©DR

✅ Artiste Tsugi à suivre : Ténèbre, autre nuance de noir

Le Français Ténèbre a sor­ti le 28 octo­bre dernier un EP à la croisée des gen­res, Hybrids, et compte bien­tôt pass­er à la vitesse supérieure avec un pre­mier album.

Je ne vais pas vous infliger ça” lâcherait Ténèbre à ses par­ents s’il devait décrire son nou­v­el EP Hybrids. Eh bien nous, on en rede­mande ! Sor­ti sur le label YUKU, avec Hybrids, le mys­térieux artiste français longtemps basé à Séoul en Corée du sud, joue au petit chimiste en pro­posant des titres tail­lés pour les dance­floors mais qui gar­dent un soupçon d’ex­péri­men­ta­tion. Ténèbre joue avec les tem­pos et s’af­fran­chit des codes de la tech­no indus­trielle pour pro­pos­er sa pro­pre recette, tou­jours gron­dante de dis­tor­sion et de per­cus­sions exo­tiques. Une for­mule de très bon augure pour l’al­bum qui paraî­tra courant 2022 et qui gardera les morceaux les plus mélodiques de ce tra­vail chirur­gi­cal engagé depuis trois ans déjà. Une rai­son de plus de l’in­viter dans le club très fer­mé des Artistes Tsu­gi à suivre.

Détourn­er un usage pour créer quelque chose de nou­veau, c’est ça que j’aime faire.”

Cet EP Hybrid, quel était son con­texte, que vivais-tu à ce moment-là ?

Ténèbre

Ça a été une refonte per­ma­nente de morceaux dans un con­texte chao­tique d’al­ter­nance d’appartements sur ces trois dernières années. Un proces­sus en pointil­lé qui a com­mencé par des démos pour le label R&S qui n’a pas suivi, puis une pre­mière ver­sion du morceau “Sub­Method” et plusieurs morceaux qui se sont agglomérés autour de celui-ci. Le tout com­mençait à for­mer un mini-album qui com­bi­nait ces élé­ments à la fois bass et tech­no, mais aus­si des morceaux beau­coup plus atmo­sphériques et mélodiques. En com­mençant à tra­vailler avec le label YUKU sur Anmon (notre pro­jet post-tribe avec DJ Saint Pierre), on a beau­coup échangé avec le label et on a décidé de réor­gan­is­er les morceaux pour garder sur Hybrids les plus « club » et les morceaux plus softs pour l’album qu’on sor­ti­ra courant de l’année prochaine. Les deux se sont nour­ris l’un de l’autre et ça a don­né ce pre­mier maxi, un objet hybride tant dans la forme que dans l’état d’esprit dans lequel il a été conçu.

Ça a été une refonte per­ma­nente de morceaux dans un con­texte chao­tique d’al­ter­nance d’appartements sur ces trois dernières années.”

Quels étaient tes objec­tifs et les as-tu atteints ? 

Je voulais m’extraire des gen­res musi­caux et de leur tem­po respec­tif pour trou­ver une com­bi­nai­son intéres­sante entre expéri­men­ta­tion et effi­cac­ité club, tout en con­ser­vant l’aspect auto-référentiel de cer­tains sons qui définis­sent tel ou tel sous-genre. Détourn­er un usage pour créer quelque chose de nou­veau, c’est ça que j’aime faire quand je tra­vaille un morceau et j’espère y être arrivé (un peu).

Décris-nous un peu le proces­sus créatif util­isé sur ce disque et en quoi est-il dif­férent du reste de tes œuvres ?

Il n’y a pas eu de rup­ture dans le work­flow habituel, mais juste de l’évolution et beau­coup d’approfondissement. Rejoin­dre ce ros­ter assez impres­sion­nant m’a poussé dans mes retranche­ments tech­niques, et même si la tech­nique n’est pas ce que je val­orise le plus, ça m’a per­mis d’être plus à l’aise sur de nou­veaux ter­rains de jeu.

Si tu dois le décrire en quelques mots à tes par­ents, que dirais-tu ?

Je ne vais pas vous infliger ça !

(Vis­ité 255 fois)