Bibio — A Mineral Love

Extrait du numéro 91 de Tsu­gi (avril 2016)

Si à l’instar de M83 avec Junk, Bibio dit s’être inspiré des génériques d’émissions et de séries télé des années 70 et 80, on évite ici la cat­a­stro­phe indus­trielle. La présence de sax­o­phone est mal­gré tout à déplor­er, notam­ment sur “Town&Country” qui pour­rait faire office de générique au “Too Many Cooks” d’Adult Swim. La véri­ta­ble dif­férence avec le disque du Français se trou­ve dans la retenue exprimée par Bibio. Un sen­ti­ment ren­for­cé, par la présence de la gui­tare comme fil rouge. La six cordes vient apporter de la tex­ture à des morceaux aux sonorités très pop et ce dès le pre­mier titre, “Petals”. De quoi nous laiss­er le temps de souf­fler, pour assim­i­l­er ensuite les influ­ences funk et soul, comme sur l’excellent “Feel­ing” avec lequel on glisse vers l’univers d’un Con­nan Mock­asin. En ayant décidé d’utiliser unique­ment des sons qu’il avait créés, Bibio nous pro­pose un disque iné­gal, mais auda­cieux. Le sché­ma clas­sique de ses bal­lades con­tem­pla­tives n’apparaît alors plus comme son seul tal­ent. Même si l’on peut s’interroger, sur l’intérêt de sa col­lab­o­ra­tion avec Gotye, pour ce qui con­stitue l’un des morceaux les moins pop de cet effort. (Valentin Allain)

A Min­er­al Love (Warp/Differ-Ant), sor­ti le 1er avril. 

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