du devant de la scène, squat­tée par des lycéens qui devaient relâch­er la pres­sion de la fin d’année et du bac­calau­réat pour certains.

Car le Tilli­acum est ouvert à tous sans lim­ite d’âge et cela provoque for­cé­ment des scènes sur­réal­istes : un mélange folk­lorique de minots déchaînés qui décou­vrent leurs pre­mières expéri­ences de fes­ti­val et des moins jeunes un peu débor­dés par toute cette énergie. L’intensité ne descen­dra d’ailleurs plus avant les trois heures du matin, heure de fin des hos­til­ités. Ni la tech­no de Quentin Schnei­der et de Madame, ni le set à huit mains hyper éclec­tique des Club Cheval ne parvien­dront à calmer cette fos­se élec­trisée, scrutée avec amuse­ment par ceux qui ont fait le choix de pren­dre un peu de recul. Quant à Com­ah, tête d’affiche de l’évènement et dernier artiste à se présen­ter devant la foule, il a fait son job : achev­er le pub­lic avec son live min­i­male pro­gres­sive (c’est comme ça qu’il définit sa musique) à la fron­tière de l’EDM et de la tech­no trash.

Une belle per­for­mance pour le Tilli­acum qui a d’ailleurs presque dou­blé son afflu­ence par rap­port à l’année dernière avec env­i­ron 3000 per­son­nes présentes. Surtout, il fait un joli pied de nez aux fes­ti­vals où la bien­séance est devenu la règle et où on s’ennuie comme un rat mort.

Meilleur moment : Club Cheval qui joue « Exis­tence » de KiNK, un peu de douceur dans ce monde de brute.
Pire moment : rater son train le lende­main matin avec une vilaine gueule de bois comme seule com­pag­nie pour atten­dre le suivant.

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