Agoria nous a parlé de la création de son label Sapiens

La fin d’an­née est explo­sive pour Ago­ria… En plus de sor­tir un nou­v­el EPUp All Night, le DJ et pro­duc­teur Lyon­nais désor­mais basé à Paris, annonce la créa­tion de son pro­pre label : Sapi­ens. On lui a posé quelques ques­tions pour qu’il nous explique son con­cept et ses pro­jets.

Qu’est ce qui t’a décidé à créer un nou­veau label, cinq ans pile après ton départ de InFiné ?

La folie sans doute ! Quelle idée de faire un label en 2016 ! Plus sérieuse­ment, j’ai cette envie depuis longtemps. J’étais à deux doigts de lancer un nou­veau label avec Lau­rent Gar­nier en 2012 suite à l’histoire Infiné puis j’ai démé­nagé en Ital­ie, ce qui m’y a fait renon­cer. Paris est la prin­ci­pale rai­son pour laque­lle je me lance dans cette nou­velle his­toire. Depuis mon arrivée ici, il y a un peu plus de 2 ans, j’ai ren­con­tré énor­mé­ment d’artistes dans plusieurs domaines qui me sont chers: la musique bien sûr mais aus­si le cin­e­ma, l’art con­tem­po­rain, la lit­téra­ture voire la poli­tique. Faire un label est très chronophage mais cela s’est naturelle­ment imposé au fil des ren­con­tres à la fois comme une évi­dence et presque comme un devoir.

A lire le com­mu­niqué de presse, on com­prend que c’est pluri-disciplinaire, peux tu nous pré­cis­er le con­cept ?

Même si j’adore la tarte à la crème, je ne suis pas un grand fan du mot pluri-disciplinaire ! Cela résonne un peu comme un terme tech­nocrate pour une présen­ta­tion pow­er point ! Dis­ons que je me moque un peu du titre offi­ciel ou de la fonc­tion usuelle des artistes ou des per­son­nal­ités qui vont faire par­tie de l’aventure Sapi­ens. La porte est grande ouverte à tous ceux qui ont quelque chose à racon­ter, à incar­n­er. Qu’il s’agisse d’un réal­isa­teur, d’un sound design­er, d’une femme poli­tique, d’un ado­les­cent de 16ans qui fait de la musique dans sa cham­bre ou d’un plas­ti­cien, ils sont tous les bien­venus. Con­crète­ment cela veut dire que je pour­rais par exem­ple don­ner les clés d’une com­pi­la­tion à un réal, enreg­istr­er un dis­cours poli­tique sur vinyl, sign­er les pre­miers morceaux d’un ado, sor­tir les remix­es d’un anthem tech­no, deman­der à un sound design­er de créer un event. L’idée est de trans­met­tre une parole libre, rebelle et intime.

Pourquoi ce nom Sapi­ens ?

Je réfléchis­sais à un nom avec mon asso­ciée Brigitte Mac­cioni quand je lui ai évo­qué la lec­ture du livre de Yuval Noah Hariri « Sapi­ens » . Il s’est imposé à nous comme une évi­dence.

Est ce que tu vas le gér­er quo­ti­di­en­nement ou est ce qu’il y a une équipe autour de toi ?

Les deux mon cap­i­taine.

L’équilibre économique d’un label indépen­dant est frag­ile, est ce que tu es une sorte de phil­an­thrope du XXIeme siè­cle ?

La musique m’a beau­coup don­né, nour­ri, fait voy­ager dans le monde entier. Encore la semaine dernière j’avais la chance d’être invité à Tokyo, Sin­gapour, Hong Kong et Noumea où j’ai pu décou­vrir un des lieux les plus mag­iques qu’il m’ait été don­né de vis­iter: l’île des pins. Je ne pense pas être un phil­an­thrope mais je crois que l’art en général peut don­ner des impul­sions pour un nou­velle façon de vivre. Si je peux partager à mon petit niveau les idéaux qui sont les miens, je dormi­rai mieux.

Quelles seront les prochaines sor­ties du label ?

Suite à « Up all night » que j’ai enreg­istré avec mon ami Rami Khal­ife et les remix­es de Gerd Jan­son et Eagles and But­ter­flies, les 2 prochains EP qui arriveront dès début 2017 seront proches de mon univers club avant de dévoil­er les prochaines facettes.

Est ce que ce sera plutôt des “one shots” ou bien est ce que tu désires suiv­re la car­rière d’un artiste comme tu l’a fait chez Infiné avec Rone ou Dan­ton Eep­rom par exem­ple ?

J’ai beau­coup de plaisir à par­ticiper à l’émancipation des artistes. Je suis ravi de voir le par­cours de Rone par exem­ple en France. Je crois que cette énergie vient de mes débuts dans les années rave et du fait que nous étions tous logés au même plan, sans star­i­fi­ca­tion, les coudes ser­rés pour exis­ter. Mais cela dépend beau­coup des artistes eux-mêmes, de leur par­cours, de leurs doutes et de leurs envies. J’ai tou­jours été là pour ceux qui avaient besoin de moi, qu’ils fassent par­tie de mes proches ou pas.

Quand est ce que sor­ti­ra ton prochain album et peux tu déjà nous par­ler de son ori­en­ta­tion musi­cale ?

Il sor­ti­ra en 2017. Il est un peu tôt pour en par­ler 🙂

Vous pou­vez dès main­tenant pré-commander le nou­v­el EP d’Ago­ria, juste ici.

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