©Ivan Le Pays

✅ Artiste Tsugi à suivre : S8JFOU marche dans les pas d’Aphex Twin

La réalité n’est pas faite pour S8JFOU. L’artiste nan­tais de 25 ans a tou­jours évolué à part, dans une démarche résolument DIY. Après avoir créé des squats ou passé 44 jours à vivre sans dépenser un seul cen­time, il a fini par réaliser ce qui était le titre de son pre­mier album, CONSTR8RE MA MAISON, sor­ti fin 2016. Après avoir acheté un ter­rain dans les Pyrénées, il y a bâti, seul, une maison/studio puis a sor­ti Cynism, son dernier album, en novem­bre 2020.

La démarche auto-dépendante, le manque d’in­for­ma­tions sur son iden­tité, sa rareté mais surtout son son : les ressem­blances avec Aphex Twin sont à ce point trou­blantes que cer­tains racon­tent qu’il serait son fils caché… Finale­ment cette his­toire est peut-être comme son pro­jet : drôle­ment sérieux. Pour toutes ces raisons, il tombait évi­dent de lui refiler sa carte mem­bre du plus éli­tiste des clubs éli­tistes, celui des Artistes Tsu­gi à suiv­re, avant la grande ren­con­tre à venir.

Être indépen­dant est vital. Déléguer des tâch­es m’angoisse, l’autonomie me rassure.”

Il y a très peu d’informations qui cir­cu­lent sur toi, pourquoi vouloir garder un cer­tain voile sur ton iden­tité ou même sur la com­mu­ni­ca­tion de ton pro­jet artistique ?

J’ai plutôt la sen­sa­tion inverse, qu’il y a déjà trop d’informations qui cir­cu­lent. Garder un cer­tain voile n’est pas du tout mon inten­tion. Je con­sid­ère sim­ple­ment que je fais de la musique, et donc ce qui importe, c’est la musique et non pas ma per­son­ne. J’essaye de tout faire pour la garder au cen­tre de l’attention.

Parce qu’on est un peu têtus, que peux-tu nous dire sur toi ? Quel âge as-tu, depuis quand produis-tu, que faisais-tu avant ça ?

J’ai env­i­ron 25 ans, j’ai com­mencé à pro­duire il y a un peu plus de dix ans, et avant ça j’étais en décrochage sco­laire, puis j’ai tra­vail­lé dans le bâti­ment à par­tir de 15 ans.

On racon­te que tu serais le fils caché d’Aphex Twin ?

Bisou papa, je passe te voir bientôt !

Peux-tu nous citer d’autres de tes influences ?

Daniel John­ston est prob­a­ble­ment la per­son­ne qui m’influence le plus aujourd’hui. J’aime aus­si beau­coup Hol­ly Hern­don, par sa musique et sa démarche, mais égale­ment pour avoir été l’une des pre­mière à brandir l’ordinateur comme instru­ment dans une insti­tu­tion com­pa­ra­ble au conservatoire.

J’ai lu quelque part que tu con­stru­is tes pro­pres machines, c’est vrai ? Lesquelles ?

J’ai con­stru­is deux syn­thés en bois en 2019, un pre­mier pro­to­type poly­phonique avec un tim­bre assez proche d’un Prophet, cou­plé à un tape delay/reverb avec un gros car­ac­tère. Un sec­ond, qui est une sorte de mini Buch­la Music Easel avec des fonc­tions en plus et d’autres en moins, et qui fonc­tionne sur bat­terie. Et là je viens d’en ter­min­er un autre assez con­séquent qui est dédié à mes besoins sur scène.

Tu es même allé jusqu’à créer ta pro­pre mai­son dans les Pyrénées : parle-t-on de démarche auto-dépendante dans ton cas ? Qu’est-ce qui te motive à rester indépendant ?

Je suis tou­jours dépen­dant des com­merces dans les Pyrénées pour me nour­rir, mais pour le reste, je suis autonome. Être indépen­dant est vital. Déléguer des tâch­es m’angoisse, l’autonomie me rassure.

On ne trou­ve rien sur toi sur Discogs, pourquoi ?

J’essaye à chaque fois que je sors un album, et je me rends compte qu’il faut créer un compte et com­pléter des infor­ma­tions par écrit pour cat­a­loguer le tout, et prob­a­ble­ment que j’ai autre chose à faire de plus stim­u­lant à ce moment-là. Je devrais le faire, vous croyez ?

C’est quoi la suite pour toi en 2021, après ton dernier album Cynism ?

Ça fait quelques temps que je me focalise sur la pro­gram­ma­tion ; j’aimerais bien entamer une col­lab­o­ra­tion avec Able­ton pour mon prochain album et con­tin­uer à créer des out­ils gra­tu­its sur Max For Live pour les util­isa­teurs d’Ableton. Puis je vais aus­si con­stru­ire un voili­er en bois, mais ça, ça n’a pas de rapport.

(Vis­ité 590 fois)