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✅ Artiste Tsugi à suivre : Sunareht, l’autre club music

Il est l’un des meilleurs espoirs élec­tron­iques français : Sunare­ht du label Para­doxe Club vient de sor­tir son pre­mier album Amora­ma et vous n’avez jamais enten­du quelque chose comme ça. Il décroche sans hésiter sa carte mem­bre du club très fer­mé des Artistes Tsu­gi à suiv­re de très près.

Vous en avez peut-être enten­du par­ler péri­ode post-Col­lapse EP d’Aphex Twin (2018), pour une rai­son sim­ple qui vous con­va­in­cra sans forcer à pro­pos du jeune producteur/DJ français : Richard D. James joue du Sunare­ht dans ses sets. Voilà. Que retenir de plus que la val­i­da­tion suprême de l’un des artistes les plus avant-gardistes de l’his­toire de la musique con­tem­po­raine ? Parce que oui, Sunare­ht, c’est une idée plutôt futur­iste de la club music, et une façon de faire dif­férente, par­al­lèle, para­doxale… Tout comme son col­lec­tif Para­doxe Club d’ailleurs, avec Le Dom ou De Gran­di qui défend­ent la même vision défor­mée, déstruc­turée, éclatée du dancefloor.

Syl­vain Dessagne (de son vrai nom) avait déjà très tôt été repéré par Teki Latex qui les sou­tient, lui et le col­lec­tif, depuis leurs débuts en 2016, notam­ment grâce à ses livestreams Over­drive Infin­i­ty, souvenez-nous. On avait du mal à l’époque à décrire cette club music qui joue sur la pul­sa­tion et le noise gate – sans for­cé­ment de kick et pour­tant ter­ri­ble­ment effi­cace –, mais en 2018, quand l’artiste d’Ostgut Ton Bark­er sor­tait son maxi Debi­as­ing, on savait qu’on tenait là au moins un son, au mieux une micro scène, et on en rede­mandait. Ven­dre­di dernier, Sunare­ht a sor­ti son pre­mier album Amora­ma, un “lieu futur­iste où l’on va pour expéri­menter des émo­tions” décrit-il lui-même. Le disque s’in­scrit dans ce genre qui fait sa par­tic­u­lar­ité et qu’on pour­rait qual­i­fi­er de “pulse music”, une juste référence au tra­vail de Steve Reich et en par­ti­c­uli­er au mou­ve­ment “Pulse” de son œuvre Music for 18 Musi­cians. Et si après toutes ces révéren­cieuses références vous n’êtes tou­jours pas con­va­in­cu de l’ap­port créatif du garçon dans la club music actuelle, on ne saura plus quoi faire.

J’ai beau­coup été inspiré par les pro­jec­tions que l’on peut se faire de l’autre quand on échange sur Inter­net, entre attente, exci­ta­tion, illu­sion et com­plic­ité virtuelle.”

Raconte-nous, que voulais-tu accom­plir avec cette œuvre ?

Après mes deux pre­mier EPs, j’ai eu pas mal de deman­des pour faire un for­mat plus long qu’à mon habi­tude mais, ini­tiale­ment, j’avais peur de ce que représen­tait le con­cept de “pre­mier album”. C’était un exer­ci­ce que je réser­vais pour plus tard, avec comme idée de repren­dre les meilleurs élé­ments de mes morceaux et d’en faire des ver­sions “par­faites” dans un futur plus ou moins loin­tain. C’est en tra­vail­lant sur un troisième maxi et d’autres pro­jets à côté que je me suis ren­du compte que j’avais assez de morceaux forts et que ce serait stu­pide de ne pas essay­er d’en faire un album.

Quel était le con­texte de sa pro­duc­tion, je veux dire, que vivais-tu à côté à ce moment-là ?

Si on devait résumer cette péri­ode en quelques mots, je dirais démé­nage­ments, explo­rations, sépa­ra­tions et isole­ment. J’ai beau­coup été inspiré par les pro­jec­tions que l’on peut se faire de l’autre quand on échange sur Inter­net, entre attente, exci­ta­tion, illu­sion et com­plic­ité virtuelle. L’ensemble de ces émo­tions m’ont amené à penser à un album autour de l’amour et des technologies.

Décris-nous un peu le proces­sus créatif util­isé sur ce disque et en quoi est-il dif­férent du reste de tes œuvres ?

J’ai essayé de pouss­er encore plus moins mes tech­niques et mes sam­ples en sam­plant d’autres reg­istres et en explo­rant de nou­veaux agence­ments et effets. J’ai aus­si joué avec des out­ils qui per­me­t­tent de créer des lignes de syn­thés en prenant pour base des sam­ples. L’idée der­rière Amora­ma, lieu futur­iste où l’on va pour expéri­menter des émo­tions, m’a per­mis de trou­ver une couleur et une cohérence glob­ale pen­dant les dernières phas­es de pro­duc­tion de l’album. Notam­ment sur le choix des titres qui décrivent pour la plu­part des activ­ités pro­posées à Amorama.

Si tu dois le décrire en quelques mots à tes par­ents, que dirais-tu ?

Ne vous inquiétez pas, je vais bien.

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