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4 septembre 2014

Aphex Twin : un premier titre de Syro en écoute et réflexions sur l’album

par rédaction Tsugi

Jour 1. Il y a tout juste une semaine, après de multiples teasing pendant le week end, un tweet émanant du compte “officiel” d’Aphex Twin nous embarque sur une page du “dark web” affichant un tracklisting, et le nom, Syro, de ce qui semble être son nouvel album, treize ans après Drukqs. Warp, sa maison de disques, nous confirme cela dans la foulée et nous convie même à l’écoute du disque. Cerise sur le gâteau  : on nous laisse même entendre qu’une interview serait possible. Surprenant puisque Richard D James ne rencontre plus les journalistes en face à face depuis plus de dix ans. La dernière fois que nous lui avons parlé, c’était il y a deux ans, mais via une boîte mail

Jour 2Douze tracks et une heure et quelque plus tard, on conclut que la principale surprise de Syro est justement son absence de surprise. Quelque part entre les deux Selected Ambient Works et …I Care Because You Do, ce qui lui donne un petit côté “old school”, le disque est dépourvu de l’aspect futuriste, marque de fabrique jusqu’ici de l’œuvre d’Aphex Twin. Aucune trace non plus du magma électronique en fusion dont l’auteur de “Windowlicker” s’était fait le grand prêtre au fil des décennies. Au risque de choquer le fan transi d’IDM, il faut relever le côté jazz-rock de plusieurs titres, plus proches de Stanley Clarke que d’Autechre. Sans aucun doute l’album le plus funky, au propre comme au figuré, de Richard D James. Epicé ça et là par de nombreux samples vocaux triturés à l’extrême, propice à toutes les interprétations, Syro rayonne aussi d’une apaisante quiétude mélancolique pendant une bonne moitié du tracklisting. Peu ou pas de prise de tête. A l’image du dernier morceau, agréable variation acoustique autour d’un piano romantique. Evident clin d’œil à “Nanou 2” qui clôturait Drukqs de la même manière tout en poésie. Une écoute qui soulève de nombreuses questions sur l’origine de ces compositions tombées de nulle part et surtout sur l’état d’esprit de son auteur. Celui que l’on imagine volontiers très agité dans un costume (camisole ?) d’électronicien fou serait-il sur le chemin de la sérénité ? Ou complètement dans le Syro ?

Jour 3. A l’issue de 24h de suspense, on nous informe que oui, Aphex Twin sera bien à Londres demain pour donner une interview que nous partagerons avec notre confrère et ami Joseph Ghosn de Obsession, le supplément mensuel du Nouvel Obs. Nous pouvons déjà affûter nos questions.

Jour 4. Ce n’est pas dans un tank, un bunker, ou dans un autre quelconque lieu improbable découvert après un long jeu de piste que nous rencontrons le supposé reclus Richard D James. C’est dans la suite hi tech d’un banal 4 étoiles du centre de Londres que nous serrons finalement la main du producteur le plus mystérieux de la sphère électronique, qui s’excuse poliment de nous avoir obligés à faire le voyage depuis Paris pour le rencontrer. A 43 ans, il en paraît facilement dix de moins. En dépit d’un fort strabisme divergent, lui conférant un regard vaguement étrange, Aphex Twin nous apparaît immédiatement dans l’état d’esprit qui se dégage de son disque  : détendu et apaisé. 

Surprise, sa jeune épouse est également présente. Elle passera toute l’interview à dessiner la scène de l’entretien. A des années lumières de tous les délires entourant son personnage, on le découvre père de famille tranquille, nous confiant  : “j’adore travailler la nuit car j’ai deux enfants de six et huit ans et il faut se réveiller tôt. En ce moment, c’est cool parce que ce sont les vacances et je n’ai pas besoin de les emmener à l’école.” Un gentil papa cependant un peu hors normes  : il nous avoue quelques instants plus tard être un adepte de la cueillette des champignons. Pas que les cèpes, on le précise. 

Ce grand retour est pour lui une manière de chercher à toucher un public plus large.  Richard nous lâche même avec un sourire  : “Si je n’étais pas aussi timide, je me verrais bien à la place de Beyoncé.” Vous découvrirez la suite de cette surprenante interview dans le numéro de Tsugi du mois d’octobre. A nous de faire un peu de teasing. D’ailleurs, à ce propos  : les teasings ce n’est pas du tout l’affaire d’Aphex Twin, mais le domaine réservé de sa maison de disques. Encore un mythe qui s’effondre.

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