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Crédit : Ugo Padovani
23 mars 2019

Blow et Macadam Crocodile réinventent la pop à la Gaîté Lyrique

par Pier-Paolo Gault

Non, la musique pop à base de guitares n’est pas morte ! Elle a simplement pris une autre forme, s’est enrichie de synthés et d’une palette d’effets sonores inimaginable. Quoi de mieux pour nous le prouver qu’une soirée à la Gaîté Lyrique avec l’electro-pop de Blow ? C’est que le quatuor français maîtrise son art à la perfection. Au compteur : quatre salles combles lors de leurs derniers concerts à Paris. Et ce soir, rebelote : une véritable marée humaine a envahi la grande salle de concert de la Gaîté.

Et ça commence dès Macadam Crocodile, en première partie, qui en remplit déjà les trois quarts. Ils n’ont beau être que deux, le couple synthé/batterie a une véritable présence scénique, un charisme indéniable et un jeu plus que précis. Leur set live ne s’appelle pas “Human Electro” pour rien : avec un jeu de batterie particulièrement mis en avant, des samples de guitares funk, des solos de clavier à la Doors et un chanteur dont la voix de crooner rappelle autant un Joe Cocker qu’un Sly Stone (il aurait pu être à Woodstock en 69 !), le duo ranime l’histoire de la pop dans tout ce qu’elle a de plus humaine, en l’enrichissant habilement de sonorités synthétiques, pour un concert moderne joué sans interruption entre les morceaux, à la manière d’un DJ set.
La salle est déjà pleine quand les quatre garçons de Blow se saisissent de leurs instruments. En guise de grand opening : le majestueux “Vertiges” – le morceau aux allures de musique de film qui ouvre leur tout premier long-format, Vertigo, sorti le 8 juin dernier. Le groupe déroule ainsi quasiment dans l’ordre les morceaux de son dernier-né, tout sourire, dans une ambiance d’euphorie la plus totale, entre clubbing et concert futuriste, entretenue par les magnifiques éclairages de la Gaîté Lyrique. De quoi donner le vertige, effectivement.

Crédit : Ugo Padovani

Une fois encore, le batteur est mis en avant dans le set live du groupe : il envoie de profonds roulements, clairs et puissants, en surplomb de dansantes boîtes à rythmes. Tandis que de leurs côtés, guitariste et bassiste rendent grâces à leurs instruments en lançant de petits riffs groovy, parfois directement bluesy comme dans “Fall In Deep”, parfois surchargés d’effets sonores, se fondant alors en parfaite harmonie avec les nappes de synthés. Les textes aussi, sont très sensibles et pleins d’humanité. Ils apparaissent dans toute leur splendeur à travers “It’s All a Lie”, avec un chanteur qui n’hésite pas entre chaque morceaux à revêtir les atours du poète-conteur proche de son public, pour lui murmurer de belles paroles à la manière du chanteur de Feu! Chatterton, avec qui ils ont d’ailleurs déjà collaboré. Une histoire de papillons invisibles qui voleraient entre nous tous. Magique.

Crédit : Ugo Padovani

Après une bonne heure de concert, Blow enflamme la salle avec le très attendu “You Killed Me on the Moon”. Avant de rajouter de l’huile sur le feu une dernière fois avec le tubesque “Power”. Le public s’enflamme. L’âme y est : de la ballade rock dans les paroles, du Pink Floyd dans les riffs et une électro-pop à la Jungle. Tous les ingrédients d’une bonne pop comme on l’aime depuis de bonnes années. Mais avec ceci de différent qu’elle explose plus.

 

Meilleur moment : Le saut périlleux du bassiste de Blow depuis la batterie directement jusqu’à son synthé, juste avant un drop mémorable.

Pire moment : La salle pleine l’oblige : il y a un brouhaha constant qui émane du public.

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