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6 octobre 2021

✅ Artiste Tsugi à suivre : Malibu, le son des vagues sur la plage le matin dans le brouillard

par Sylvain Di Cristo

Avant qu’elle conquière la scène de la Gaîté Lyrique le 9 octobre avec Lorenzo Senni, on a tenu à vous parler de la plus sage des artistes de la scène électronique de demain, et surtout l’une de ses plus douées, la Française Malibu.

À l’origine issue du collectif féminin TGAF (Oklou, Carin Kelly, Miley Serious, DJ Ouai) dont elle s’est rapidement émancipée, la jeune paloise Barbara alias Malibu a préféré tracer son propre chemin vers l’infini univers de la musique ambient. À ce propos, elle dira – à raison – que les étiquettes importent peu et même que le terme « ambient » est bien réducteur tant les influences qui traversent sa musique sont nombreuses (« autant de la pop, de la dance music, du chill-out que des trucs plus éthérés »). En fin de compte, peut-être que le terme le plus adéquat serait celui de « musique essentielle », tant elle s’applique à déshabiller chaque son complexe pour ne garder que sa forme la plus pure.

Ainsi, elle navigua à travers l’Américain Joyful Noise, label d’Of Montreal ou Joan Of Arc, sur lequel elle sortait son divin premier EP One Life en 2019 ; ou encore l’Allemand et toujours à la pointe PAN avec sa participation à la compilation mono no aware (le superbe track « Held »). Sans oublier ses impeccables mixes sur son SoundCloud qui racontent chacun sa propre histoire, son propre film, entre field recordings, influences et morceaux personnels.

Et comme il est grand temps de la voir sur scène, Malibu sera en live à la Gaîté Lyrique le 9 octobre, en première partie du « tranceux pointilliste », comme il le dit lui-même, Lorenzo Senni.

« Malibu, c’est bien sûr la plage le matin dans le brouillard, les couchers de soleil, le son des vagues, l’infini, le rhum coco. »

malibu

Question peut-être un peu bateau, mais pourquoi ce nom Malibu ? Qu’est-ce qu’il t’évoque personnellement ?

Je sais plus trop honnêtement, il fallait que je trouve un pseudo pour SoundCloud. Je crois qu’avant je m’appelais Maliblu92, puis juste Maliblu… et enfin Malibu. Et c’est resté ; je me dis souvent que c’est un peu bête comme nom mais en même temps je ne saurais pas en trouver un dont je ne me lasserais pas. Malibu, c’est bien sûr la plage le matin dans le brouillard, les couchers de soleil, le son des vagues, l’infini, le rhum coco.

Peux-tu me donner ta définition personnelle de l’ambient ?

C’est un moment dans une bulle, c’est toi et le monde ; comme être allongé sur le sable et la mer est calme.

Je crois que tu es plutôt jeune, pas encore la trentaine. Pourtant la musique que tu as sortie jusqu’à présent sous le projet Malibu est un mélange de plein d’influences, mais comme passées à travers une grosse réverb, de sorte qu’on obtienne un résultat très calme, pur, éthéré, essentiel, mais qui demande de la patience pour être pleinement digéré, compris par l’auditeur. Une patience dont un jeune public manque parfois, où il lui faut tout, tout de suite. Qu’est-ce qui t’a amené à produire cette musique si calme, toi ?

C’est mon propre langage, un mélange organique de plein de trucs qui m’inspirent, autant de la pop, de la dance music, du chill-out que des trucs plus éthérés. Mais c’est marrant parce que, personnellement, je ne trouve pas ça calme. Peut-être parce que lorsque j’écris, c’est comme mettre la détresse que je ressens en chanson, donc quand je m’écoute, je sais exactement à quoi (ou à qui) ça se réfère et ça en devient presque lourd. Après, j’ai pas vraiment « choisi » de faire tel ou tel style, c’est ce qui « sort » quand je produis la musique. Au début, je testais des trucs différents mais, par exemple, j’étais (et suis) nulle en drums, alors je me suis mise à simplement looper des petits bouts de tracks, les étirer, les ralentir, y ajouter ma voix, noyer le tout dans l’espace, etc… Et j’ai continué, donc j’imagine que c’est ça la musique que je fais.

Tu restes encore assez cachée sur la scène électronique française, déjà parce que ton nom de scène est impossible à googler, mais peut-être parce que tu le souhaites ainsi ? Est-ce ta personnalité ou le fait que les musiciens ambient n’ont pas forcément la lumière qu’ils méritent, ou rien de tout ça ?

Le nom Malibu, c’est sûr, c’est pas le business move le plus intelligent que j’ai fait parce qu’il est presque impossible à trouver. Mais ça ne m’intéresse plus trop de partager toute ma vie sur les réseaux sociaux donc c’est un peu ma personnalité, je suppose…
La France en général ne semble pas hyper généreuse sur le plan musical – je parle surtout de tout ce qui est diffusion, type radio FM par exemple ; on y entendra rarement voire jamais de musiciens plus alternatifs, underground et c’est dommage parce que je pense que plein de gens kifferaient être surpris, moi comprise !

« L’ambient, c’est un moment dans une bulle, c’est toi et le monde ; comme être allongé sur le sable et la mer est calme. »

Entre tes débuts et aujourd’hui, comment vois-tu l’évolution de ton son ?

Je pense avoir plus ou moins trouvé « mon son » après des années, notamment en revenant vers des éléments qui étaient là dès le départ, comme la réverb, les progressions de chords et pads super spacieux. Ma manière de travailler a aussi changé, avec mon premier EP j’avais des choses à « dire », c’était important, comme un journal intime, un truc honnête. Je suis beaucoup plus patiente avec moi-même aujourd’hui, c’est pas une course ; c’est bien de se fixer des deadlines et des projets mais c’est totalement okay de prendre son temps.

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