Avec “Sur L’autoroute”, CORPS nous embarque dans un road-trip halluciné

De la poésie brute, des col­lages psy­chédéliques et de la musique élec­tron­ique : l’i­den­tité de CORPS s’af­firme plus que jamais dans son dernier clip, “Sur l’Au­toroute”. Après son pre­mier EP sor­ti l’an­née dernière, ain­si qu’une tournée de con­certs entre Paris et Berlin, le chanteur dévoile aujour­d’hui le pre­mier morceau d’un album à venir. En effet, dans ce nou­veau titre, c’est la résig­na­tion que chante CORPS, celle qui survient en fin d’une mau­vaise soirée ou après la rup­ture amoureuse ; celle qui entrave et qui oppresse : “Non je ne veux plus jamais aimer / Je préfère marcher sur l’au­toroute”. Cet aban­don s’in­scrit dans les thèmes chers au com­pos­i­teur, mais éclipse ici tous les autres : l’amour, le sexe, la pas­sion sem­blent vain­cues face à la désil­lu­sion.

Pour illus­tr­er cette nou­velle bal­lade dés­abusée, le clip a été réal­isé par Yoann Stehr, qui était déjà der­rière la caméra pour le clip d’A Corps, et pro­duit par Tem­ple Caché. Les col­lages si spé­ci­fiques du chanteur s’éloignent cette fois-ci des mag­a­zines pornographiques des années 70 et se rap­prochent ses paysages routiers améri­cains, tout en restant à la même époque, dont les motels et les néons nous ramè­nent inévitable­ment à Taxi Dri­ver ou bien aux œuvres les plus sym­bol­iques du Pop Art, dénonçant la société de con­som­ma­tion améri­caine. Tou­jours résol­u­ment vin­tage, on retrou­ve ces femmes tout droit sor­ties d’un épisode de Mad Men, mais ici reléguées au sec­ond plan, der­rière des voitures qui s’en­v­o­lent, tournoient et s’écrasent. Enfin, ce qui ressort avant tout du clip, c’est son zoom inces­sant qui rebon­dit en rythme avec la musique, plongeant quiconque le regarde dans un état proche de l’épilep­sie, de l’a­ban­don de soi.

Après une longue marche cynique sur le bort de l’au­toroute, CORPS s’oc­cu­pera de vous faire danser le 15 mai au Point Ephémère. En atten­dant, il est tou­jours pos­si­ble d’é­couter son pre­mier EP — et si pos­si­ble, non pas en con­duisant.

 

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